Bienvenue

Marie-Hélène Ferrari



Bienvenue à  vous qui avez eu la curiosité de venir jusque là.

J’ai décidé d’ouvrir un espace d’échange, de conversation, de murmures.

Imaginons une table de fer un peu bancale, sous l’olivier centenaire. Un napperon la recouvre et la porcelaine bouge un peu, renforçant la fragilité du moment présent.

Vous êtes là, nous parlons. Enfants, chaleur, santé, mode, vie qui passe... tous ces petits riens qui font une vie. Voilà ce que je veux faire de cet espace: un abri à l’ombre des arbres, pour chuchoter. Ecouter c’est aimer. Pour les amoureux de Pierucci, il fait chambre à part au site:

http://web.mac.com/mferrari5/Site/Bienvenue.html

C’est lui aussi qui s’occupe des lectures et fiches 

http://web.mac.com/mferrari5/Site/livres_à_lire_ou_à_éviter,_critiques/livres_à_lire_ou_à_éviter,_critiques.html

 

à noter outre les échanges, dans les ballades littéraires, vous trouverez des explications de textes, sur certaines oeuvres sur lesquelles j'ai travaillé. Partie du site à vocation d'aide pédagogique ou de découverte

 





Au jour le jour : Derniers billets du blog

  • Le dernier Pierucci est arrivé!!!!!!!!!!!

    Le 07/03/2010 à 12:52Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Le trou dans le vent

    Prologue 

    Le monde était liquide et gris. Le 

    ciel était tombé dans l’eau, s’y mêlant si 

    intimement qu’il n’y avait plus ni horizon, ni 

    nuages, ni haut, ni bas, plus rien que cette 

    densité floue et moite, clapotant, humide, 

    d’où les êtres et les choses n’émergeaient 

    que de façon brutale, au moment précis 

    où on arrivait dessus, de l’exacte façon 

    d’une baleine qui se dresse en rejetant des 

    dentelles d’écume, un iceberg jaillissant 

    des profondeurs, générant en une même 

    envolée admiration et frayeur. 

    Curieusement, et contrairement à ce qu’il 

    attendait, alors que l’air était si épais qu’on 

    aurait pu y planter une cuillère, les flots 

    étaient d’une absolue transparence, on y 

    comptait les pavés, les papiers de bon- 

    bons, les clous abandonnés des structures 

    destinées à maintenir les piétons au sec et 

    qui se trouvaient elles-mêmes inondées en 

    ce moment. Il faisait froid. 

    Rien ne l’avait préparé à ce choc, quand 

    il s’était penché par la fenêtre, à son lever 

    ce matin. Le brouillard, il connaissait, on 

    en avait en Corse. D’une qualité moins 

    exceptionnelle tout de même, la plupart 

    du temps, que celui qu’il lui était donné 

    de contempler maintenant. Cependant 

    comme toutes les terres de contrastes, 

    Kallisté savait générer de beaux nuages. 

    Rien pourtant de comparable à cela. Une 

    fourchette aurait tenu debout dans cette 

    purée-là. 

    L’ascenseur était en panne. Ils étaient 

    descendus de leur troisième étage par 

    l’escalier, le petit tout joyeux, lui pestant, 

    parce que ses blessures n’appréciaient ni 

    cette humidité suintante, ni ces exercices 

    matinaux. L’enfant avait poussé des cris 

    d’émerveillement, quand il était arrivé le 

    premier dans le hall de la réception, le 

    trouvant en train de clapoter dans trente 

    centimètres d’une nappe aussi transpa- 

    rente qu’uniforme. On avait mis en hau- 

    teur tout ce qu’on avait pu, mais le comp- 

    toir argenté, de vieux meubles trop lourds, 

    des portemanteaux, et maints autres 

    objets encore montaient stoïquement la 

    garde dans l’onde amère. Le gosse n’en 

    pouvait plus de joie. Pierucci n’avait pas 

    eu le temps de réfléchir que déjà Angelo 

    était parti à l’assaut de la marée dans ses 

    chaussures de cuir et son jean. Trop tard ! Il 

    ne fallait pas s’attendre à ce qu’il revînt de 

    lui-même. Quand on lâche un jeune chiot 

    dans un dépotoir, on n’espère pas le voir 

    rentrer sans qu’il ne sente les ordures, ni 

    sans lui courir après. Sur l’avant-dernière 

    marche, il regarda ses pieds, tenta vaine- 

    ment un « Angelo » sans conviction, mou, 

    songea fugacement à retirer ses souliers, 

    fit la grimace à cette simple évocation, se 

    ravisa, et finalement avança en contractant 

    par avance tous ses muscles dans l’attente 

    du froid. Mais il n’eut pas froid, c’était sur- 

    prenant. Presque autant que la transpa- 

    rence cristalline qui murmurait autour de 

    lui. Presque autant aussi que la curieuse 

    patience, l’absence complète de contra- 

    riété des gens face à l’événement. Bon ! 

    D’accord ! Il y a de l’eau à Venise, mais 

    de là à imaginer que vivre ici c’est nager 

    en permanence… La réceptionniste, en 

    bottes montantes caoutchoutées, souriait 

    comme si rien ne se passait ; les serveurs 

    avaient improvisé un buffet devant lequel 

    quelques touristes se restauraient debout, 

    tandis qu’on montait les plateaux dans 

    les chambres pour les autres.Partout des 

    Le trou dans le vent 

    sourires patients, des gestes patients, des 

    visages patients, des attitudes patientes… 

    - Non preoccupatevi ! Dans quelques 

    heures, nous serons au sec, lui dit une 

    femme. La marée va se retirer. 

    - Va-t-elle remonter demain ? demanda 

    Pierucci. 

    - Bien sûr ! lui dit son interlocuteur, en le 

    regardant comme s’il était stupide. C’est 

    l’Alta Acqua. 

    L’Alta Acqua, le commissaire bonifacien en 

    avait entendu parler, comme tout le monde, 

    les grandes marées, La Sérénissime qui prend 

    son bain, l’eau qui monte et inonde la place 

    Saint-Marc, les traversées de la Basilique 

    qui ressemble à une piscine de luxe. Mais il 

    n’avait jamais imaginé que cela soit ça. 

    Et pas imaginé non plus qu’il soit présent 

    un jour dans cette ville-là, à ce moment-là.

    par Marie-Hélène - tags : actu
  • retour dans la vie active

    Le 05/03/2010 à 12:36Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Retour au lycée

     

     

     

     

    On lit partout que certains professeurs préfèrent s’annoncer comme vendeurs de chaussures italiennes, artisans patissiers, ou intermittents du spectacle plutôt que de reconnaître en public qu’ils sont professeurs. J’avoue que la complexité des rapports que nous entretenons avec le programme à enseigner, l’espace accordé au dit programme dans la semaine, et l’intérêt suscité par le susnommé dans la tête du public qui nous est assigné, en soi, c’est déjà un rubicscube de niveau 50. Rajoutons à la sauce des parents débordés, qui par l’homosexualité de leur fils, ou ses occupations extrascolaires qui le mènent avec régularité dans les locaux de la police, voir encore son alcoolisme endémique, sa violence, sa sexualité précoce, ses besoins galopants d’argent, son incapacité à se concentrer plus de quarante secondes, entre deux joints, deux clopes ou deux coups de fil donc, lequel parent persiste cependant à démontrer qu’il est bon parent, et se targue de dresser en conséquence le prof-seul respondable-, à défaut de sa propre progéniture. J’oublie quelques épiphénomènes administratifs, du genre d’un proviseur qui, largué dans une région où tout lui semble hostile, se terre dans son bureau, armé de son stylo comme d’une mitraillette, laissant dépasser un nez peureux du meuble de bois, en attendant la relève, comme Drogo du haut du fort de Bastiani, et on comprendra, effectivement, qu’il y a de l’avenir dans la chaussure italienne. Pourtant, j’y suis retournée dans les locaux sacrés de l’enseignement public. Parce que vous n’allez pas le croire, mais au détour d’une muraille de livres j’ai rencontré ce truc inédit et incroyable : des élèves qui ont envie de réussir et d’apprendre. Si ! cela existe. Et rien qu’à cause de cela, je vais y retourner… Mais il est fort probable, que quand on me demandera quel métier j’exerce, je dirai : vendeur de chaussures italiennes.

     

    par Marie-Hélène - tags : ecole
  • la vie, tout simplement

    Le 13/01/2010 à 18:44Commentaires (0)Ajouter un commentaire

     

     

     

     

    Il y a quelques jours, lors de recherches que je faisais pour le livre que je suis en train de construire, je me suis égarée sur le blog d'un jeune garçon. Du moins c'est ce que j'ai compris. Un jeune homme qui outre le fait qu'il ait vécu en fauteuil, était sourd. Il vivait entouré de personnes chères, avec entre autres, son tuteur, car il ne fait jamais mention de parents. 

    Son tuteur a eu le cancer, et lentement, la plume a été reprise d'abord par lui, puis par la compagne et mère, enfin, le blog s'est tu.

    Je ne sais rien d'autre de l'histoire de ce garçon, ni de celle de sa mère, que la détresse de ces personnes qui écrivent au beau milieu de la nuit, quand la souffrance physique ou morale devient insupportable. Depuis mon passage par la clinique Saint Martin, mon regard sur le handicap a changé. Il ne contient ni pitié, ni sentiment avilissant, mais une grande empathie. Nous avons, nous qui avançons sans aide, et qui ne souffrons pas, beaucoup de chance. Nos jours ne sont pas entachés de l'angoisse quotidienne de ne pas pouvoir se lever, ou d'avoir mal, vraiment mal. Pourtant que de plaintes pour de petits bobos autour de moi. 

    Une pensée à ce jeune garçon, à ses parents, à Yves, à ceux de Saint Martin, à ceux qui sont encore là, et qui s'accrochent.

    Voici un poème que ce jeune homme a écrit, et que je colle ici:

     

    Olli, 
    Si tu meurs, on rira plus
    On diras plus de bétises
    on regardera plus les étoiles
    on fera plus des bulles dans la piscine
    on s'occupera plus des chiens et des légumes du jardin
    on donnera plus de noms aux nuages qui ont une formes bizarre
    on fera plus de grabouillis
    on se déguisera plus pour faire peur à papa
    tu m'apprendra plus la langue des signes
    on fera plus de concours de grimaces
    on fera plus des crêpes ensemble et les collées au plafond 
    je te ferais plus des gratouilles à la tête (je sais que t'aime pas ça )
    Je sais que tu es pas mon vrai grand frère mais pour moi tu es mon grand frère de coeur et je t'aime jusqu'à l'infini
    et puis si tu meurs c'est qui qui va s'occuper des doudous ? 
    Mais si tu décides quand même de mourir je te ferais pas la tête et ma maman s'occupera très bien de toi au paradis.

    Merci Nélée, d'être à, de me poser des questions au lieu de me regarder de travers comme les gens dans la rue. Merci de me faire pleins de dessins et de gratouilles à la tête mdr. Merci de supporter le bruit de la pompe à Nutrition la nuit, le bruit du compresseur, le bruit que je fais pendant mes nombreuses crise d'épilepsies.Bientôt, mon rayon de soleil, on déménage et tu auras ta chambre pour toi. Gros bisous, je t'aime fort ma poupée.
    P.S : cette image est pour toi ;-)

    http://ollivermavie.centerblog.net

     

     

    par Marie-Hélène - tags : handicap
  • le bonheur en comparaison

    Le 28/12/2009 à 23:29Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Le bonheur ou le malheur sont des sentiments qui ne connaissent pas d’état « absolu ». Ce sont des états qui naissent par comparaison. Exemple. Je suis assise au soleil, mon ventre est plein, mes proches sont en bonne santé, a priori je suis heureuse. Sauf que ma voisine arbore au-dessus de la tête des cornes de phacochère que son mari lui a offertes. Elle a donc un mari courageux (moi j’ai un collier d’escargots) et une coiffure originale. Je ne suis pas si heureuse que cela, en fin de compte. Un crocodile passe il me mange une jambe, le courageux mari de ma voisine m’arrache à sa gueule et me sauve la vie. Je suis en vie, a priori, je suis heureuse. Sauf que je suis unijambiste. Dans mon village, on vénère les unijambistes qui sont plus doués que les autres, puisqu’ils font tout ce que font ceux qui ont deux jambes, mais avec une seule. En plus ils ressemblent à des oiseaux. Donc je suis admirée, je suis heureuse. Sauf que mon mari préfère les femmes à deux jambes, et qu’il me laisse vénérer par les autres…

    Vous pouvez réfléchir à n’importe quelle situation, rien n’échappe à la comparaison. Sur un lit d’hôpital quand la souffrance est moins forte, on est plus heureux, par rapport au pire juste avant. Quand on mange un plat aimé, on le compare : « Le rôti de chacal de ma mère, dit le mari qui aime les femmes à deux jambes, est meilleur que le tien… » Il fait plus chaud ou moins chaud que… Grandir c’est étoffer sa valise de mètre étalon à mesurer le bonheur. Vous allez répondre : « Faux ! Il y a des bonheurs incomparables ! » Ah ? Et bien c ‘est bien la preuve que vous les avez comparés. Et même Delerm, le spécialiste des petits bonheurs, parle de la « première gorgée de bière » pas de la bouteille ! Le stoïcien s’entraîne à n’être pas heureux pour n’être pas malheureux. Le chrétien veut être malheureux pour payer son futur bonheur. Le bouddhiste veut être vide pour être heureux d’être vide, et faire le plein. Qui parle de bonheur enchaîne les oxymores. On ne peut rien faire contre cela.

    Je pensais au bonheur en ces périodes de courses de Noêl, puis de ravitaillement pour le Nouvel an. Bonheur d’acheter, d’offrir, de recevoir, dépit de ne pas acheter plus, bonheur de faire à manger, d’attendre ceux qu’on aime, dépit des rassemblements de groupe qui attisent les frictions. Bonheur d’une bonne soirée, dépit de la solitude. Le fait qu’on est plus malheureux quand on souffre sur les fêtes que durant le reste de l’année. Parce que si vous passez une soirée seule le reste de l’année, ce n’est qu’une soirée de solitude. Là, la conviction d’être floué, frustré, s’aggrave de la certitude qu’un grand nombre a des cornes de phacochères sur la tête. Les soirs de réveillon, on déteste son collier d’escargots. Sauf si on est stoïque, philosophe ou amnésique.

    Je vous souhaite à tous plein de cornes de phacochères, et beaucoup de bonheur.

    Du fond du cœur.

    par Marie-Hélène - tags : bonheur
  • la date de peremption de l'amitié est elle inscrite dans le code barre, quel est son mode de conservation?

    Le 23/12/2009 à 19:23Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Jusqu’où peut-on abuser de ses amis ?

    Des rencontres, on en a tous, des affections, moins, des vrais amis… on les compte… ou pas. Il est difficile d’avoir un ami, quelqu’un qui, comme le dit l’histoire, porterait avec vous le cadavre dont vous devez vous débarrassez, au cœur de la nuit et de vos ennuis. On passe une vie à croiser des amis potentiels, des amis qui n’en étaient pas, des amis qu’on n’a pas vus, ou d’autres qui ne vous ont pas vus… Pas évident.

    L’amitié est aussi forte que l’amour, jalouse parfois, ombrageuse à d’autres, possessive, inclusive. L’ami(e) c’est le double, l’alter ego, le journal de bord à jambes, celui que l’on inonde de soi, qui vous inonde de lui, jusqu'à plus soif, et qu’on revoit encore.

    Mais l’amitié a ses règles, ses rigueurs et ses politesses. Elle exige du doigté, de la délicatesse. Soutenir, aimer, pas écraser, conseiller, pas s’ingérer, être présent, pas envahissant…

    L’ami(e) c’et le cadeau du ciel, c’est le veilleur qui guette en haut de la tour pendant que vous dormez, c’est une raison d’être meilleur. L’amitié se donne, se partage, se goûte, et l’ami pardonne, comprend, un jour ce sera son tour  d’avoir fait besoin de vous.

    Il faut savoir et vouloir être à la hauteur de ses amitiés.

     

     

    par Marie-Hélène - tags : amis
  • procrastination et hybris

    Le 22/12/2009 à 15:47Commentaires (0)Ajouter un commentaire

     

    On procrastine, on procastrine pour les petites choses, petites lettres, petites factures, petites actions qui piquettent la nappe lisse de la journée et qu’on renvoie au moment où on prendra le temps un bon coup. On fait de même  pour les actions plus conséquentes, actes notariés, visites au médecin, révision de la voiture… On espère qu’un ange avec le cerveau d’Enstein va venir régler pour vous tous les petits problèmes de la vie ordinaire. Parfois on procrastine et on se met la tête sous le sable, l’oreiller, sous les cachets, sous l’alcool, chacun sa couverture, mais toutes les raisons sont bonnes pour penser « aujourd’hui » et ne pas penser « demain » . Et la plomberie lâche, on s’explose le cœur à la réparer, la voiture qui devait vous conduire à l'hôpital refuse de démarrer, le banquier qui n’a pas reçu son chèque en profite pour appeler.

    On se sent dépassé, le monde s’effondre, on attend les résultats médicaux en faisant en courant tout ce qu’on avait le temps de faire avant et qu’on n’avait pas fait.

    Hier c’était ce havre béni et heureux où, sur la photo on avait le sourire. Aujourd’hui ce sont des fêtes sombres, la vie qui agresse, la solitude, l’agressivité. Mais ce matelas de Job, pourtant, on se l’est bien préparé.

    Et puis on ferme bien les yeux. La réalité n’est pas trop belle, on l’habille des dentelles du rêve pour mieux la supporter, on la maquille. On vit. Et puis il pleut, le masque coule, et la vie n’est que la vie, avec ses factures, ses mauvais temps et les gens qui ne sont jamais ce qu’on a rêvé.

    Au réveil la plomberie est bouchée.

    Il valait nettement mieux rester réveillé, même si la tête du plombier … pauvre plombier.

     

    La vie est cruelle, elle veut bien se déguiser, mais pas longtemps, et le temps qu’on lui fait passer en coulisse, elle le fait payer à l’acte 4

    "Des brouillards du chagrin, tu m'aveugles ; merci !"
 William Shakespeare ; extrait d'A la dame brune - CXLVIII.

    Il n’existe à la solitude qu’un seul manteau, l’orgueil.

    Hybris des antiques, qui se croyaient hors des châtiments des dieux. Puisque le châtiment est inévitable, autant être orgueilleux

     

    par Marie-Hélène - tags : ENNUIS
  • la beauté et les chevaux

    Le 12/12/2009 à 18:31Commentaires (0)Ajouter un commentaire

     

     

    Les bêtes ne s’admirent point. Un cheval n’admire point son compagnon ; ce n’est pas qu’il n’y ait entre eux de l’émulation à la course, mais c’est sans conséquence ; car étant à l’étable le plus pesant et le plus mal taillé n’en cède pas son avoine à l’autre comme les hommes veulent qu’on le fasse. Leur vertu se satisfait d’elle-même.

    Pascal.

    Et bien voyons ! En voilà des postulats douteux et des affirmations péremptoires. Je ne m’y connais pas trop en cheval, mais en chat, par contre, oui. Alors j’imagine que d’un point de vue philosophique, un chat vaut un cheval, enfin il me semble.

    Le chat ou le cheval n’ont pas de référent « beauté » mais ils ont des référents « normalité ». Soit l’autre animal ressemble à un congénère « normal » et il va s’inscrire dans la hiérarchie stricte qui commence au castré, pour culminer au mâle dominant, avec tous les échelons intermédiaires et le droit de manger avant ou après qui va avec. Soit, il ne ressemble pas à un individu de leur espèce, et ils le mettent à mort. On se souvient de l’histoire du lion qui avait perdu sa queue lors d’un combat et que les autres s’obstinaient à vouloir tuer chaque fois qu’on le guérissait, parce qu’il ne ressemblait plus à un lion. Donc déjà, parler de beauté en l’espèce c’est user de sophisme, puisque dans un raisonnement d’apparence logique, un des postulats est faussé volontairement. Ensuite le chat, n’a pas de vertu, il a de l’indifférence. Nuance. Il a de l’indifférence quand il a affirmé sa prééminence, ou qu’il a assimilé son infériorité. Conséquence ? Moins de nourriture et moins de femelles. Arrive un nouveau ? Il doit prendre sa place à son tour. De plus, souvent les plus pesants et les plus mal taillés sont les plus puissants et les plus forts, ils écrabouillent les autres et deviennent les mâles dominants. Donc ce raisonnement n’a ni queue ni tête, pesante ou pas.

    On sait aussi que les femelles de toute espèce sont attirées par les mâles les plus beaux, ceux qui chantent le mieux. C’est le mâle qui porte les plumes de couleur ou le beau pelage, la crinière… Donc la vertu du cheval, hein, vous voyez…

    Et que sommes-nous d’autre que des animaux à sang chaud, espèce mammifère ? Donc si chez nous le mâle dominant est celui qui a la plus grosse voiture, le plus beau costume et le plus gros cigare, nous ne faisons que suivre les lois de notre espèce, rien de plus et rien de moins. Pascal applique aux animaux des raisonnements chrétiens, et fait de l’humilité une vertu animale à suivre. L’humilité du cheval, ben voyons !

    En plus, je suis désolée, mais quand je brosse mon chat, et qu’il se sent beau, il se pavane, il ronronne, il n’est pas du tout vertueux, mon chat.

    Tout cela pour dire quoi ? Que si on suivait tous les diktats des nabots à grosse tête et à front proéminents, qui enseignent aux autres qu’il ne faut pas tirer vanité de ce qu’ils envient à hurler, sous prétexte qu’ils sont philosophes, mais moches, on finirait tous par ressembler à de vilains bourrins.

    Tout le monde n’est pas parfaitement grand ou mince ou… Mais les gens laids sont extrêmement rares. La beauté c'est la différence. J’adore suivre de l’œil une jolie fille ou un joli garçon. 

    La beauté est un cadeau. Tant pis pour les pisse-froid. Il y a de l'intolérance à vouloir normaliser tout le monde.

     

     

  • l'éthos

    Le 11/12/2009 à 20:05Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Pascal

    Le matin, quand j’ai encore la tête dans le brouillard, avant de me mettre à écrire, je lis Montaigne, ou Pascal. Pourquoi eux ? les ayant survolés, lus en diagonale à plusieurs reprises, gênée par la langue archaïque de l’un en mon jeune âge et par le côté décousu de l’autre plus tard, j’ai raté beaucoup de choses. Donc le matin, je lis quelques pages, je prends des notes.

     À mesure qu’on a plus d’esprit, on trouve qu’il a plus d’hommes originaux. Les gens du commun ne trouvent pas de différence entre les hommes

     

    Que d’orgueil dans cette phrase. Car ce qu’on peut lire ici, c’est « combien de gens intéressants j’ai rencontrés, car je suis exceptionnel », pauvres gens qui ne sont pas comme moi ! On peut lire aussi que quand on est aussi bien que lui on s’ouvre au monde, etc., etc. parlez-moi de moi, il n’y a que cela qui m’intéresse… en parlant des autres, je parle de moi, mais je suis humble et modeste, etc. etc. Bonne conscience bien pensante du catho bon teint et de l’homme vraiment très intelligent à qui répugne la médiocrité.

    L’éthos interne du texte, ce que les lignes ne disent pas, mais que la sensibilité du lecteur doit appréhender en lisant. Je n’aime pas l’éthos de Montaigne ni celui de Pascal qui tranchent une frontière entre eux et le monde, se posant en spectateurs. Pas qu’eux, bien sûr, la réflexion est valable pour nombre de philosophes, « j’étudie le monde sans être le monde ordinaire ». Genre singe et surhumain Nieztchéen … être philosophe est-ce donc cela ? Porter le regard distancé et désabusé du spectateur ?

    Faire du monde un système, mettre les mouvements humains en équations, en formules ?

    Je vois bien des différences entre les hommes, mais ceux dont on dit qu’ils sont intelligents, qu’on encense, qu’on porte aux nues, sont rarement à la hauteur des espérances qu’ils provoquent, souvent leur altitude les rend orgueilleux, plus souvent encore ridicules, imbus de leurs petites ascensions. J’aime ceux qui pétillent sans bruit, et qui sont là, pour faire bouger les choses et donner au monde d’autres couleurs… sans éclat. Et puis j’aime vous écrire, parce que je veux croire que passer du temps avec vous, mes « hommes différents », aide à me garder modeste.

    Ps le tableau avance, mais n'est toujours pas fini

  • MA FILLE numéro Un a les honneurs de la Presse

    Le 09/12/2009 à 10:07Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Les innovations du jour

    Biomonitoring : savez-vous planter des choux ?

                         

    Basée à Chemblay-Buissières en Meurthe-et-Moselle, l’équipe du bureau d’études  Biomonitor, composée de neuf personnes et managée par deux toxicologues avertis, propose des méthodes biologiques innovantes pour diagnostiquer et contrôler l’état des écosystèmes à proximité de sites industriels. Par exemple dans les champs ou dans les jardins, potagers, vergers de particuliers. Ces méthodes dites de « biomonitoring », dont une partie sont labellisées par l’Afnor et par des certificateurs allemands, permettent de suivre des pollutions chroniques ou accidentelles. « En mettant sur site des graminées et des choux, en ramassant des lichens ou des bryophytes qui eux ont la particularité de ne pas avoir de racines et d’accumuler dans leur ensemble les métaux lourds, les dioxines ou les furanes par exemple. Nous disposons ainsi d’échantillons de qualité pour établir nos diagnostics et proposer des solutions efficaces » explique Héloïse Sialino, chargée d’études. A noter enfin que pour analyser la qualité de l’air, la jeune équipe utilise aussi des collecteurs de précipitation qui, eux aussi, ne sont posés qu'entre un et deux mois dans les zones qui peuvent être impactées.


    Contact : Héloise Sialino - 03 82 33 81 56 
    biomonitor@wanadoo.fr 
    www.biomonitor.fr/
    Allée S, Stand 03 (en face du bar Nature)

     

    par Marie-Hélène - tags : enfants
  • Sto IIII que

    Le 08/12/2009 à 18:51Commentaires (0)Ajouter un commentaire

     

    Sénèque, Montaigne, la Boétie étaient Stoïques. Afin de lutter contre l'invasion des sentiments négatifs, qu'il s'agisse de jalousie, de désillusion, de souffrance liée à la perte, la solution la plus simple était de ne ressentir rien au départ, de ne s'attacher à rien, du coup, nulle perte ne pouvait générer de blessure irrémédiable. A la lecture de Montaigne, on a un peu le sentiment qu'il est spectateur des convulsions du monde, et qu'il prend des notes pendant que les autres se roulent sur le sol; dans la série j'ai testé pour vous, j'ai essayé l'indifférence ethnologique avec prise de notes.

    Ce matin donc, j'ai croisé une dame vénale et qui ne sait pas dire bonjour, qui sale les additions en vous annonçant qu'elle vous fait un prix, et qui porte des cuissardes avec un short à ras le palais des gourmandises (mais dont les pâtisseries sont très avancées). Comme Montaigne aurait pu le faire, j'ai écrit: "Ce que tu ne vois pas ne te contrarie pas!" et je n’ai rien vu. Mon mari par contre a tout vu.(Je parle des pâtisseries) mais comme je n’ai pas vu qu’il a vu je ne suis pas contrariée du tout. Pas du tout.

    J'ai été chez le Kiné, dans une piscine délicieuse, avec beaucoup de bulles délicieuses, et d'une température délicieuse. Il a fallu sortir au bout d’une demi-heure délicieuse, mais comme je n’ai rien apprécié du tout, je n’ai pas du tout été contrariée, mais alors pas du tout, d’autant que je n’imaginais pas du tout que la séance durerait une heure… pas du tout. Non, non, pas du tout.

    Montaigne dit qu’il faut se refuser tout plaisir pour n’avoir pas à les regretter ensuite… je n’ai pris aucun plaisir, juré. Donc je n’ai pas rêvé de piscine chaude durant l’heure qui a suivi.

    A midi, il y avait de délicieux choux farcis, et un bon vin. Mais c’est pareil, puisque je ne suis plus gourmande, et que j’ai mangé pour vivre (et non pas le contraire, comme dirait Harpagon), cela ne m’a pas posé de problème de n’en avoir pas fait assez. Aucun regret, aucun, juré.

    Ma fille a emporté mon gilet préféré, mais je n’ai plus de gilet préféré, le facteur n’a pas livré le colis de stylos que j’attendais, mais je ne l’attends plus, et le fixatif a décapé les blancs de mon tableau qui sont à vomir, mais c’est sans importance, car je n’espère plus que mon tableau soit fini un jour.

    Bref, je n’ai ressenti au-cu-ne émotion négative, au--cu--ne !, pas la plus légère contrariété, pas le plus petit sentiment de frustration.

    Vrai

    Juré

    Ouf

    Et finalement

    Qu’est-ce que je me suis emmerd……..

     

     

     

     

    par Marie-Hélène - tags : stoïque
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