Saint Martin, Pascal et les autres

Choisir ses mots, 

Toute ma vie, j'ai écrit. je ne me souviens pas d'un temps où les objets d'écriture n'étaient pas pour moi les biens les plus précieux du monde. Mais je n'avais pas pour la parole la même vénération. Comme l'eau quand il pleut, je la laissais couler, et peu importait où courait la rigole. 

Mon corps n'a plus suivi, et pour moi qui sans arrêt me projetait au lendemain, le pas suivant est devenu un problème. 

Pas de drame, bientôt ce ne sera que le souvenir d'un ralentissement, d'une mise entre parenthèse, mais je veux consacrer cette chronique à Pascal, Yves, Michel, Jeannine, Sylvie, Sebastien, Belinda, Coralie, Matthieu, Monique, et tous les autres , tous ceux avec qui je vis ce mois qui comptera comme un des plus importants de ma vie. La sclérose, la polio, le diabète, Parkinson, les accidents, les defenestrations ne choisissent pas, mais tombent au hasard sur la foule, emportant avec eux les espoirs de vie "normale" et l'avenir de personnes qui se levaient le matin, sans savoir ce qui allait arriver. On ne sait qu'on possède un trésor que quand on le perd. Verticalité, mouvement, préemption, toutes choses si simples et si normales et qui pour eux, sont à réapprendre, à reconquérir. Et ce sont eux qui encouragent les autres, qui leur soufflent le mot qui les poussera au pas suivant, qui le félicitent. Interdiction de s'apitoyer, ce serait une grave impolitesse. Mais ici j'ai découvert avec le pas, le sens des mots. Tous ceux qu'on a en trop, et ceux qu'on voudrait entendre, et ceux encore qu'on murmure et qui tonnent dans l'âme. Ces mots qui nous relient à la vie, à l'autre, qui laisse prise sur nous, ou pas.

Depuis, sans le vouloir, je compte mes mots, comme on compte son souffle, et je les garde pour les bonnes personnes, les bons moments, ceux que j'aime.

Rien n'est anodin, les mauvaises personnes font mal, la jalousie use, il faut savoir trier,

et rendre à Sebastien et à Monique, à tous les autres

ce qu'ils m'ont donné.

 

Commentaires (1)

1. m helene 25/10/2009

la vie est faite de couleur rose gris noir blanc et infiniment changeant et la nature humaine liee a notre condition est belle et miserable mais tu as une force en plus les mots

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