Condorcet, cinq mémoires sur l'instruction publique

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Condorcet,

cinq mémoires sur l’instruction publique

1791

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objectifs

  1. 1.    l’argumentation
  2. 2.    l’essai
  3. 3.    convaincre
  4. 4.    l’importance de la disposition des arguments
  5. 5.    les connecteurs logiques
  6. 6.    la Philosophie des Lumières
  7. 7.    condition de la femme au XVIII

plan de séance

  1. 1.    texte et contexte
    1. a.     Condorcet
    2. b.    L’éducation de la femme au XVIII
    3. 2.    lecture analytique
      1. a.     sous résumé 1
      2. b.    sous résumé 2
      3. 3.    organisation vers le commentaire
        1. a.     Le texte
        2. b.    Un regard distancé
        3. c.     Finalisation , bilan des nouveautés et des éléments typiques du siècle

Tableau : Chardin, vision de la femme au XVIII (1740)

 


Condorcet, cinq mémoires sur l’instruction publique

Nous avons dans le cadre de cette séquence sur l’argumentation vu des exemples d’essais, d’apologue, de débats .

( demander aux élèves de citer les textes de Rousseau, Molière, Voltaire)

Voyons à présent un essai de Antoine de Caritat marquis de Condorcet

a/ texte et contexte

1/Condorcet

Mathématicien, philosophe, politologue français, né en 1743 et mort en 1794, il perd son père à trois ans et se trouve élevé par sa mère, puis en collège de Jésuite à Reims, avant d’intégrer un collège parisien (Navarre) Il occupe de haites fonctions et ses capacités le font remarquer de D’Alembert, dont il devient l’élève.

Il entre au ministère Turgot en 1774 , est amie avec Julie de Lespinasse, et défend le droit des noirs, des juifs et de femmes. Il fait partie des encyclopédistes et suit leur combat.

Il sera membre de l’Académie des sciences et de l’Académie francaise.

Il meurt pour des causes non encore éllucidées, après avoir fuit l’arrestation ;

2/La conditions des femmes au XVIII

La société occidentale du XVIII e siècle est une société chrétienne, qui a appris dans la Bible que la femme est née de l’homme, qu’elle l’a tenté avec la pomme et qu’elle est responsable des malheurs de l’humanité. Son infériorité est donc intrinsèque. Les femmes savantes sont ridicules, le succès de la pièce de Molière n’a pas faibli et un courant critique en 1680 d’origine religieuse  s’oppose à l’éducation des jeunes filles.

Celle ci se fait au couvent, dans les pensionnats des grands ordres féminins. Elle est réservée à l’élite. Bien que des écoles communales existent, elles restent l’apanage majoritaire des garçons.

On y enseigne à lire à écrire, à coudre ainsi que la religion car le but premier est de faire des femmes des religieuses et dans le pire, des épouses. Au XVIII on inculque aussi des préceptes moraux et des valeurs morales de castes.

Une femme postulerat à l’université et fera l’objet d’un débat pour la premiere fois en 1875, en Belgique

En 1789, le droit de vote des femmes n’est pas soulevé bien que Condorcet pense qu’elles doivent voter car elles constituent 50 pour cent de la population.

La femme est identifiée à la communauté familiale et totalement dépourvue d’identité individuelle. Les partisans de l’égalité politique sont très peu nombreux

B / lecture analytique

Cinq mémoires sur l’instruction publique, Condorcet, 1791

 

 

IL EST NECESSAIRE QUE LES FEMMES PARTAGENT L’INSTRUCTION DONNEE AUX HOMMES.

 

1° Pour qu’ elles puissent surveiller celle de leurs enfants.

 

L’instruction publique, pour être digne de ce nom, doit s’ étendre à la généralité des citoyens, et il est impossible que les enfants en profitent, si, bornés aux leçons qu’ils reçoivent d’un maître commun, ils n’ont pas un instituteur domestique qui puisse veiller sur leurs études dans l’intervalle des leçons, les préparer à les recevoir, leur en faciliter l’intelligence, suppléer enfin à ce qu’ un moment d absence ou de distraction a pu leur faire perdre.

 Or, de qui les enfants des citoyens pauvres pourraient-ils recevoir ces secours, si ce n’est de leurs mères, qui, vouées aux soins de leur famille, ou livrées à des travaux sédentaires, semblent appelées à remplir ce devoir ; tandis que les travaux des hommes, qui, presque toujours, les occupent au dehors, ne leur permettraient pas de s’y consacrer ?

 

 

 

Il serait donc impossible d’établir dans l’instruction cette égalité nécessaire au maintien des droits des hommes, et sans laquelle on ne pourrait même y employer légitimement ni les revenus des propriétés nationales, ni une partie du produit des contributions politiques, si, en faisant parcourir aux femmes au moins les premiers degrés de l’instruction commune, on ne les mettait en état de surveiller celle de leurs enfants.

 

 

 

2° Parce que le défaut d’instruction des femmes introduirait dans les familles une inégalité contraire à leur bonheur.

  Dailleurs, on ne pourrait l’établir pour les hommes seuls, sans introduire une inégalité marquée, non seulement entre le mari et la femme, mais entre le frère et la soeur, et même entre le fils et la mère. Or, rien ne serait plus contraire à la pureté et au bonheur des moeurs domestiques. L’égalité est partout, mais surtout dans les familles, le premier élément de la félicité, de la paix et des vertus. Quelle autorité pourrait avoir la tendresse maternelle, si l’ignorance dévouait les mères à devenir pour leurs enfants un objet de ridicule ou de mépris? On dira peut-être que j’exagère ce danger ; que l’on donne actuellement aux jeunes gens des connaissances que non seulement leurs mères, mais leurs pères même ne partagent point, sans que cependant on puisse être frappé des inconvénients qui en résultent.    Mais il faut observer d abord que la plupart de ces connaissances, regardées comme inutiles par les parents, et souvent par les enfant seux-mêmes, ne donnent à ceux-ci aucune supériorité à leurs propres yeux ; et ce sont des connaissances réellement utiles qu’il est aujourd hui question de leur enseigner.

Dailleurs, il s’agit d’une éducation générale, et les inconvénients de cette supériorité y seraient bien plus frappants, que dans une éducation réservée à des classes où la politesse des m urs et l’avantage que donne aux parents la jouissance de leur fortune, empêchent les enfants de tirer trop de vanité de leur science naissante. Ceux, d’ailleurs, qui ont pu observer des jeunes gens de familles pauvres, auxquels le hasard a procuré une éducation cultivée, sentiront aisément combien cette crainte est fondée

 

 

Importance du titre, qui respecte la hierachie en vigueur, l’inféodation perdure, par le mot partage, et du verbe donner, nous verrons le sens

La mise en page de l’argumentation est très rigoureuse, les arguments sont numérotés. Le texte est un discours embrayé par les pronoms personnels d’empathie « on » Langue simple, accessible, compréhensible de tous,

Le 1er argument : arg de logique. L’Instruction est donnée par l’etat. Ce don doit être profitable, ne doit pas être perdu. Le champ lexical de « donner recevoir » et du bénéfice est ici prédominant. // l’auteur ouvre le texte par un argument d’autorité,  il va de la cause à la conséquence. La phrase est longue, le propos calme et mesuré. // la logique argumentative va du don, à celui qui reçoit, et doit être en état de le faire, ce qui nécéssite un adjuvant l’instituteur domestique, lequel a pour mission de veiller, préparer, suppléer à cet enseignement reçu.

A la fin du premier paragraphe, le mot perdre intervient comme une menace, et l’évidence de la nécessité s’est installée

Le connecteur logique d’adjonction va examiner la situation familiale et faire de la femme l’intervenant de droit (c’est son role, son travail, elle est indissociablement attachée au devenir de la famille) nous notons les subordonnées relatives, parataxées, en figure d’insistance définissent le role de la femme

Si la figure maternelle est vouée, aux travaux, le père est occupé.

Opposition au dehors, sédentaires. Limpossiblité factuelle étant établie, par une question rhétorique qui ressemble au résultat d’une addition, Condorcet invite son lecteur auditeur à répondre à la question qui ?

Le conditionnel et le privatif précèdent les mots instruction et égalité, dans un effet d’insistance

Egalité, la première revendication des citoyens, c’est au nom de ce principe qu’argutie Condorcet. L’égalité est un devoir, argument d’autorité qui renvoie à la constitution. Puis vient l’argument du « porte monnaie ». Le pronom d’empathie on va faire participer le lecteur au « don », champ lexical de la finance publique, on de collectif > ce serait dépenser bêtement l’argent public de ne pas se servir des femmes pour faire des économies

Les femmes doivent être instruites pour instruire.

L’inégalité est au cœur du deuxième argument. Le mot post posé, bonheur, est mis en valeur, il s’agit à présent d’harmonie familiale (voir droit au bonheur, le cours précédent sur Rousseau) coordination de conséquence, d’ailleurs. La triple anaphore de la conjonction et, et le mariage par paires, induit le couple comme la norme, et donc l’égalité se fait sur le couple

Champ lexical du bonheur domestique.

La société se hiérarchise en référence à lafamille  (mère patrie, mère nation, etc) donc l’autorité de la mère est gage de paix

 

Vocabulaire péjoratif, image de la mère abîmée par l’ignorance. Rupture de l’harmonie familiale. Argument étrange dans la mesure où jusqu’à ce jour l’ignorance était la norme. La question rhétorique interpelle l’attention du lecteur, le conduit à acquiecer, l’argumentation se fait polyphonique, en intégrant celle de la partie adverse : mais avant on le supportait très bien, vous exagérez.

Réfutation de l’argu adverse, C. parle d’un temps nouveau, et donc d’une éducation nouvelle. Opposition de l’ancienne éducation,  marquée des sèmes d’inutilité, et considérée comme telle par l’ensemble des apprenants et famille (groupe parents, enfants) post position propres yeux, précédé du privatif, ne aucune. Le vieux système ne posait pas ce type de pb.

Le rhème est qu’aujourd’hui, (modalisateur d’intensité, réellement) l’enseignement est un bien utile, donc qui est du à tous. La nouvelle éduc  n’est pas une éducation de riche qu’il ne faut pas afficher, (réservée, politesse, fortune, vanité), une éducation de caste, inutile, non enviable, mais une éducation pour les plus démunis (deuxieme anaphore de pauvre,), le mot craint e répond au mot danger, ainsi, si la femme doit être éduquée, c’est parce que la nouvelle éducation crée un sentiment de supériorité

 

 

 

 

Vers le commentaire composé

 

Une argumentation double  ET ÉTRANGE pour l’éducation des femmes

 

 

La femme comme instrument

Tous les citoyens (masculins) ont droit au profit d’une éducation

L’état dépense, il faut que cela soit utilement

Seule la femme peut pallier aux problèmes logistiques

 

 

L’éducation nouvelle, comme bienfait pour tous

L’ancienne éducation n’était pas utile

C’était une éducation de caste

La nouvelle est un bien dont l’égalité exige qu’elle soit reçue de tous

 

 

Une curieuse façon de défendre les droits de la femme

La femme n’est pas un individu mais un vecteur

La femme est un bien familial

La femme ne doit pas être un objet de trouble

 

Nous avons vu que ce texte de Condorcet est novateur, il prone l’éducation pour tous, mais en mm temps emprunt des idées d’une autre époque, dans les moyens argumentatifs mis en œuvre. L’auteur y manie une langue fluide, simple, compréhensible de tous, s’appuie sur un raisonnement logique et d’autorité, et conduit son lecteur à l’adhésion. Toute idée nouvelle, finalement , n’est elle pas appelée à être dépassée dans sa formulation, quand elle est le fruit d’une époque ?

 

Fiche

L’éducation

La philosophie des Lumières

Le groupe des Encyclopédistes

Humanistes, Philosophes des Lumières

L’utilisation des connecteurs logiques

 

Le Bénédicité (49,5 x 38,5 cm, Paris, Louvre) et la Mère laborieuse (49 x 39 cm, même musée) sont tombés dans l'oubli dix ans après la mort de Louis XV, puis ont été redécouverts en 1845 : le siècle bourgeois apprécie les représentations des vertus bourgeoises qu'il oppose à la dissolution supposée générale des mœurs de la noblesse.

L'auteur anonyme d'un article du volume XVI du Magasin Pittoresque écrit en 1848 :

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