la vie, tout simplement

 

 

 

 

Il y a quelques jours, lors de recherches que je faisais pour le livre que je suis en train de construire, je me suis égarée sur le blog d'un jeune garçon. Du moins c'est ce que j'ai compris. Un jeune homme qui outre le fait qu'il ait vécu en fauteuil, était sourd. Il vivait entouré de personnes chères, avec entre autres, son tuteur, car il ne fait jamais mention de parents. 

Son tuteur a eu le cancer, et lentement, la plume a été reprise d'abord par lui, puis par la compagne et mère, enfin, le blog s'est tu.

Je ne sais rien d'autre de l'histoire de ce garçon, ni de celle de sa mère, que la détresse de ces personnes qui écrivent au beau milieu de la nuit, quand la souffrance physique ou morale devient insupportable. Depuis mon passage par la clinique Saint Martin, mon regard sur le handicap a changé. Il ne contient ni pitié, ni sentiment avilissant, mais une grande empathie. Nous avons, nous qui avançons sans aide, et qui ne souffrons pas, beaucoup de chance. Nos jours ne sont pas entachés de l'angoisse quotidienne de ne pas pouvoir se lever, ou d'avoir mal, vraiment mal. Pourtant que de plaintes pour de petits bobos autour de moi. 

Une pensée à ce jeune garçon, à ses parents, à Yves, à ceux de Saint Martin, à ceux qui sont encore là, et qui s'accrochent.

Voici un poème que ce jeune homme a écrit, et que je colle ici:

 

Olli, 
Si tu meurs, on rira plus
On diras plus de bétises
on regardera plus les étoiles
on fera plus des bulles dans la piscine
on s'occupera plus des chiens et des légumes du jardin
on donnera plus de noms aux nuages qui ont une formes bizarre
on fera plus de grabouillis
on se déguisera plus pour faire peur à papa
tu m'apprendra plus la langue des signes
on fera plus de concours de grimaces
on fera plus des crêpes ensemble et les collées au plafond 
je te ferais plus des gratouilles à la tête (je sais que t'aime pas ça )
Je sais que tu es pas mon vrai grand frère mais pour moi tu es mon grand frère de coeur et je t'aime jusqu'à l'infini
et puis si tu meurs c'est qui qui va s'occuper des doudous ? 
Mais si tu décides quand même de mourir je te ferais pas la tête et ma maman s'occupera très bien de toi au paradis.

Merci Nélée, d'être à, de me poser des questions au lieu de me regarder de travers comme les gens dans la rue. Merci de me faire pleins de dessins et de gratouilles à la tête mdr. Merci de supporter le bruit de la pompe à Nutrition la nuit, le bruit du compresseur, le bruit que je fais pendant mes nombreuses crise d'épilepsies.Bientôt, mon rayon de soleil, on déménage et tu auras ta chambre pour toi. Gros bisous, je t'aime fort ma poupée.
P.S : cette image est pour toi ;-)

http://ollivermavie.centerblog.net

 

 

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