Commentaire composé du portrait de Hauteclaire

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Cette femme, en effet, prenait encore plus le regard que l'homme qui l'accompagnait, et elle le captivait1 plus longtemps. Elle était grande comme lui. Sa tête atteignait presque à la sienne.2 Et, comme elle était aussi tout en noir 3, elle faisait penser à la grande4 Isis5 noire du Musée Egyptien, par l'ampleur de ses formes, la fierté mystérieuse et la force. Chose étrange! dans le rapprochement de ce beau couple, c'était la femme qui avait les muscles, et l'homme qui avait les nerfs... Je ne la voyais alors que de profil; mais; le profil, c'est l'écueil de la beauté ou son attestation la plus éclatante. Jamais, je crois, je n'en avais vu de plus pur et de plus altier. Quant à ses yeux, je n'en pouvais juger, fixés qu'ils étaient sur la panthère, laquelle, sans doute, en recevait une impression magnétique et désagréable, car, immobile déjà, elle sembla s'enfoncer de plus en plus dans cette immobilité rigide, à mesure que la femme, venue pour la voir, la regardait; et - comme les chats à la lumière qui les éblouit - sans que sa tête bougeât d'une ligne, sans que la fine extrémité de sa moustache, seulement, frémît, la panthère, après avoir clignoté quelque temps, et comme n'en pouvant pas supporter davantage, rentra lentement, sous les coulisses tirées de ses paupières, les deux étoiles vertes de ses regards. Elle se claquemurait.

- Eh! eh! panthère contre panthère! - fit le docteur à mon oreille; - mais le satin est plus fort que le velours.

Le satin, c'était la femme, qui avait une robe de cette étoffe miroitante - une robe à longue traîne. Et il avait vu juste, le docteur! Noire, souple, d'articulation aussi puissante, aussi royale d'attitude, - dans son espèce, d'une beauté égale, et d'un charme encore plus inquiétant, - la femme, l'inconnue, était comme une panthère humaine, dressée devant la panthère animale qu'elle éclipsait; et la bête venait de le sentir, sans doute, quand elle avait fermé les yeux. Mais la femme - si c'en était un - ne se contenta pas de ce triomphe. Elle manqua de générosité. Elle voulut que sa rivale la vît qui l'humiliait, et rouvrît les yeux pour la voir. Aussi, défaisant sans mot dire les douze boutons du gant violet qui moulait son magnifique avant-bras, elle ôta ce gant, et, passant audacieusement sa main entre les barreaux de la cage, elle en fouetta le museau court de la panthère, qui ne fit qu'un mouvement... mais quel mouvement!... et d'un coup de dents, rapide comme l'éclair!... Un cri partit du groupe où nous étions. Nous avions cru le poignet emporté: Ce n'était que le gant. La panthère l'avait englouti. La formidable bête outragée avait rouvert des yeux affreusement dilatés, et ses naseaux froncés vibraient encore...

 

1Captiver, animal, prisonnier

2Egalité entre l'homme et la femme

3Anaphore poètique

4Anaphore poètique

5Référence à une figure mythologique qui inspire la passion et qui renvoie aussi à la mort

 

Beaucoup d'éléments dans ce repérage, que nous pouvons ranger en trois plans

l'aspect physique de H

Elle est comparées à un homme, sur lequel elle a la suprématie, elle fait une taille inhabituelle, a une attitude inhabituelle est se repere exclusivement dans la champ lexical du regard

 

la joute avec la panthère

La situe doublement, elle fait passer la panthère à l'humanité, et la femme à la bête (anthropomorphisation, et animalisation) Elle permet de dresser le poirtait de la violence rentrée de H, elle permet de définir une partie de son caractère qui est récurrent. Le défit.

De ce duel nait un double sens

Il passe par "Le chiffon": soie et velours, on a un duel de femme qui nous renvoie à une autre femme, la comtesse, "je meurs mais je vous méprise" Hautelclaire a gagné ce duel, elle rejoue cette humilation-mort- avec la panthère, mise en abîme de l'histoire

enfin , humiliation et manque de grandeur

Elle "soufflette la panthère, elle l'humilie, elle se dégrade et se rabaisse.

 

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