la beauté et les chevaux

 

 

Les bêtes ne s’admirent point. Un cheval n’admire point son compagnon ; ce n’est pas qu’il n’y ait entre eux de l’émulation à la course, mais c’est sans conséquence ; car étant à l’étable le plus pesant et le plus mal taillé n’en cède pas son avoine à l’autre comme les hommes veulent qu’on le fasse. Leur vertu se satisfait d’elle-même.

Pascal.

Et bien voyons ! En voilà des postulats douteux et des affirmations péremptoires. Je ne m’y connais pas trop en cheval, mais en chat, par contre, oui. Alors j’imagine que d’un point de vue philosophique, un chat vaut un cheval, enfin il me semble.

Le chat ou le cheval n’ont pas de référent « beauté » mais ils ont des référents « normalité ». Soit l’autre animal ressemble à un congénère « normal » et il va s’inscrire dans la hiérarchie stricte qui commence au castré, pour culminer au mâle dominant, avec tous les échelons intermédiaires et le droit de manger avant ou après qui va avec. Soit, il ne ressemble pas à un individu de leur espèce, et ils le mettent à mort. On se souvient de l’histoire du lion qui avait perdu sa queue lors d’un combat et que les autres s’obstinaient à vouloir tuer chaque fois qu’on le guérissait, parce qu’il ne ressemblait plus à un lion. Donc déjà, parler de beauté en l’espèce c’est user de sophisme, puisque dans un raisonnement d’apparence logique, un des postulats est faussé volontairement. Ensuite le chat, n’a pas de vertu, il a de l’indifférence. Nuance. Il a de l’indifférence quand il a affirmé sa prééminence, ou qu’il a assimilé son infériorité. Conséquence ? Moins de nourriture et moins de femelles. Arrive un nouveau ? Il doit prendre sa place à son tour. De plus, souvent les plus pesants et les plus mal taillés sont les plus puissants et les plus forts, ils écrabouillent les autres et deviennent les mâles dominants. Donc ce raisonnement n’a ni queue ni tête, pesante ou pas.

On sait aussi que les femelles de toute espèce sont attirées par les mâles les plus beaux, ceux qui chantent le mieux. C’est le mâle qui porte les plumes de couleur ou le beau pelage, la crinière… Donc la vertu du cheval, hein, vous voyez…

Et que sommes-nous d’autre que des animaux à sang chaud, espèce mammifère ? Donc si chez nous le mâle dominant est celui qui a la plus grosse voiture, le plus beau costume et le plus gros cigare, nous ne faisons que suivre les lois de notre espèce, rien de plus et rien de moins. Pascal applique aux animaux des raisonnements chrétiens, et fait de l’humilité une vertu animale à suivre. L’humilité du cheval, ben voyons !

En plus, je suis désolée, mais quand je brosse mon chat, et qu’il se sent beau, il se pavane, il ronronne, il n’est pas du tout vertueux, mon chat.

Tout cela pour dire quoi ? Que si on suivait tous les diktats des nabots à grosse tête et à front proéminents, qui enseignent aux autres qu’il ne faut pas tirer vanité de ce qu’ils envient à hurler, sous prétexte qu’ils sont philosophes, mais moches, on finirait tous par ressembler à de vilains bourrins.

Tout le monde n’est pas parfaitement grand ou mince ou… Mais les gens laids sont extrêmement rares. La beauté c'est la différence. J’adore suivre de l’œil une jolie fille ou un joli garçon. 

La beauté est un cadeau. Tant pis pour les pisse-froid. Il y a de l'intolérance à vouloir normaliser tout le monde.

 

 

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