Voilà quelques instants très émouvants de l'audition de Jeanne, samedi, à Saint Dominique. Merci à toi mon poussin.
La Leçon de Piano
Dans une quinzaine de jours se déroulera le récital de l’école de musique de ma fille cadette. Elle y prendra sa place, derrière le piano, pour un morceau de Yann Tiersen. Comme elle le dit, semblant s’excuser à l’avance des fausses notes :« Il n’est pas de mon niveau, j’ai mis la barre trop haute » . Elle le répète, cet air, inlassablement, et à chaque fois la magie opère. D’abord, l’enfant belle s’insinue dans la musique, comme poliment, doucement, et puis elle prend possession du clavier, et alors elle mouline et la caisse ronfle et ronronne, il se dégage une puissance de l’instrument, comme s’il se mettait à respirer, à enfler. Je vois ses mains, ses mains de bébé qui s’est barbouillé du vernis à ongles avec maladresse faire jaillir cette fontaine, et je m’émerveille, Bouillonnement, vagues, déferlement, avant la caresse de la mesure suivante, toute cette science derrière ses doigts et tout ce qu’elle dit en ne parlant pas. Les notes parfois résistentent vivent, mais ailleurs, elle les rattrape. J’ai entendu bien des adultes, mais jamais cette magie là, celle de l’Ondine, qui lentement apprend à devenir une fée. Je jouis d’elle sans qu’elle le sache, sachant que je n’oublierai jamais ces instants, où, enfant, elle enchantait ma mémoire et mon printemps.
j'ai rêvé que les chemins de sable courraient
au milieu de champs de fleurs
mon cœur
j'ai rêvé que les vagues léchaient
des plages de corail aux couleurs
d'ailleurs
mon cœur
j'ai rêvé que le temps n'était pas passé
que la mer n'était pas salée
que tu m'attendais
pour le meilleur
mon cœur
Il faut écouter le morceau en lisant le poème, celui sous ce dessin
Orgies, satannales, bacchanales
Dionysos demande son tribut
C'est mourir un peu que de n'aimer plus
Où sont donc ces femmes douces et vénales,
Sur lesquelles on se couche un soir de grand rut
et où sont ces chairs blanches et consentantes
ces seins de marbre veiné, à la peau translucide
livrées sans réticence aux appétits avides
des faunes ascétiques aux natures ardentes
où est celle encore qu'on a mille ans attendue
qui pourtant, n'est jamais, jusqu'à nous parvenue
dont on connait en rêve, la douceur, la tendresse
mais dont hélas on n'a jamais su la caresse
et le soir las se couche, seul, comme tous les soirs,
le soleil, de frustration dans la mer se noie
le drap est rude au corps qui se tourne et broie
dans des rêves avides, l'aridité noire.
D'un saule penché, dont on dit qu'il pleure
des larmes de sève, d'amertume ou de bonheur
je veux lancer les branches lianes, au ciel
en de triomphants péans immortels
assombrir son feuillage, certes
mais lui garder toujours son ombre sombre et verte
le dresser enfin en un if mince fier et droit
Preuve, à qui le verra, de mon immense foi
en toi.
Si
Si j’étais toi
Je m’aimerais, parce que je verrais
Combien je t’aime, combien tu m’aimes, et toi c’est moi, donc tu est moi et je suis toi
Sans toi ? tais toi ! sans loi, état de tas, gravas, fatras
Toi, toit, en moi, pour moi, émoi, moi,
à toi.