prérequis sur l'Absurde et l'Existentialisme

 

Séquence 2

 

l'Etranger de Camus

 

    objectif : la fiction autobiographique, l'oeuvre complète, l'Absurde et Sisyphe, la littérature contemporaine, le style de Camus (absence idéale de style)

    objectif second: perspective diachronique du Determinisme

    1.Incipit:"Aujourd'hui Maman...à parler."

  • 2:dialogue avec Marie:"le soir, Marie...sa bouche"

  • 3°le meurtre:" C'était...  jusqu'à sur la porte du malheur."

  • 4°la plaidoirie de l'avocat:" après midi jusqu'à fatigué."

 

Séance 1

notion clef: les pré requis, Déterminisme, Absurde, Existentialisme

Le Determinisme

Le déterminisme ne devrait pas être confondu avec le fatalisme ni avec le nécessitarisme. Le nécessitarisme affirme la nécessité des phénomènes en vertu du principe de causalité, qui fait que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, rien n'arrive qui ne soit nécessaire et qui ne pouvait être prédit de toute éternité. Telle est la doctrine de Hobbes, de Spinoza ou de Diderot, qui s'accordent à nier le libre arbitre. Si le nécessitarisme relève essentiellement de la philosophie, le déterminisme relève au premier chef de la science. On peut le définir comme la nécessité des phénomènes par le principe de causalité, d'après une loi physico-mathématique qui fonde le caractère prédictif des événements. La distinction pourra sembler subtile, mais ce qui démarque fondamentalement le déterminisme du nécessitarisme, c'est que la nécessité déterministe n'est pas une nécessité philosophique ou spéculative, mais une nécessité calculable en fait, en droit ou, du moins, en hypothèse. Voir l'article fatalisme sur ce qui le démarque du déterminisme.

On distingue schématiquement le déterminisme régional et le déterminisme universel. Est régional le déterminisme qui gouverne un nombre fini d'éléments (le système boulet/obus est déterministe en ce sens : une fois donnés la force propulsive de la poudre, l'angle du canon par rapport à l'horizontale, la masse du boulet et la résistance de l'air, on peut calculer avec une très grande précision la forme et la durée de la trajectoire ainsi que, par conséquent, le point d'impact). Le déterminisme régional ne soulève aucun problème particulier : c'est un fait que de nombreux systèmes obéissent à des lois qui les rendent nécessaires). Seul le déterminisme universel, parfois qualifié de « déterminisme laplacien », est problématique : peut-on considérer l'univers dans sa totalité comme un système déterministe ?

L'idée du déterminisme universel fut esquissée la première fois par le baron d'Holbach :

« Dans un tourbillon de poussière qu'élève un vent impétueux ; quel qu'il paraisse à nos yeux, dans la plus affreuse tempête excitée par des vents opposés qui soulèvent les flots, il n'y a pas une seule molécule de poussière ou d'eau qui soit placée au hasard, qui n'ait sa cause suffisante pour occuper le lieu où elle se trouve, et qui n'agisse rigoureusement de la manière dont elle doit agir. Un géomètre qui connaîtrait exactement les différentes forces qui agissent dans les deux cas, et les propriétés des molécules qui sont mues, démontrerait que, d'après les causes données, chaque molécule agit précisément comme elle doit agir, et ne peut agir autrement qu'elle ne fait. »
    — Paul Henri Thiry d'Holbach, Système de la nature

D'Holbach se distingue des nécessitaristes tels que Spinoza ou Hobbes en affirmant la calculabilité de la nécessité. Mais c'est à l'astronome et mathématicien Pierre-Simon Laplace, que revient d'avoir affirmé le déterminisme universel dans toute sa rigueur :

« Nous devons envisager l'état présent de l'univers comme l'effet de son état antérieur, et comme la cause de celui qui va suivre. Une intelligence qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et la situation respective des êtres qui la composent, si d'ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ces données à l'analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l'univers et ceux du plus léger atome : rien ne serait incertain pour elle, et l'avenir, comme le passé, serait présent à ses yeux. L'esprit humain offre, dans la perfection qu'il a su donner à l'astronomie, une faible esquisse de cette intelligence. Ses découvertes en mécanique et en géométrie, jointes à celles de la pesanteur universelle, l'ont mis à portée de comprendre dans les mêmes expressions analytiques les états passés et futurs du système du monde. En appliquant la même méthode à quelques autres objets de ses connaissances, il est parvenu à ramener à des lois générales les phénomènes observés, et à prévoir ceux que les circonstances données doivent faire éclore. »
    — Pierre-Simon Laplace, Essai philosophique sur les probabilités (1814)

En vertu du déterminisme universel, l'intelligence qui connaîtrait avec une absolue précision la position et l'énergie de tout objet dans la position initiale pourrait calculer l'évolution de l'univers à tout moment du temps. Déterminisme est dans ce cas synonyme de prédictibilité. Cependant, il existe des systèmes déterministes non prédictibles (voir théorie du chaos).

Le déterminisme social est le modèle sociologique qui établit la primauté de la société sur l'individu.

 

A) Absurde viens du latin « absurdus » qui veut dire dissonant c'est le contraire de se qui échappe à toute logique. L'absurde comporte toujours une notion de comique exemple « le rire » de Bergson (produit un effet de non sens). Dans la littérature de son temps l'Anbsurde se manifeste par la Peste et l'Etranger de Camus, le théâtre de Ionesco, Beckett et Arrabal. La notion philosophique de l'Absurde se défini par se qui est dénué de tous sens préétablie. Au 19es le matérialisme est l'absence de croyances spirituelles, va conduire à une réflexion philosophique pessimiste initiée par Arthur Schopenhauer se théorie: « le monde comme volonté et représentation » beaucoup influencé la littérature de la fin du 19ème et du début du 20 ème siècle. Sartre va beaucoup réfléchir à cette philosophie et va créer l'Existentialisme qui postule que les individus créént le sens, et les sens de leur vie par opposition à ce qu'elle soit créer pour eux par des doctrine théologiques ou philosophiques. L'Existentialisme considère que chaque personne est un être unique et doit décider des valeur de son destin a une quelconque doctrine. Beaucoup d'auteurs ont formulé cette pensée: NIETZCHE, DOSTOÏSKI, KAFKA, KIRKEGOARD.

Tous vont parler dans leurs oeuvres d'absurdité et de pessimisme.

 

B) Camus et l'Absurde: il va commencer a parler du mythe de Sisyphe,

Son ascendance et sa descendance sont citées dans l'Iliade. Fondateur mythique de Corinthe, fils d'Eole. De son vivant, on dit que Sisyphe aurait fondé les Jeux Isthmiques en l'honneur de Mélicerte dont il avait trouvé le corps gisant sur l'isthme de Corinthe. Depuis l'époque d'Homère, Sisyphe conserve la réputation d'être le plus astucieux des hommes : il avait développé la navigation et le commerce, mais se montrait avare et trompeur et tuait les voyageurs. Il passe parfois pour le vrai père d'Ulysse.

Sisyphe est connu surtout pour s'être montré assez malin pour déjouer la Mort elle-même. Quand son heure fut venue et qu'elle vint pour le chercher, il l'enchaîna de sorte qu'elle ne put l'emporter aux Enfers. S'apercevant que personne ne mourait, Zeus envoya Arès délivrer la Mort. Mais Sisyphe avait plus d'un tour dans son sac et il avait préalablement convaincu son épouse de ne pas lui faire de funérailles adéquates. Ainsi, il put convaincre Hadès de le laisser repartir chez les vivants pour régler ce problème. Une fois revenu à Corinthe, il refusa de retourner parmi les morts. La Mort (ou même Hermès, selon certaines traditions) dut venir le chercher de force. Certains disent qu'il avait dénoncé Zeus dans une de ses aventures. Un jour, il vit un aigle immense enlevant une jeune fille et reconnut Zeus en lui. Quand Asopos rechercha sa fille, Egine, il révéla l'identité du ravisseur.

Pour avoir osé défier les dieux, Sisyphe fut condamné à rouler éternellement, dans le Tartare, un caillou jusqu'en haut d'une colline alors qu'il redescendait chaque fois avant de parvenir à son sommet, tel que raconté dans l'Odyssée. Toutefois, Homère ne faisait pas mention de la raison de ce châtiment. Certaines traditions justifient cette punition par la réputation de brigand et de malfaiteur que Sisyphe avait acquise de son vivant.

Interprétation [modifier]

Sisyphe, par Franz von Stuck, 1920
Sisyphe, par Franz von Stuck, 1920

D'après la théorie solaire, Sisyphe représente le soleil qui s'élève chaque jour pour replonger le soir sous l'horizon. D'autres y voient la personnification des marées ou des vagues qui montent pour soudain redescendre. Il peut s'agir aussi d'une métaphore de la vie elle-même où cette punition signifiait qu'il n'y avait de châtiment plus terrible que le travail inutile et vain. On perçoit l'absurdité du personnage tant dans le désespoir de tenter d'échapper à une mort inévitable, que dans la tentative d'achever un travail interminable.

Dans son premier essai philosophique, le Mythe de Sisyphe, Camus qualifie Sisyphe d'ultime héros absurde. Il y établit pourquoi la vie, malgré l'absurdité du destin, vaut la peine d'être vécue.

Ce mythe n'est pas exclusif aux traditions gréco-romaines. Il existe d'autres exemples de personnages qui parviennent à capturer la Mort en l'attachant dans un sac ou encore, en la cachant dans une bouteille de sorte que personne ne mourrait des années durant.


Sisyphe est l'homme puni pour son Hybris démesuré, il s'interroge sur l'absurde et se demande si la vie vaut d'être vécue, constate que pour la plupart des hommes la vie n'est qu'une habitude, l'homme qui se suicide est celui qui a pris conscience de l'absurdité et qui consent. La prise de conscience de l'absurdité fait naitre le sentiment d'Etranger. La certitude de la mort rend cette absurdité évidente.

Prise de conscience + révolte, liberté et passion: il est délié des règles communes, il doit donc multiplier les expériences lucides.

 

  1. Camus

Camus est né en Algérie, d'un milieu très pauvre (misère), il est né en 1913, l'endroit où il passe le plus de temps « la sordide plage des Sablettes » est l'endroit du meurtre de l'Etranger. Il sera atteint par la tuberculose. On l'appelle « l'homme révolté », il a écrit a peu près dans tous les domaines: essais, théâtre, roman. Sa littérature est très marquée par le soleil et la chaleur, il est tellement pur que bien que très pauvre il refuse le poste d'enseignant du lycée de Sidi Bel Abes.

Il est très influenceé par Nietzche, déchirement personnel d'un être attaché à sa terre mais qui sait qu'elle est une terre d'injustice. l'Etranger fait parti de la série des absurdes, Sisyphe, l'Etranger, Caligula. Dans les 3 cas, l'Absurde est déclenché par la mort de la femme aimée et dans les 3 cas le héros est condamné parce qu'il refuse de jouer le jeu. L'absence de conscience du bien et du mal s'y retrouve. Dans l'existentialisme et l'absurde il y a cependant une série de règles qui l'empêche de sombrer dans la sociopathie

 

Lucien Camus, père d'Albert est d'origine alsacienne et travaille dans un domaine viticole, près de Mondovi, pour un négociant de vin d'Alger. C'est dans ce département de Constantine que l'écrivain voit le jour. Lucien Camus est mobilisé en septembre 1914. Blessé à la bataille de la Marne, il meurt à l'hôpital militaire de Saint-Brieuc le 17 octobre 1914. De son père, Albert ne connaîtra qu'une photographie et une anecdote significative : son dégoût devant le spectacle d'une exécution capitale. Sa mère, d'origine espagnole, est sourde. La famille s'installe à Alger. Albert y fait ses études, encouragé par ses professeurs dont Jean Grenier - qui lui fera découvrir Nietzsche - et, auparavant l'instituteur Louis Germain qui fera en sorte qu'il puisse aller au Lycée. Il gardera une grande reconnaissance à celui-ci et lui dédiera son discours de Prix Nobel. Il déclame dans celui-ci un mot qui restera célèbre : "Ma patrie, c'est la langue française." Il commence à écrire très jeune et ses premiers textes paraissent dans la revue Sud en 1932. Après le baccalauréat il obtient un diplôme d'études supérieures en Lettres, section philosophie. Mais la tuberculose l'empêche de passer l'agrégation.

La stèle dédiée à Albert Camus face au mont Chenoua à Tipaza Alger  "Je comprends ici ce qu'on appelle gloire le droit d'aimer sans mesure"
La stèle dédiée à Albert Camus face au mont Chenoua à Tipaza Alger "Je comprends ici ce qu'on appelle gloire le droit d'aimer sans mesure"

En 1935, il commence l'écriture de L'Envers et l'endroit, qui sera publié deux ans plus tard. À Alger, il fonde le Théâtre du Travail, qu'il remplace en 1937 par le Théâtre de l'Équipe. Dans le même temps il quitte le parti communiste, auquel il avait adhéré deux ans plus tôt. Il entre au journal Alger Républicain, organe du Front populaire, créé par Pascal Pia. Son enquête Misère de la Kabylie aura une action retentissante. En 1940, le Gouvernement Général de l'Algérie interdit le journal. Cette même année, il se marie à Francine Faure, une pianiste et mathématicienne . Ils s'installent à Paris et travaille comme secrétaire de rédaction à Paris-Soir. C'est durant cette période qu'il fait paraître le roman L'Étranger (1942) et l'essai Le Mythe de Sisyphe (1942) dans lesquels il expose sa philosophie. Selon sa propre classification, ces œuvres appartiennent au « cycle de l'absurde » – cycle qu'il complétera par les pièces de théâtre Le Malentendu et Caligula (1941). En 1943, il est lecteur chez Gallimard et prend la direction de Combat lorsque P. Pia est appelé à d'autres fonctions dans la Résistance. En 1944, il rencontre Jean-Paul Sartre, avec qui il se lie d'amitié. Le 8 août 1945, il est le seul intellectuel occidental à dénoncer l'usage de la bombe atomique deux jours après l'attaque sur Hiroshima dans un éditorial resté célèbre, dans Combat[1]. En 1946, Camus se lie d'amitié avec René Char. Son œuvre littéraire se poursuit avec la production du « cycle de la révolte », qui comprend un de ses romans les plus connus, La Peste (1947), mais également deux pièces de théâtre et un essai tout aussi célèbres : L'État de siège (1948), Les Justes (1949) et L'Homme révolté (1951).

La rupture avec Jean-Paul Sartre a lieu en 1952, après la publication dans Les Temps modernes de l'article de Jeanson qui reproche à la révolte de Camus d'être « délibérément statique ». En 1956, à Alger, il lance son « Appel pour la trêve civile », alors que dehors, on hurle des menaces de mort. Il a été méconnu de son vivant par ses compatriotes, les Pieds-Noirs en Algérie et, après l'indépendance, par les Algériens qui lui ont reproché de ne pas avoir milité pour cette indépendance. Interrogé par un Algérien à Stockholm, il dira : « Je crois à la justice, mais pas avec les bombes. Entre ma mère et la justice, je préfère ma mère », ce qui lui sera souvent reproché. Toujours en 1956, il publie La Chute, livre pessimiste dans lequel il s'en prend à l'existentialisme sans pour autant s'épargner lui-même. C'est un an plus tard, en 1957, qu'il reçoit le Prix Nobel de littérature.

Il écrivit alors (19 novembre 1957) une lettre à son professeur d'antan, Monsieur Germain :

- Cher Monsieur Germain,
- J’ai laissé s’éteindre un peu le bruit qui m’a entouré tous ces jours-ci avant de venir vous parler de tout mon cœur. On vient de me faire un bien trop grand honneur (Camus venait d’apprendre que le Prix Nobel de littérature lui avait été décerné), que je n’ai ni recherché ni sollicité. Mais quand j’en ai appris la nouvelle, ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. Je ne me fais pas un monde de cette sorte d’honneur. Mais celui-là est du moins une occasion pour vous dire ce que vous avez été, et êtes toujours pour moi, et pour vous assurer que vos efforts, votre travail et le cœur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l’âge, n’a pas cessé d’être votre reconnaissant élève. Je vous embrasse de toutes mes forces[2].

Le 4 janvier 1960, au Petit-Villeblevin, dans l'Yonne, Albert Camus trouve la mort dans un accident de circulation à bord d'une Facel Vega FV3 conduite par son ami Michel Gallimard, le neveu de l'éditeur Gaston. La voiture quitte la route et percute un arbre qui la borde. Les journaux de l'époque évoquent une vitesse excessive (130 km/h), un malaise du conducteur ou l'éclatement d'un pneu, mais René Étiemble affirme : « J'ai longtemps enquêté et j'avais les preuves que cette Facel-Vega était un cercueil. J'ai cherché en vain un journal qui veuille publier mon article… »

Albert Camus est enterré à Lourmarin, dans le Vaucluse - où il avait acheté une maison dans la région que lui avait fait découvrir son ami le poète René Char. En marge des courants philosophiques, Camus a poursuivi une réflexion sur la condition humaine. Refusant de formuler un acte de foi en Dieu, en l'histoire ou en la raison, il s'est opposé simultanément au christianisme, au marxisme et à l'existentialisme. Il n'a cessé de lutter contre toutes les idéologies et les abstractions qui détournent de l'humain. En ce sens, il incarne une des plus hautes consciences morales du XXe siècle - l'humanisme de ses écrits ayant été forgé dans l'expérience des pires moments de l'espèce humaine.

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