stylos et petites manies

Comme nombre de personnes je suis une collectionneuse compulsive de stylos. Attention, je ne cherche pas obligatoirement les grandes marques, les objets prestigieux, c’est pire. Je cherche tous les stylos que j’aie pu voir entre les mains de mes copains d’enfance ou dans les vitrines, tout objet de convoitise jamais assouvie, qui me met en quête d’improbables cartouches introuvables, de modèles aux mécanismes impossible à faire fonctionner, et de critériums publicitaires. J’ai bien conscience que c’est un genre de maladie. Mais? quand vous avez ces petites merveilles de précision mécanique dans la main, que vous pensez au nombre de mots qu’ils ont dit, aux pensées de ceux qui les ont utilisés, j’ai l’impression d’un puits de jouvence. Peut être un souvenir de mon enfance dans la vieille maison de mes grands parents où le bureau de mon grand-père était le territoire de toutes les envies, de toutes les excursions en imaginaire. Il y avait au mur le portrait d’une cousine très barbue, et je restais fascinée devant ces longs poils qui ornaient un menton de bonne taille au dessous de la guipure et des dentelles. Il y avait aussi une perforatrice, et les confettis faits mains que nous répandions partout n’avaient pas de prix. J’ai trouvé de petits agendas en cuir, avec des mots minuscules, une date, un nom... le sentiment de se glisser en effraction dans la porte d’une chambre et d’y voir le spectacle fugitif d’un instant de vie. L’odeur des papiers stencils et de l’encre qui séchait au fond des encriers, et l’odeur des pièces que l’on n’ouvre pas assez souvent. je ne me souviens curieusement pas s’il y avait une fenêtre et de quel côté elle s’ouvrait. Peut-être y suis je toujours allé en fraude, volets fermés? Le fait est que cette pièce occupe dans ma mémoire et dans ma personne, une valeur particulière, fondamentale.

Bon, sinon, où serait le plaisir de la vie, si on avait pas tous nos marottes de fou?

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