
Bienvenue sur le site Officiel de Marie-Hélène Ferrari
En vous souhaitant bonne promenade, bien à vous....
http://web.mac.com/mferrari5/Site/Bienvenue.html
à noter outre les échanges, dans les ballades littéraires, vous trouverez des explications de textes, sur certaines oeuvres sur lesquelles j'ai travaillé. Partie du site à vocation d'aide pédagogique ou de découverte. La partie pédagogie pure et le rapport aux classes durant l'année se situant sur
Le 24 février, signature, conférence, débat, à Rome, pour la parution en Italie chez Lantana, des aventures de Pierucci
sortie le 14 mars, jour de mon anniversaire, du nouveau Pierucci.
Comme d'habitude, on connait tout de lui et........
on a tout à apprendre....
Malgré l'eau qui ruisselait sur son visage, il était heureux. Le positif, quand on plante sous la pluie, c'est qu'il est plus facile de bêcher, les graines germent mieux ensuite, et même si on y perd en confort, le résultat est quasiment garanti. Il avait été trempé, s'était glacé durant des heures, mais cela valait le coup. Il avait eu, en effet, la satisfaction de voir les pousses jaillir du sol deux jours plus tard. Et le moment où les petites feuilles se dépliaient, certaines portant encore la graine à la pointe de leur tige toute neuve, était l'un de ceux qu'il préférait. Il était un homme de patience, de courtoisie, il savait ne pas attendre l'impossible. Il savait souhaiter saison après saison devant la graine endormie dans le sol. Il aimait le jugement de la nature. Il tentait pour sa part d’agencer avec intelligence, et n’anticipait pas le résultat. Alors, il était satisfait que les boutures aient magnifiquement pris, il aimait en mélanger les couleurs, les odeurs, les textures. Cette exubérance le revivifiait. Il se releva, dépliant avec difficulté son dos endolori, mais tout en se massant les reins, il jeta autour de lui un regard heureux. La mare était particulièrement réussie. Bien sûr, les moustiques avaient été le prix à payer pour le spectacle des nénuphars épanouis, des renoncules dorées. Cependant, depuis qu'ils avaient mis au point ces lampes à gaz qui les écartaient, ce désagrément était on ne peut plus supportable. Il avait fait des émules dans le voisinage et tous ceux qui avaient, comme lui, la passion des fleurs, des massifs, venaient s'inspirer de ses parterres pour reproduire chez eux des variantes colorées de ce qu’ils avaient découvert dans son havre. Une libellule vrombissait, éclair bleu au-dessus des joyaux rouges, poissons dont le dos brillait au soleil, bijoux vivants. Il adorait le mois de juin. Mais soudain, il sentit pulser en lui l'onde rouge et sanglante du mal. Il ne s’en surprit pas. Il connaissait cela, savait l’apprivoiser, n’en avait plus peur, prévoyant la décrue, comme un pêcheur la vague. Il s'astreignit à respirer calmement. Un voile de brume passa devant ses yeux.
La douleur ne s'apaisant pas, vaincu, il rentra dans la maison, pour avaler un cachet.
puis peu après, un événement, la sortie du premier tome de la Chronique de l'ère du Serpent, le monde de Garo,
Pluies
Il n’avait pas cessé de pleuvoir.
Un jour, cela avait commencé tout doucement, une petite pluie fine qu’on aurait facilement supportée, si elle s’était arrêtée. Averse d’apparence inoffensive, avec des gouttes douces, soyeuses, presque tendres, mais qui ne s’était jamais arrêtée. Le jour, la nuit ; pas une heure, pas une minute pas une seconde, où l’eau n’ait lentement tout envahi.
Personne n’y avait prêté attention au début, c’était désagréable, mais pas insupportable. Pourtant, ce n’était que le commencement. Comme une entrée tranquille dans la mer, où l’on a pied un certain temps, pour brutalement couler si on ne nage pas. La terre, gorgée s’était mise à vomir, les flaques devenaient des lacs, les rivières élargissaient de plus en plus leur estuaires, inondant inexorablement leurs berges, le sol était devenu mou et les arbres étaient tombés. Certaines espèces avaient pourri, jaunissant tout d’abord par les feuilles, mais c’était l’hiver, on ne s’en était pas rendu compte. D'autres avaient disparu, emportées par les flots. Les toitures qui fuyaient avaient accaparé toute l’attention. L’eau n’était plus potable, à force de charrier trop vite, trop impétueusement, les autres liquides auxquels elle était mêlée ; il y avait eu des intoxications, des morts, partout on parait aux urgences : digues qui cèdent, envahissement des terres, installations industrielles mises hors d'usage par l'eau, ravageant tout. L'actualité n'était plus occupée que par les diverses conséquences de ce bouleversement incompréhensible et dévastateur.
Pendant ce temps, le corps s’était progressivement adapté. On avait dû modifier les vêtements…
Dans les tous premiers temps, les bulletins météo présentaient d’optimistes personnes au rictus figé, qui expliquaient à grand renfort de bras et de nuages tourbillonnants qu’il allait pleuvoir, bien sûr, encore, mais qu’il y aurait tout de même l’espoir d’un peu de soleil, de quelques secondes de beau temps, d’une pincée de chaleur, d’un soupçon de douceur sèche. Cependant, il avait bien fallu constater que la même annonce quotidienne avait conduit à un rapide et inexorable désintérêt de la population pour des nouvelles qui ne changeaient pas, des tableaux identiques, et des mensonges de moins en moins crédibles. On avait supprimé ces programmes. Cela, c'était juste avant qu'il n'existe plus de télévision nulle part.
De toute façon, la seule vraie certitude était qu’il allait pleuvoir tout le temps. Aux hommes qui se plaignaient encore, on disait qu'ils avaient été prévenus, le réchauffement climatique provoquait la montée des océans. Les terres émergées seraient de moins en moins nombreuses et la population, en revanche, elle, continuerait de croître. En réalité, personne, réellement personne, n’avait compris que l’eau ne ferait pas qu'envahir les rivages, mais qu’elle serait omniprésente, parce que c’était du ciel qu’elle viendrait. En conséquence, la foule avait migré de plus en plus haut, vers des terres de moins en moins sèches. L’espace habitable rétrécissait comme une peau de chagrin, l’architecture changeait.
Dans les jours de grande lassitude, on se disait que, quand les banquises auraient achevé de fondre, le climat, alors, devrait bien finir par se stabiliser. Mais il ne l’avait pas fait. Comme une femme qui pleure de fatigue, d’épuisement, de résignation et qui, une fois lancée, ne peut plus s’arrêter, ne sachant plus que pleurer, rien d'autre, le ciel ne cessait de suinter. Une génération après l'autre, du fait de cette humidité constante et de son contact omniprésent sur la peau humaine, la morphologie humaine avait commencé à muter. De lentes modifications étaient apparues. On s’était émerveillé des premiers enfants nés avec une chevelure ressemblant davantage à de souples et lisses écailles flottantes qu’à des cheveux traditionnels. Plus tard, on s’y était habitué. Quand un bébé à la peau céladon et humide en permanence, qui pouvait respirer par les pores de son épiderme, avait vu le jour, les parents avaient trouvé le premier prétexte pour en confier la garde à d’autres, écœurés. Et puis, avec le temps, on n’y prêta plus attention. Ces modifications génétiques apparaissaient sans uniformité, parfois ponctuellement, parfois durablement. D’autres bouleversements atteignaient des populations plus largement, sans que les scientifiques pussent prédire ou anticiper le moindre de ces changements, ni selon l’ethnie, ni selon les aires géographiques occupées. Le seul facteur constant résidait dans les différences corporelles entre les habitants des marais saumâtres et ceux qui côtoyaient les eaux douces. Les premiers étant beaucoup plus colorés que les seconds, plus chatoyants, plus beaux. Si tant est qu’on puisse qualifier de beaux les êtres étranges qu’ils étaient devenus. Les humanoïdes des montagnes avaient constaté que leurs enfants naissaient avec des ventouses aux membres supérieurs, ce qui leur permettait d'adhérer aux rochers toujours glissants, tandis que ceux qui vivaient en bordure de deltas, dans les zones marécageuses, avaient les extrémités largement palmées. Les os de tous s’étaient transformés, plus lourds, plus rigides, affectés de rhumatismes endémiques, et certains avaient vu, au-dessus de leurs yeux pousser des excroissances osseuses destinées à protéger les orbites de l’eau qui y coulait en permanence. Le monde d’autrefois n’était qu’un souvenir lointain et mort, perdu irrémédiablement. Les hommes s’étaient progressivement isolés. D’île en île, on avait adopté des coutumes spécifiques en rapport avec les microclimats et les aliments disponibles ; la langue avait évolué en des centaines de dialectes. Les communications s’étaient faites mécaniquement et les échanges commerciaux ne se pratiquaient plus sur de longues distances. L'électricité avait quasiment disparu. L’eau avait tout ramolli, tout usé.
Les êtres vivants allaient du jour au lendemain, sans attente, sans envie, à la merci du plus fort, du plus grand, du plus belliqueux. Et puis le temps avait passé, certaines technologies avaient disparu, oubliées, d’autres étaient nées ; les frontières étaient autres, les provinces avaient remplacé les pays, il n’y avait plus de voitures, ou presque, mais les bateaux étaient nombreux et somptueux. On s’en servait aussi bien pour aller et venir, que pour y vivre, bien qu’on sache très peu de choses sur ce qui se passait sous la mer. S'étendant, elle s'était elle aussi modifiée. Une forme de curiosité était morte, on s’adaptait au jour le jour, et on oubliait la veille comme le lendemain. Bien des embarcations partaient et ne revenaient pas, perdues dans un monde inconnu, mais l’homme était devenu fataliste.
«La machine à explorer le temps», de HGWells a donné lieu à tant d’adaptations et de séries B quitchs, qu’on a oublié de lire le livre. Or la relecture de cet ouvrage est réjouissante et instructive à bien des titres. La théorie de la quatrième dimension, telle qu’elle est formulée tient toujours le coup, malgré les progrès de la technologie, car la façon dont elle est avancée est d’une logique d’autant plus admirable qu’elle commence à dater. Mais si j’ai eu envie de parler de ce livre aujourd’hui, c’est pour une autre raison. Selon Wells, à Londres il existe deux catégories de population : celle des riches, cantonnée dans de jolies enclaves à la surface de la terre, confinée dans une oisiveté faite de subtile nourriture et de jolies étoffes. Pour faire vivre ceux-là et leur fournir ce qui leur est nécessaire, les masses de travailleur s’agitent en sous-sol, graisse les machines qui meuvent la cité. Voilà la vision du XIX e. Le héros, projeté dans l’avenir atterrit dans un premier temps dans ce qu’il prend pour une utopie. Des êtres infantiles et chétifs vêtus d’étoffes chamarrées , les Eloïs se nourrissent de fruits parvenus au sommet de la perfection. L’industrie, l’agriculture qui n’a cessé de s’améliorer a exterminé les ronces, et tout ce que la nature a pu produire de malfaisant. Ces douces créatures évoluent au milieu des ruines des pièces précédents, elles sont totalement sans défense et inaptes à tous sentiments ou intelligence. Mais l’utopie devient inquiétante la nuit, quand l’obscurité tombe, car la peur alors monte, des rampants albinos, nyctalopes sortent des entrailles de la terre. Les Warlocks. Les Eloïs sont les derniers des descendants de ces nantis bons à rien, les Warlocks, les derniers des descendants de la race des travailleurs. Ils produisent les tissus et la nourriture des premiers vivant sous terre, au milieu des machines qu’ils dominent à la perfection. Savoureux passage :
Les habitants du monde supérieur pouvaient bien avoir été autrefois une aristocratie privilégiée, et les Morlocks leurs serviteurs mécaniques, mais tout cela avait depuis longtemps disparu. Lesdeux espèces qui étaient résultées de l’évolution humaine déclinaient ou étaient déjà parvenues à des relations entièrement nouvelles. Les Éloïs, comme les rois carolingiens, en étaient venus à n’être que des futilités simplement jolies : ils possédaient encore la terre par tolérance et parce que les Morlocks, subterranéens depuis d’innombrables générations, étaient arrivés à trouver intolérable la surface de la terre éclairée par le soleil. Les Morlocks leur faisaient leurs habits, concluais-je, et subvenaient à leurs besoins habituels, peut-être à cause de la survivance d’une vieille habitude de domestication. Ils le faisaient comme un cheval cabré agite ses jambes de devant ou comme un homme aime à tuer des animaux par sport : parce que des nécessités anciennes et disparues en avaient donné l’empreinte à l’organisme. Mais manifestement, l’ordre ancien était déjà en partie inversé. La Némésis des délicats Éloïs s’avançait pas à pas. Pendant des âges, pendant des milliers de générations, l’homme avait chassé son frère de sa part de bien-être et de soleil. Et maintenant ce frère réapparaissait transformé. Déjà les Éloïs
avaient commencé à rapprendre une vieille leçon. Ils refaisaient connaissance avec la crainte. Et soudain me revint à l’esprit le souvenir du repas que j’avais vu préparé dans le monde subterranéen.
Car dans cette fin du monde, les Warlocks élèvent les Elois comme un gentil gibier, inoffensif et mignon comme les moutons de Marie-Antoinette, et ils les mangent...
Parabole, bien sûr, qui montre s’il n’était nécessaire qu’une fois de plus la Science Fiction pose des problèmes quasi philosophiques, et y répond à sa façon. Nous avons la chance de pouvoir relire ces œuvres merveilleuses en e books gratuits, puisque ces ouvrages sont tombés dans le domaine public, il faut y penser, et en jouir.
http://www.ebooksgratuits.com/
Bastia a de la chance, les Bastiais ont de la chance, et ils la méritent
Vers la fin du XIX e siècle, de riches corses, partis pour faire fortune dans les colonies, rentrèrent chez eux et y batirent des palais à la mode italienne, plus beaux les uns que les autres, joyaux nichés à flancs de montagne, dans le cap. C'est dans l'un d'entre eux (chez Madame Carrega, une bonifacienne) que Musanotrea a reçu Gregoire Delcourt, l'écrivain de la famille. J'ai eu le bonheur de faire partie de ce moment. (voir les videos sur musanostra.fr). Tout a débuté par un délicieux repas sous de somptueux plafonds, argenterie, vins en carafes. Puis au premier, nous avons sacrifié à la cérémonie propitiatoire des larres livresques. Comme à l'ordinaire, on repart la tête pleine d'envies de lectures, des fiches parfaites, des enthousiasmes qui ne désarment pas. C'est plus qu'un bonheur, ces rencontres, c'est une stimulation, et la joie de rendontrer des personnes qu'on aime aimer. Bénédicte Savelli, Marie France Bereni, Marie, Raymond May(dont vous trouverez les textes ici) . Monsieur Delcourt est un grand monsieur, plein d'esprit, plein de facétie, un bon convive, une jolie personne. Marc Bonnant se trouvait là aussi, ainsi que l'auteure de "Et l'odeur des narcisses"Marie Casanova. Cela fait de la route, certes, en venant du Sud, mais quels contacts stimulants, vivifiants....
.°Quand je m’observe écrivant, j’ai en mémoire les mots de ceux qui, s’étant pareillement observés à l’ouvrage, avaient conclu que l’écriture n’était pas une action naturelle, qu’elle requérait de la contrainte et du renoncement, qu’elle situait l’homme entre l’abîme du dehors et celui du dedans, un enfer dichotome face auquel il apparaît si vulnérable qu’un vertige suffirait à le perdre. Quelle curieuse pulsion, quelle énergie délétère l’encourage-t-elle à affronter les gouffres ? Le goût du défi ? Celui du péril ? Ou simplement la curiosité… « J’écris pour me parcourir », disait Michaux, en précisant que « c’est là l’aventure d’être en vie ». Concédant à la lumière un peu de sa nuit intérieure, celui qui écrit se réacquiert au fil des mots, exhumant un langage enfoui dont l’immense variété donne à croire que l’espace du dedans, à l’échelle des mondes borgésiens, est infiniment plus vaste que celui du dehors
Rencontre
J'ai la chance, par Musanostra, de lire tous les ans les nouvelles de candidats au prix, organisé par cette association. Curieusement, et contrairement à mes attentes, la nature des textes et leur qualité sont très différentes (meilleure, sans contest) de la nature des tapuscrits que je reçois par ma maison d'édition. Le texte court est un art difficile, il demande en peu de pages, une concentration de la fable, une densification des situations, et une maîtrise du style, lequel ne peut souffrir en si peu de lignes, du moindre relâchement. Deux textes m'ont particulièrement retenue, et sans que je sache si mon avis a été partagé par d'autres j'ai eu un véritable coup de cœur pour le premier d'entre eux, lequel après enquête provient d'un auteur que je ne connaissais pas: Marc Bonnant. Style très soigné. Un littéraire à n'en pas douter, avec ce que cela comporte de préciosité et de contemplation de soi-même. Donc quand enfin ce récit anonyme est identifié je me suis rendue sur un des plus beaux blogs que j'ai vu et lu. Magnifique présentation, sobriété du skin qui met le texte en valeur sans l'étouffer et belle teneur du propos. À mon sens, ce que j'ai lu de mieux ces derniers temps. Voici en chapeau la présentation de l'auteur par lui-même.
Oui, monsieur Bonnant, un enfer dichotome, ou l'infiniment petit devient infiniment grand. Belle approche que la vôtre !!!. À un détail près cependant, me semble-t-il bien modestement : le monde n'est pas en moi. Il est devant moi et j'aurais bien peu de choses à dire, si c'était au-dessus de mes propres précipices que je vole constamment. Moi qui vous ai lu, je voudrais vous dire: ne vous observez pas écrivant... Écrivez ! Vous le faites bien. Écrire est une exhibition qui s'assume, ne faisons pas des lecteurs des voyeurs, et ne sacrifions pas dans l'arène des vanités d'absurdes Spartacus. Je ne veux pas être l'esclave de moi-même et encore moins de mes démons. Peut-être juste celle de mes exigences. Les votres sont très hautes et je m'en réjouis.
En tout état de cause, visitez ce site, et lisez cet homme.
Onfray s'attaque à Camus. Après avoir déboulonné (enfin voulu déboulonner ) Freud, être allé griffer Niezsche, il entreprend de récupérer Camus. J'ai cédé aux sirènes mercantiles, et subi la lecture des précédents. Le plan en est simple :
Assez Niezscheen pour démontrer sa surhumanité, personnellement l'étalage d'ego de ces ouvrages me fatigue, et m'insupporte. Mais bon, vous faites comme vous voulez...
Plus vastement le regard qu'il porte sur la société se veut celui du dernier guetteur en haut des remparts, mais il me renvoie bien plus aux guetteurs de Casque d'Or, qui roupillent les yeux ouverts, qu'à une sentinelle aux aguets.
Un c'èmicca lampatu da u muraglione, hélas..(Much Ado About Nothing ) Comme dirait William ce qui me conduit à mon second sujet...
SInon, excellent outil de lanque L'usu Corsu de Pascal Marquetti, plus qu'un dictionnaire, un apprentissage du juste mot, inséré dans l'esprit de la langue, utile, et qu'on peut lire comme un livre...
a to mamma éra cuntrària
a st'amore cusi distintu
e quand'èlla mi truvava
mi dicia"Che tu scià tintu!"
l'ouvrage offre de cette manière proverbes, contines, petits poèmes qui inserent le mot dans un contexte vrai, à posséder absolument, et c'est chez le formidable Alain Piazzola, toujours. Ce qui permet peut-être de more mieux, mon troisième sujet
adaptant le Haiku au corse, j'aime aussi les poèmes de Ghjacumu Biancarelli qui saisit l'instant mieux que quiconque...
Qui è cula
si senti a boci lli pisci
è cascani i casci
Centu è Vada
et enfin pour la route ce bel objet de Segalen
Ville au bout de la route et route prolongeant la ville : ne
choisis donc pas l'une ou l'autre, mais l'une et l'autre bien
alternées.
Montagne encerclant ton regard le rabat et le contient que la
plaine ronde libère. Aime à sauter roches et marches ; mais
caresse les dalles où le pied pose bien à plat.
Repose-toi du son dans le silence, et, du silence, daigne
revenir au son. Seul si tu peux, si tu sais être seul, déverse-
toi parfois jusqu'à la foule.
Garde bien d'élire un asile. Ne crois pas à la vertu d'une vertu
durable : romps-la de quelque forte épice qui brûle et morde et
donne un goût même à la fadeur.
Ainsi, sans arrêt ni faux pas, sans licol et sans étable, sans
mérites ni peines, tu parviendras, non point, ami, au marais des
joies immortelles,
Corse net info http://www.corsenetinfos.fr/ vous connaissez ?
Un journal en ligne, gratuit, plein de renseignements, complet et bien fait. Pour faire un point le week-end, pour lire dans la semaine, voici un site avec un gros travail et qui nous intéresse tous. L’info, nous ne sommes pas obligés de la subir, nous pouvons la choisir, grâce à des sites comme celui-ci…

Marie-Hélène Ferrari est l'auteur de plus d'une vingtaine de livres. Romans policiers, ou romans intimistes, ces œuvres, suivies par des lecteurs fidèles, connaissent un succès croissant. Les aventures du commissaire Pierucci sont publiées non seulement dans toute la France mais aussi en Italie et au Canada.
Dans cet entretien, l'auteur revient sur son roman « Le Diable est un ange comme les autres », évoque sa rencontre avec Maud Tabachnik dans le cadre d'Arte Mare et nous présente son livre à venir, « La honte en héritage ».

« La littérature est le besoin d'exister autrement que ce que nous sommes »
- Dès le titre, Le Diable est un ange comme les autres, vous posez la problématique du roman : montrer comment un être humain peut se transformer en tueur. Vouliez-vous montrer que la frontière entre le bien et le mal est ténue et réversible ?
- On peut dire qu'en chaque être humain se trouve un côté sombre qui peut se révéler selon les aléas de la vie et surtout de l'enfance. D''un point de vue romanesque, il est vrai que cette frontière est ténue. Mais dans la réalité, le franchissement de cette ligne, pour passer au crime rituel, est moins fréquent. Dans mon roman, le personnage de Télémaque, le tueur, traverse cette frontière. C'est un personnage dont j'avais déjà parlé dans un précédent roman et qui demandait à revenir. Au début de mon écriture, je ne savais pas qui allait être le tueur. Son nom s'est imposé petit à petit parce que Télémaque est un jeune garçon en souffrance, qui n'est pas corse et pour qui l'adaptation à cette terre, qui lui apparaît hostile, est difficile.
- Peut-on dire que vous avez une certaine empathie pour le tueur ? Ou bien est-ce une certaine compréhension ?
- Je ne parlerais pas d'empathie, ni de sympathie, mais j'ai, en effet, un besoin de comprendre. J'écris pour comprendre les mécanismes humains et cela m'éclaire aussi sur la réalité qui m'entoure. Par exemple, pour le personnage du jeune geek, fan de jeu en lignes, je me suis inspirée de faits réels. J'avais vu sur internet un jeune homme qui cassait son ordinateur après avoir appris que tous ces avatars avaient été détruits. Cela m'a interpellée et je m'en suis servie pour écrire une scène du roman.
- Vous êtes, en effet, dans vos descriptions toujours très proche de la réalité. Comment faites-vous ?
- Je tiens à être très proche de la réalité. C'est un des devoirs de l'écrivain. Avant d'écrire mes romans, je procède à un grand travail de recherches qui durent un an environ. Pour le druidisme, j'ai notamment fait des recherches sur internet. Et je me suis d'ailleurs rendue compte que c'est une religion toujours vivante. En ce qui concerne le monde des geeks, des jeunes gens enfermés dans un monde virtuel, je me suis renseignée auprès de mes élèves et j'ai visité les sites de jeux.
- Vous semblez vouloir combattre des clichés, en particulier des clichés sur la Corse. Vous montrez, par exemple, une Corse sombre, hostile.
- Il faut bien se rendre compte que ces clichés sont relativement récents et doivent dater des années 70. Si vous prenez la Corse de Maupassant et de manière générale, celle qui apparaît dans les récits du XIX ème siècle, vous trouverez une Corse sombre et peu accueillante. Je pense qu'il doit être difficile de s'y adapter lorsque l'on n'en est pas originaire. C'est ce qu'incarne le personnage du jeune Morales. La Corse souriante n'est pas une réalité.
- L'autre cliché que vous dénoncez est le fait qu'en Corse, on serait à l'abri de certains crimes, comme ceux commis par les serial killer.
- Je veux montrer qu'en Corse, on a les mêmes crimes qu'ailleurs. Il faut sortir du cliché selon lequel dans notre île, on ne touche ni aux enfants, ni aux vieilles dames. Si cela a pu exister, ce n'est plus le cas. Lorsque quelqu'un est tué, on a tendance à chercher le coupable dans le mort. Les morts ne sont pas forcément coupables. La Corse n'est plus une terre de sécurité.
- Le personnage de Télémaque, le tueur, se réfugie dans le druidisme. Pourquoi avoir choisi cette religion ? Est-ce là encore pour donner une image inattendue de la Corse, une Corse païenne ?
- Cela avait un double but. J'aime associer la Corse à un élément qui lui est inhabituel. Cela permet à mes lecteurs de se documenter, d'apprendre. Je les emmène ainsi dans un lieu étrange et inconnu. En fait, le choix du lieu a précédé le choix du thème. Je suis tombée par hasard, au site de Palaghju, sur une cérémonie druidique. C'est ainsi que m'est venue l'idée de cette religion. De plus, je trouvais que ce thème s'alliait très bien avec le thème du monde virtuel créé par les jeux en ligne.
- Avec le druidisme et le mythe de l'Odyssée, présent aussi dans le roman, vous revenez aux origines de l'humanité. Pourquoi ce retour à l'Antiquité ?
- Avec le retour au mythe, je voulais montrer la pérennité des souffrances humaines. Cela me permettait aussi de brouiller les frontières entre passé et présent. Il y a ainsi dans le roman, deux niveaux de lecture. Sous l'histoire policière, l'enquête, apparaît en filigrane le texte classique.
- Vous réussissez, dans ce roman, à créer une atmosphère pesante. Comment pensez-vous réussir à créer du suspense dans vos livres ?
- A vrai dire, je ne pourrais pas répondre à cette question. Je ne sais pas si cela tient aux lieux ou bien encore au personnage du tueur. Il est vrai, toutefois, que Le Diable est un ange comme les autres me semble un roman plus noir, plus sombre que les autres. Peut-être cela tient-il au personnage d'Angelo, encore aux prises avec la mort ? Le personnage de Pierucci est aussi plus sombre, il me semble pris dans une spirale.
- Vous parlez des personnages comme s'ils ne vous appartenaient pas ?
- Oui, mes personnages font partie de mon univers et évoluent un peu contre moi.
- Vous avez rencontré Maud Tabachnik dans le cadre d'Arte Mare. Comment s'est passée cette rencontre ?
- Je dois dire que j'ai eu un vrai coup de foudre pour Maud Tabachnik. C'est une femme directe, avec une style d'écriture « coups de poings », brutal. Elle a beaucoup d'énergie et beaucoup d'aplomb. Cette rencontre a été très conviviale. Il y avait beaucoup de monde et malgré tout une grande qualité d'échange.
- Maud Tabachnik situe ses romans aux Etats-Unis. Avez-vous déjà pensé à situer les aventures du commissaire Pierucci en dehors de la Corse ?
- J'ai déjà écrit un roman, Snipper's blues, sous le pseudonyme de Tennessee Chance qui se passait aux Etats-Unis dans une ancienne mine d'argent. Si je situe le commissaire Pierucci en Corse, c'est aussi pour porter une réflexion sur une région. Je ne parlerais tout de même pas de littérature régionale, ce mot ne me semble pas approprié. De nombreux auteurs situent leurs actions dans la même région. L'enjeu est de porter une réflexion, de s'interroger sur ce qui nous entoure.
- Maud Tabachnik et vous êtes tombées d'accord sur le fait qu'en tant qu'auteurs de romans policiers, vous aviez une fascination pour la mort. Pourriez-vous nous expliquer cela ?
- Je dois dire qu'on ne vient pas au polar par choix. Les auteurs de polars sont des gens pour qui la mort est un possible ou a été un vécu. Ce sont des gens qui ont essayé une vie normale mais pour qui la mort est sans cesse présente. S'il y a bien fascination pour la mort, il n'y pas de fascination pour le tueur.
- Pourriez-vous nous parler de votre prochain roman qui sortira dans quelques jours ?
-Mon nouveau roman, La honte en héritage, n'est pas un récit policier. Il prend racine dans la seconde guerre mondiale. J'y développe un thème qui m'est cher, celui du secret, du drame étouffé par la famille. J'ai voulu écrire sur le non-dit qui ronge et qui se manifeste, inévitablement, par des symptômes moraux ou physiques. Il s'agit de savoir si l'on peut lutter contre le poids du secret et de la famille.
Propos recueillis par Lucie CANCELLIERI
De toute urgence : http://www.allomusic.com/#/recherche/Lana%20del%20Rey
cette jeune femme fait le buzz, je crois qu'il y a quelque chose de lourd et de prenant dans "video game," j'espere que cela vous plaira...
J'adore ce monde où le net donne sa chance à tous, en dehors des circuits classiques de la distribution




ème visiteur