pas belles du saigneur.

 

Belle du Seigneur… Cohen

Lu trop tôt cet admirable ouvrage, n’en avais retenu que le sentiment pesant de me trouver face à une variante de Nana, ou l’admirable Ariane n’aurait volé plus haut que pour s’abattre foudroyée au sol, plus misérable encore. « Le destin à mes pas attachés », la volonté de l’auteur est ici comme pour Racine, ou la sotte Bovary, sans pitié. De quelle inconnue sans cœur les écrivains ne cessent-ils de se venger ?

Pourtant le lire comme un livre d’amour, ou sur l’amour, est passer à côté de sa vérité. C’est un livre sur la médiocrité de la vie. Sur la relativité. Deume s’active en bas de l’échelle à de petits arrangements, Solal quelques échelons plus haut, pense de même. Un autre étage tout au plus. Les peintures humaines ici sont des caricatures, des raccourcis, des miroirs déformants… Il n’est de robe qui n’ait un pli à lisser, il n’est de personnage qui à un moment ou à un autre sacrifie à de basses actions ou de bas sentiments. Et tout cela est emporté dans un maelstrom de phrases, de mots tourbillons, d’idées affolées. Le champagne se sert en magnum, le caviar à la louche, mais on garde l’étiquette de prix sur le pot, quand on écarte le déluge verbal, on réalise une chose : la musique littéraire a donné le change, mais rien de nouveau depuis la stupide Bovary.

Pourquoi me vient-il à l’esprit ce livre de JPSantini ? les mêmes individus s’y agitent, les mêmes désillusions le concluent. Les mots changent, pas les gens.

L’infini du dire de la condition humaine

 

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