ex de la Mort et le Bûcheron

la mort et le B.? La Fontaine

La Mort et le Bûcheron

analyse du titre: Il y a modification du mécanisme d'extraction, les noms communs sont dérivés en noms propres, ils sont allégoriques, il nous faudra savoir dans le cas du bucheron, de quoi ?

La place des mots est importante, la Mort est citée avant le Bûcheron, double raison, elle a prééminence et ce poème fait partie d'une série, la Mort et...

Nous allons en voir deux, nous ferons en fin d'analyse, un rapport entre les deux textes.

1-Un pauvre Bûcheron tout couvert de ramée,
2-Sous le faix du fagot aussi bien que des ans
3-Gémissant et courbé marchait à pas pesants,
4-Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée.


Situation initiale, on dit qui : un bucheron. Pourquoi? Parce qu'à cette époque les travailleurs ruraux et tout particulièrement les bûcherons et les charbonniers étaient considérés comme les plus pauvres et ceux nantis de la condition la plus basse et la pire

les trois premiers vers instaurent l'isotopie du subissement : couvert, sous, aussi -que, courbé.

La silhouette (prosopographie) comme le mental (l'éthopée) sont montrés comme extenués, harassés, à bout d'élan et de souffrance. La posture courbée, est métaphorique de cet état, il porte outre sa misère, son âge et sa fatigue, l'allégorie du subissant total aux affres avec une très mauvaise vie.

Nous comprenons à présent le choix du bûcheron, quelqu'un d'emblématique d'une situation qui ne peut pas être pire. Gémissant, courbait, tâchait, montre sa souffrance et son impuissance, il y a anaphore lexicale sur un chemin de vie douloureux et peu enviable

Alexandrins, rimes pauvres plates, la lecture verticale a une forte valeur conative: douleur malheur

pesant, enfumé, et finit la strophe par repos. La poésie remplit deux offices: elle rend plus plaisante la lecture, et permet de retenir plus facilement la leçon


5-Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur,
I6-l met bas son fagot, il songe à son malheur.

Après avoir fait le bilan de l'état, La Fontaine pose la question qui va sous tendre le texte. ON note le « Enfin », l 5 qui résume les vers précédents, le « Pouvant plus », sorte de conclusion aux quatre premiers vers, comme si le personnage avait fait ses derniers pas, L6 met bas son fagot, est polysémique, il y a accouchement et délestage, la vérité va arriver de cette pause qui constitue aussi l'élément perturbateur, la marche s'interrompt vers une interrogation existentielle, dont les réponses constitueront les péripéties


7-Quel plaisir a-t-il eu depuis qu'il est au monde ?
8-En est-il un plus pauvre en la machine ronde ?
9-Point de pain quelquefois, et jamais de repos.

Constat donc, où prédominent les privatifs en accumulation (questoin rhétorique, il n'en existe pas il est le plus pauvre, donc anaphore des constats précédents du lecteur, double négation de point et jamais, avec donc d'un point de vue littéraire, l'utilisation remarquable de la négation maximum)

la conjonction de subordination « et » a ici une valeur à relever, elle renforce l'accumulation de sentiments négatifs
10-Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts,
11-Le créancier, et la corvée

classicisme de l'usage de l'asyndete qui par l'accumulation de charges entre virgules, renforcent le calvaire et l'écrasement du pauvre homme.

On note que la femme et les enfants sont des opposants, qu'ils font partie de son fardeau, au même titre que les impôts. La Fontaine déshumanise cet homme en le détachant de sa condition humaine, en le privant d'appui affectifs que pourraient constituer sa femme et ses enfants il n'a donc réellement plus rien à regretter
12-Lui font d'un malheureux la peinture achevée.
13-Il appelle la mort, elle vient sans tarder,
14-Lui demande ce qu'il faut faire

Conclusion logique de la sitiation

la mort doit sembler préférable à une telle vie. On note l'art du conteur dans le suspens engagé par les trois vers. Constat et arrivée de la mort se font très rapidement, puis survient ce vers surprenant, lui demande ce qu'il faut faire.

Cette mort parle, et agit sur ordre, ce qui est contraire au topos de la Mort. Mais c'est de ce vers que va naître la surprise car, ayant peint un homme à bout de tout, l'horizon d'attente logique ici est de demander à mourir, or, ce n'est pas ce qui se produire. Le registre pathétique puis tragique va s'interrompre, et laisser la place à l'ironie.

On note aussi la parataxe qui court sur ces vers en insistant sur l'arrivée de la mort
15-C'est, dit-il, afin de m'aider
16A recharger ce bois ; tu ne tarderas guère.

Chut amusante et ou le registre ironique remplace le registre pathétique puis tragique, l'effet de surprise s'appuie sur les contrastes, dramatisation de la mort, peu de conséquence de la tâche demandée, familiarité de l'homme avec ce qui est craint, horizon d'attente heureusement déçu
17-Le trépas vient tout guérir ;
18-Mais ne bougeons d'où nous sommes.
19-Plutôt souffrir que mourir,
20-C'est la devise des hommes.

La morale est explicite, pour deux raisons, le message pouvait paraître confuse au lecteur, et de plus l'auteur insiste à quatre reprises sur ces quatre vers, pour dire la même chose.

On note les présents de vérité générale, les impératifs, les infinifs et les phrases gnomiques qui oscillent entre les sentences philosophiques et le proverbe

on note aussi la parataxe sur trois vers, qui accumule et insiste, avant la conclusion finale.

La morale fait antithèse avec la condition du bucheron, sa pirouette n'en est que plus remarquable

après avoir procédé à l'analyse linéaire, classons et organisons nos relevés en commentaire cohérent.

Les objectifs pédagogiques de ce texte sont

le Classicisme, la poésie, l'argumentation, l'apologue, le récit et ses étapes, vers la maîtrise du commentaire composé.

Introduction conforme aux attentes de l'examinateur.

Les Fables de LF dont ce texte est tiré sont un recueil inspiré des fables de Plaute, auteur de l'antiquité, conformément à l'esprit classique qui permet la réécriture des textes anciens. L'auteur, grand ami de Molière et de Racine entre autres, connaîtra de nombreux revers de fortune dus à sa fidélité à son protecteur Fouchet. (8 juillet 1621 à Château-Thierry, 13 avril 1695 à Paris) est un poète, moraliste, dramaturge, librettiste et romancier français. Ses fables constituent des textes didactiques à visée moralistes, qui passent par la taxinomie Apologue, pour fonctionner. Son écriture est imprégnée de l'ordo neglectus classique et du piacere ducere, plaire et instruire

Nous allons d'ailleurs suivre cet ordre pour analyser ce texte, nous verrons dans une première partie les outils du piacere mis au service d'une reflexion sur la mort, puis ceux du ducere.

Il faut classer nos relevés précédents et les ranger dans les parties suivantes.

1/le piacere

Une narration poétique distrayante.

  • Les étapes du schéma narratif: les situations, et la surprise de la chute

  • la mise en vers: alexandrins à la langue fluide, rime simples, suivies, faciles à retenri

  • des personnages caractérisés à la caricature et la deception heureuse de l'horizon d'attente

2/ ducere

  • L'apologue qui passe par l'alterance d'un récit puis d'un discours

  • le sommaire fortement caractérisé , intégrant une pause narrative presque caricaturale, qui met en valeur la rapidité et la surprise de la scène

  • la morale, coeur de la réflexion, son mode de fonctionnement qui passe par la sagesse populaire

3/ (facultatif) pour candidat ayant de la culture générale

Les fables comme expression de la pensée Classique

  • un style maitrisé , l'ordo neglectus, la clarté et la simplicité, la poésie parlante

  • la réécriture

  • une philo de la mort qui est celle du temps, la contextualisation en effet en ces temps de misère montrent qu'il valait mieux prôner la vie à tout prix, tant les conditions étaient dures, esprit judeo chretien




conclusion, une vision de la mort comme fatalité que l'on veut éviter à tout prix.

L'esprit classique du jeu et de l'étude, la réécriture

mise en rapport avec les autres textes du groupement

Nous avons ici l'état d'une pensée populaire mise en évidence par l'auteur, pas son avis personnel. Nous sommes aux antipodes des textes de Sénèque, dans une morale opposée, mais nous avons également une vision de la mort qui loin de révéler l'humanité va au contraire être écartée pour la poursuite d'une vie de Sysyphe dénoncée par Camus. La mort ici est plus judéo chrétienne, et intervient comme une sanction finale.

Commentaires (1)

1. yhuik 25/04/2010

htfygjuy

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