ex de Epitaphe de Nerval

, de son vrai nom Gérard Labrunie, né à Paris le 22 mai 1808 et mort à Paris le 26 janvier 1855, était un poète français.


En 1822, il entre au collège Charlemagne, où il a pour condisciple Théophile Gautier[1]. Encore lycéen, il publie ses premiers vers en 1826, avant de se signaler par ses traductions de Faust (1829), puis d'Hoffmann et d'autres œuvres de Goethe, qui ont longtemps gardé la réputation de compter parmi les meilleures qui soient.

Reçu bachelier le 10 août 1829, il collabore au Mercure de France en octobre. En février 1830 paraît un recueil de Poésies allemandes, traductions de Goethe, Klopstock, Schiller et Bürger, suivi en octobre par un Choix des poésies de Ronsard. Après un séjour à la prison de Sainte-Pélagie, peut-être en novembre, pour tapage nocturne, il publie des Odelettes en décembre 1831. De nouveau emprisonné en février 1832, il accompagne son père lors de l'épidémie de choléra et fréquente le Petit-Cénacle de Jehan Duseigneur avec Célestin Nanteuil et Petrus Borel, avant de publier La Main de gloire en septembre[1].

Nerval se lie d’amitié avec Victor Hugo et Alexandre Dumas. Avec Petrus Borel, il devient l'un des premiers membres des « Jeunes-France ». Il soutient activement Hugo lors de la bataille d’Hernani déclenchée le 25 février 1830 au cours de sa première représentation.

En janvier 1834, à la mort de son grand-père maternel, il hérite d'environ 30 000 francs. Parti à l'automne dans le Midi de la France, il passe la frontière, à l'insu de son père, et visite Florence, Rome puis Naples. En 1835, il s’installe impasse du Doyenné chez Camille Rougier, où tout un groupe de romantiques se retrouve, et fonde en mai le Monde dramatique, revue luxueuse qui lui fait dilapider son héritage et que, lourdement endetté, il doit finalement vendre en 1836. Faisant alors ses débuts dans le journalisme, il part en voyage en Belgique avec Gautier, de juillet à septembre. En décembre, il signe pour la première fois « Gérard de Nerval » dans Le Figaro[1].

Le 31 octobre 1837 est créé à l'Opéra-Comique Piquillo sur une musique de Monpou; Dumas signe seul le livret, malgré la collaboration de Nerval; Jenny Colon tient le premier rôle[1]. Nerval se serait épris de l’actrice Jenny Colon qui ne le lui aurait pas rendu. Selon certains exégètes, il lui aurait voué un culte idolâtre même après la mort de celle-ci, et elle serait la figure de la Mère perdue, mais aussi de la Femme idéale où se mêlent, dans un syncrétisme caractéristique de sa pensée, Marie, Isis, la reine de Saba, ce qui fait débat parmi les spécialistes de Nerval[2]. Durant l'été 1838, il voyage en Allemagne avec Dumas pour préparer Léo Burckart, pièce retardée par la censure. Après la première de L'Alchimiste, écrite en collaboration avec Dumas, le 10 avril 1839, Léo Burckart est finalement créé au théâtre de la Porte Saint-Martin le 16 avril. Dans le même temps, il publie Le Fort de Bitche (25-28 juin) dans Le Messager et Les Deux rendez-vous (15-17 août) — qui deviendra plus tard Corilla — dans La Presse. Puis, en novembre, il part pour Vienne, où il rencontre la pianiste Marie Pleyel à l'Ambassade de France[1].

De retour en France en mars 1840, il remplace Gautier, alors en Espagne, pour le feuilleton dramatique de La Presse. après une troisième édition de Faust, augmentée d'une préface, et de fragments du Second Faust en juillet, il part en octobre en Belgique. Le 15 décembre a lieu la première de Piquillo à Bruxelles, où il revoit Jenny Colon et Marie Pleyel[1].

Suite à une première crise de folie le 23 février 1841, il est soigné chez Mme Sainte-Colombe, rue de Picpus. Le 1er mars, Jules Janin publie un article nécrologique dans Les Débats. Après une seconde crise, le 21 mars, il est interné dans la clinique du docteur Esprit Blanche, à Montmartre, de mars à novembre.[1].

On le retrouva pendu aux barreaux d'une grille qui fermait un égout de la rue de la Vieille-Lanterne, dans le « coin le plus sordide qu’il ait pu trouver », selon la formule de Baudelaire. Ses amis émirent l'hypothèse d'un assassinat perpétré par des rôdeurs, au cours d'une de ses promenades habituelles dans des lieux mal famés, mais il s'est certainement suicidé. Toutefois le doute subsiste car il fut retrouvé avec son chapeau sur la tête alors qu'il aurait normalement dû tomber du fait de l'agitation provoquée par la strangulation.

On retrouva une lettre dans laquelle il demandait 300 Francs, somme qui, selon lui, aurait suffit pour survivre durant l'hiver. La cérémonie funéraire eut lieu à la cathédrale Notre-Dame de Paris, cérémonie religieuse qui lui fut accordée malgré son suicide présumé du fait de son état mental. Théophile Gautier et Arsène Houssaye payèrent pour lui une concession au cimetière du Père-Lachaise.

Influence postérieure [modifier]

L’insistance de Nerval sur la signification des rêves eut une influence sur le mouvement surréaliste qui fut soulignée par André Breton. Dans sa dédicace à Alexandre Dumas pour les filles du feu, Nerval évoque « l’état de rêverie super-naturaliste » qui fut le sien lorsqu’il écrivit les sonnets des Chimères.

Marcel Proust et René Daumal furent aussi grandement influencés par cette œuvre majeure.

Antonin Artaud vit en Nerval un suicidé de la société, laquelle fut selon lui « occultement liguée contre sa conscience ».

J'ai laissé ici

Et volontairement une bio un peu trop longue bien différente de ce que je vous recommande d'ordinaire. La raison en est la suivante: la vie de cet homme est importante pour comprendre son ooeuvre à divers titres : d'abord, il a été au coeur de la bataille romantique. Comme Bertrand, il a permis à la littérature d'aujourd'hui d'être ce qu'elle est car il a travaillé pour faire évoluer les choses. On voit nettement dans son parcours la place importante de la littérature allemande, reprenez le cours sur le Romantisme et ceci est la preuve que les deux ne peuvent être dissociés, enfin,comme nombre d'auteurs de ce siècle, il a connu de graves problèmes de santé et la folie.

Nous allons donc dans ce texte, dans lequel nous travaillerons comme toujours sur la vision de la mort, l'influence du courant littéraire sur le texte, et la tradition littéraire sous sous-jacente.

Nous avons vu que ce type de poème trouve son origine dans « le congé » du treizième siècle, mis à la mode par Rutebeuf, puis repris par Villon. Nous sommes ici dans une proximité d'intention avec ces sources, qui, comme je l'ai dit dans le cours sur le Romantisme, ont été en quelque sorte redécouvertes par le XIX, lequel a cassé l'idée qu'on se faisait au Classicisme du Moyen-Age comme siècle sans culture.

Nous allons comme pour les autres textes procéder à une lecture de relevés, puis classer ces relevés dans le but de répondre aux exigences d'un commentaire.

Épitaphe

 

 

 

 

 

 

 

 



Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet,
Tour à tour amoureux insoucieux et tendre,
Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre.
Un jour il entendit qu'à sa porte on sonnait.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'était la Mort ! Alors il la pria d'attendre
Qu'il eût posé le point à son dernier sonnet ;
Et puis sans s'émouvoir, il s'en alla s'étendre
Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il était paresseux, à ce que dit l'histoire,
Il laissait trop sécher l'encre dans l'écritoire.
Il voulait tout savoir mais il n'a rien connu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et quand vint le moment où, las de cette vie,
Un soir d'hiver, enfin l'âme lui fut ravie,
Il s'en alla disant : " Pourquoi suis-je venu ? "

Du grec ancien epi (επι (el)* — « sur ») et taphos (ταφος (el)* — « tombe »).

le projet d'écriture est clair, l'horizon d'attente sera donc de faire un portrait résumant les traits majeurs de la personne, résumés sur la tombe

filiation avec les congés et les textes de Villon

le poème est un sonnet, forme fixe, de quatre strophes; deux quatrains, deux tercets, à rime embrassées et suivies, pauvres et suffisantes

 

Poème en forme de récit, non embrayé, qui agit comme une narration, avec situation de départ, élément perturbateur, etc

on y trouve des le départ, une pause narrative à structures parallèles, articulant des antithèses autour des charnières comme (gai triste, insouciant, sombre. On note les copules (sombre et rêveur, insoucieux et tendre) parataxées avec d'autres adjectifs. L'auteur cherche a donner un effet d'abondance (beaucoup d'états d'âmes) de désordre ( des états contraires) de rapidité (qui se succèdent sans prévenir). Les phores mis en rapports par comparaison (sansonnet Clitandre) apportent des caractérisations supplémentaires (insouciance, innocence, et amoureux, ancien, temps passé, pour le prénom) (tragédie de Corneille) . La situation initiale est donc ce portrait. L'élément perturbateur, on sonne. On note la rime équivoquée, sansonnet (sans sonner) et sonnait. Le sonnet est constitué d'une phrase

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Mécanisme d'extraction présentatif: C'était, qui met en valeur l'arrivante. Il y a dérivation, grace à la majuscule qui fait naitre l'allégorie.Contrairement à Lfontaine, point n'est besoin de préciser ce qu'elle veut, mais là aussi, dialogue( il la prie d'attendre) nous allons avoir une info importante, quelle activité fait-il avant de mourir? Terminer ce poème en cours. Valorisation de l'acte d'écriture, par l'éthos interne, on perçoit ici que l'écriture est respectée de la mort, qui accepte d'attendre. L'écriture va survivre au Poète. Volonté de perfection, dernier point. Mise en abyme, du poète écrivant ce poème que nous lisons. Le sonnet est constitué d'une phrase. La coordination « et puis » donne de la fluidité, le mouvement se fait d'un élan, terminer d'écrire et mourir. Isotope du froid et de la peur (frissoner, froid) Fond du coffre fait allitération, avec frissonner, on y sent la solitude et l'inconfort, la métaphore de la tombe introduit le phore du cadavre (froid ), alors qu'il est encore vivant (frissonner) l'image est cruelle de ce frisson qui fait une sorte d'enfermement vivant.

XXXX

le récit s'interrompt pour une pause, dans laquelle le poète est décrit en termes très péjoratifs. Un adj, paresseux, deux verbes factifs, qui s'appuie sur les adverbes « trop » et « tout ». En fait l'adj paresseux est anaphorisé dans le vers suivant, qui le redéfinit encore une fois comme un auteur, le troisième de ce tercet, comme un touche à tout, ou comme qq privé des possibilités (mort trop, jeune, ou trop paresseux)

Le portrait est triste, et bien qu'il soit de tradition dans ce type de poèmes d'inclure une humilité rhétorique destinée à capter la captatio benevolentia, ici, on va au delà. L'antithèse tout et rien établit une sorte de résumé de la vie, et continue à définir le poète comme un être partagé entre les extrêmes.

La description est à thème constant (s'appuie sur la triple anaphore(Il/Il:Il) et à thème éclaté, puisqu'on parcourt les diverses parties de son personnage

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La conjonction de coordination fait le lien retour avec la scène décrite précédemment, l'arrivée de la mort. On y rajoute au thème un rhème nouveau : il est las de la vie, il a donc souhaité la mort. L'incise, las de cette vie le rend actant de sa mort, ce qui est confirmé par cette épitaphe, faite par lui-même. Il se présente donc comme en état de tristesse. Le topos de mort+ soir+hiver, est ici cultivé volontairement pour renforcer la tristesse du personnage. Antithèse: bien qu'il ait souhaité le mort, on lui ravit son âme, le place en situation passive et douloureuse. Cependant son acte de départ se fait volontairement (factif s'en alla, polysémie, partir et mourir) Sa voix se fait entendre par le discours direct, qui claque en finale de sonnet, pour interroger et nous voici devant la véritabe épitaphe. Interrogation topique sur le sens de la vie, la réponse est dans le poème, c'est ce poème qui justifie sa présence, fin traditionnelle, conforme à la doxa, le poète transcende le vulgus, le portant au cosmos par le logos.

Ce relevé très riche doit faire l'objet d'une remise en forme contextualisée.

 

Commentaire

    Nous allons donc nous interroger sur la vision de la mort dans le Romantisme, en prenant pour premier axe d'étude, portait de l'homme romantique

     

  • une homme changeant

  • un homme triste

  • un écrivain qui trouve là, la justification de sa vie.

     

Dans une deuxième partie nous analysons la mise en scène de la mort

     

  • dans un récit intégré dans un sonnet

  • rimes ryhtme etc

  • comme fin de souffrance

  • vaincue par l'écriture

     

 

L'homme romantique, je le rappelle présente les points suivants

Il souffre de solitude et de sentiment de différence, se sent étranger au monde dans lequel il vit, triste

se console par la vue d'une nature torturée

se sent à l'écart du genre humain.

L'écriture du « je »est de la description de ses tourments est très importante.

De nombreuses figures de style doivent ici être maîtrisées

1-comparaison

2-métaphore

3-parallèle

 

4-antithèse

5-oxymore

6-discours direct

7-allitération, assonnance

 

Mise en parallèle de deux phores avec comparant

 

2-idem sans mot de comparaison

3-structure identique entre deux morceaux de phrases

4-deux morceaux de phrase contraire

5-deux mots de sens contraire

6-mot introducteur: « -

7- répétition de sons de consonnes et de voyelles

Conclusion

Ce poème s'inscrit dans une tradition, issue du Moyen Age, ainsi que dans une habitude civilisée datant de l'aube des rites funéraires. Le mort se distingue par les caractéristiques majeures . Ici l'originalité est que le poète rédige lui-même son épitaphe, en « medias tempo » et se définit comme un homme dont l'écriture est l'essence de sa vie, et comme un homme romantique dans le sens que prend ce courant littéraire.

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