courage, fuyons

 

On trouve chez Montaigne au chapitre  XII une réflexion sur le courage. Elle est inspirée des anciens, et oppose Lachez qui tient ferme son rang face à l’ennemi, aux Lacédémoniens et autres Scythes, qui laissaient la place pour mieux la reprendre, sans parler d’Eénée, dont on connaît les aventures. Et la question est bien là. Quel courage a le bélier, quand il fonce dans le mur? quel courage a le crabe qui recule pour mieux avancer? Comme le stoîque ne souffre pas d’orgueil, il adapte son comportement à la situation. Comme je suis pleine d’affects, je fonce dans le mur, dans les noeuds, dans le tas, je ne lâche rien, quitte ensuite à faire mea culpa, parce que le conflit est usant, et que je suis comme tout le monde, j’aime la paix. Au lycée, c’est une meute, chacun veut être le mâle Alpha. Par ruses serpentines, par autorité lionesque, par cruauté hyenique, peu importe du moment qu’on monte sur la tête de l’autre. J’ai lu dans  «la cause des élèves» de Mme Gentzbittel qu’il en a toujours été ainsi. Nietzsche dit qu’enseigner est volonté de puissance. 

Certes. Mauvais lieu pour la solitude. Et bien au lycée il faut être chef de moutons. Mouton alpha. Ouf! je passe mon tour. La distinction ne m’agrée pas, au royaume de Panurge, que je sois la dernière à me jeter dans la mer. Mais bon, on fait ce qu’on peut.

 

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