ex de Ondine

 

 

est le titre d'un poème d'Aloysius Bertrand, tiré de Gaspard de la nuit (1842), un des premiers chefs-d'œuvre de la poésie en prose, dont le texte est disponible sur Wikisource.

L'œuvre a notamment inspiré Maurice Ravel, qui lui a consacré un poème musical (Gaspard de la nuit, 1908).

Louis Jacques Napoléon Bertrand, dit Aloysius Bertrand[1], né le 20 avril 1807 à Ceva (Piémont), mort le 29 avril 1841, à dix heures du matin, à l'hôpital Necker de Paris, était un poète français. Considéré comme l'inventeur du poème en prose, il fut l'auteur d'une œuvre posthume passée à la postérité, Gaspard de la nuit (1842).

AB fit partie des Romantiques de la première heure, et laissa à la postérité « l'invention » du poème en prose. Rimbaud connut le succès que l'on sait, et évinçat un peu ce grand et sensible poète. Nous allons voir comment ce mélange de discours et de fictoin autobiographique s'inscrit dans la taxinomie poétique et quelle vision poétique de la mort est donnée ici.


Ondine




Premiers repérages, relevés de sens, qui seront classifiés ensuite dans des cadres cohérents

 

Fées de l'onde, le masculin est ondin. Elfes de l'eau, origine païenne,

 

- " Ecoute ! - Ecoute ! - C'est moi, c'est Ondine qui
frôle de ces gouttes d'eau les losanges sonores de ta
fenêtre illuminée par les mornes rayons de la lune ;
et voici, en robe de moire, la dame châtelaine qui
contemple à son balcon la belle nuit étoilée et le beau
lac endormi.

les pronoms et l'impératif, les embrayeurs donc nous montrent un discours, de Ondine au Poète, univers onirique. Un univers est enclos dans l'univers décrit, celui que l'on trouve aussi dans Gérard de Nerval, l'univers médiéval de la dame à la tour. On note la participation de tous les sens (losanges sonores illuminés, moire) l'allitération en s (ces, losanges, sonores) le vocabulaire est nettement amélioratif (anaphore de beau)le passé et le rêve se confondent.

 

" Chaque flot est un ondin qui nage dans le courant,
chaque courant est un sentier qui serpente vers mon palais,
et mon palais est bâti fluide, au fond du lac, dans le
triangle du feu, de la terre et de l'air.

Le paysage apparent se modifie sous la vision du poete qui en éclaire les arcanes réelles (nature des flots) il y a création par le dénombrement (chaque, ) et l'anaphore de chaque. La phrase se balance sur la structure chaque qui. La description est à thème suivi, des flots vers le courant, du courant vers le palais, etc. Les trois éléments fusionnent dans un triangle mythique. L'auteur utilise des oxymores pour donner un caractère irréel au palais (palais, fluide)


" Ecoute ! - Ecoute ! - Mon père bat l'eau coassante
d'une branche d'aulne verte, et mes soeurs caressent de
leurs bras d'écume les fraîches îles d'herbes, de nénu-
phars et de glaïeuls, ou se moquent du saule caduc et
barbu qui pêche à la ligne ! "

*

l'interpellation « écoute... »intervient ici dans le rôle d'un refrain en même temps qu'il est une adresse au lecteur. On retrouve ici la « famille «  d'ondins » des imageries de légendes et de contes. On frôle aussi l'inventaire surréaliste dans la métamorphose des plantes et arbres en êtres vivants par les personnifications (le saule qui pêche) on note l'assonance en è, verte, caresse, fraiche, l'allitération en ch. L'adjectif est utilisé en abondance (caduc, fraiches coassante) sujbectifs tous et parfois en décalage sémantique avec le mot accordé.

 

On passe au récit

Sa chanson murmurée, elle me supplia de recevoir son
anneau à mon doigt pour être l'époux d'un
Et comme je lui répondais que j'aimais une mortelle,
boudeuse et dépitée, elle pleura quelques larmes, poussa
un éclat de rire, et s'évanouit en giboulées qui ruisse-
lèrent blanches le long de mes vitraux bleus.e Ondine, et
de visiter avec elle son palais pour être le roi des lacs.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le romantisme se montre ici de diverses manières, le retour vers un passé mythique et médiéval, la permanence du poete qui sait lire des signes (on note qu'à ce titre il est doublement précurseur

dans l'histoire racontée, qui rappelle beaucoup Aube de Rimbaud, et dans la manière de traiter le thème.

Dans l'éthos du poete capable de percer au dela des apparences, et de voir ce qui se cache derriere

dans le style lyrique et agréable.

Après ce relevé, la mise en ordre:

Nous allons voir comment le poête revisite la mort d'Ondine rejetée par son amour, dans un poème léger et révolutionnaire

1/ Un conte qui rompt les horizons d'attente.

  • Le monde de l'eau, description a thème éclaté

  • Un amour qui n'aboutit pas

  • une fin de compte qui rompt avec les attentes, et qui finit en giboulée

2/un poême en prose descriptif et narratif

  • la musicalité qui remplace la rime

  • les images, qui créent un monde poétique derrière le monde référentiel

  • l'univers créé

Le compositeur Ravel a tant aimé cette oeuvre qu'il l'a mise en musique, vous trouverez le lien dans le fichier sur le site.

On passe au récit, c'est le poète qui prend la parole, on est dans la scène proprement dite, une scène nettement dans le domaine du rêve, qui brasse tous les topis, la chanson (lorelei, les sirènes,) le murmure, la demande en mariage, les mots éllipsés, (immortels) jaillissant pas leurs contraires. On note l'irrationnel mis en valeur par la parataxe qui montre la succession d'actions contradictoires, la dérision et l'absence de drame, marquée par le passage du rire aux larmes, les couleurs successives(blanches, bleues)la transformation en giboulée, c'est le temps caractéristique du mois de mars, celui qui change tout le temps. L'univers des rois et reines se mêle aux ondins. Le refus du mortel traditionnellement dans le conte est sanctionné par la mort, douceur d'abord, punition ensuite, ici tout reste dans la légèreté.

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