excipit,Derniers jours d'un condamné de Hugo

 

 

 

 

 

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A) Place du texte dans l'œuvre.

 

c'est le dernier texte de l'œuvre, c'est donc aussi le dernier écrit de cet homme qu'on suppose conduit à la mort juste après.

Ce texte est donc dramatisé d'office par sa situation dans le livre.

 

B) Structure du texte

 

de " un juge » jusqu'à « dire » => prolepse de se qu'il va arriver et des personnages en présence.

de « ma grâce » jusqu'à « je mords » => dans la deuxième partie le thème est la grâce

de « le juge » jusqu'à la fin => dans la troisième partie, le thème est seul contre tous, la mort.

 

C) analyse du texte sous forme de commentaire dans lequel nous verrons que les outils stylistique de Hugo sont toujours les mêmes.

 

La parataxe, l'antithèse, le pathos.

 

Problématique : Comment l'auteur s'y prend'il pour nous convaincre que la peine de mort est une ignominie ?

 

C'est se que nous verrons dans deux parties (voir trois parties) :

I- La fin d'un discours : un excipit .

II- L'argumentation qui se dégage de se texte

III- Le romantisme présent ici.

 

I- Nous sommes dans un excipit totalement conclusif, la parole sera retirée au narrateur à la dernière ligne,

et ou l'on sais qu'il va mourir. L'auteur joue sur la tension dramatique liée a se silence.

nous notons qu'il reçoit ses dernières visites qui sont celles d'un commissaire, d'un magistrat et d'un prêtre;

Ce sont les dernières personnes vivantes qu'il va voir à l'exception du peuple à l'extérieur.

Nous trouvons un sommaire et une longue scène, l'auteur fait donc entendre la voix du condamné une dernière fois.

Les thèmes sur la solitude, le refus de la grâce, la fin de l'espoir. Le condamné s'exprime par l'intermédiaire du discours direct qui fait entendre la voix au lecteur.

Le cérémonial des dernière minutes d'un condamné est complet : dernière visite, supplique et vision de l'extérieur (peuple, horrible peuple).

 

II- Voyons en quoi se discours peut constituer une argumentation.

 

Le texte s'ouvre par une parataxe, « juge, commissaire, magistrat ». L'homme est opposé a la foule de se qui rentre le voir.

Ici on trouve une animalisation qui passe par le mot espèce et qui renvoie à la barbarie des gens qui condamne.

Dans la phrase suivante, l'insistance va passer par le mot « deux » qui est un pléonasme ici.

Ce pléonasme vient en démonstration de sa posture de suppliant.

Isotopie de la mort avec l'adverbe « fatalement ».

On note la postposition du mot « dire» puis son anaphore répétée.

 

Les derniers jours d'un condamné, excipit, Hugo

Un juge, un commissaire, un magistrat, je ne sais de quelle espèce, vient de venir. Je lui ai demandé ma grâce en joignant les deux mains et en me traînant sur les deux genoux. Il m’a répondu, en souriant fatalement, si c’est là tout ce que j’avais à lui dire.
– Ma grâce ! ma grâce ! ai-je répété, ou, par pitié, cinq minutes encore !
Qui sait ? elle viendra peut-être ! Cela est si horrible, à mon âge, de mourir ainsi ! Des grâces qui arrivent au dernier moment, on l’a vu souvent. Et à qui fera-t-on grâce, monsieur, si ce n’est à moi ?
Cet exécrable bourreau ! il s’est approché du juge pour lui dire que l’exécution devait être faite à une certaine heure, que cette heure approchait, qu’il était responsable, que d’ailleurs il pleut et que cela risque de se rouiller.
– Eh, par pitié ! une minute pour attendre ma grâce ! ou je me défends, je mords !
Le juge et le bourreau sont sortis. Je suis seul. – Seul avec deux gendarmes.
Oh ! l’horrible peuple avec ses cris d’hyène ! – Qui sait si je ne lui échapperai pas ? si je ne serai pas sauvé ? si ma grâce ?… Il est impossible qu’on ne me fasse pas grâce !
Ah ! les misérables ! il me semble qu’on monte l’escalier…
QUATRE HEURES.

 

  • Quel premier renseignement obtenons-nous ici?

Le prisonnier cherche à échapper à la mort.

Le terme récurrent ici est Grâce

anaphore poétique de grâce, huit fois,

Il ne profite pas de ses derniers instants de sursit pour écrire, mais en réalité écrire lui permet de survivre

Axe un

  1. quels renseignements tirons-nous de cet excipit, est-il conclusif ?

Axe deux

  1. Quelle valeur argumentative , tirons-nous ici ?

Quelle forme l'apologue prend-il?

 

A/ Repérages:

La fin est ouverte, quatre heures...

 

« Un juge, un commissaire, un magistrat, je ne sais de quelle espèce, vient de venir. Je lui ai demandé ma grâce en joignant les deux mains et en me traînant sur les deux genoux. Il m’a répondu, en souriant fatalement, si c’est là tout ce que j’avais à lui dire.
– Ma grâce ! ma grâce ! ai-je répété, ou, par pitié, cinq minutes encore ! »

 

  • L'apostrophe: il appelle, il implore, « Ma grâce ». Interpeler un objet ou une abstraction.

(Rhétorique) Figure de style par laquelle un orateur interpelle brusquement soit des personnages morts, des vivants absents ou présents, soit même deschoses qu’il personnifie.

Démosthène a fait une admirable apostrophe aux morts de Chéronée dans son discours sur la Couronne.

L’apostrophe de Bossuet à Alger est un des plus beaux passages de son oraison funèbre de Marie-Thérèse.

« Un juge, un commissaire, un magistrat, » asyndète qui détermine deux choses, l'indétermination de la personne qui rentre et le fait qu'il est seul face à la société, représentée en un seul homme, mais se présentant comme plusieurs. Accumulation et désordre.

  • Le registre est lyrique et pathétique, connoté de poésie. Il fait toujours appel à l'empathie des lecteurs. (Lyrisme, sentiments tristes sur une forme musicale, donc souvent la poésie)

Pathétique, fait appel au pathos, à la pitié du récepteur, joue sur le récepteur.

Quand les procédés visent à créer des effets particulièrement forts, déclenchant des larmes d'effroi et de pitié mêlée, on parle de registre pathétique, l’adjectif pathétique venant du grec pathos, signifiant « passion, souffrance ». Le registre pathétique concerne tous les énoncés qui suscitent chez le lecteur une émotion violente, douloureuse, voire des larmes. Cette émotion peut être une fin en soi, mais aussi avoir une fonction argumentative et amener le lecteur à réagir, face à une injustice par exemple. Il se caractérise par une syntaxe de l’émotion (musicalité, phrases exclamatives ou interrogatives), des termes appartenant au réseau lexical de la souffrance et des sentiments violents, des hyperboles, des images fortes. L’émotion que ressent le lecteur est d’abord due au récit d’évènements malheureux (séparation, misère, mort) et au fait que le lecteur s’identifie au personnage qui les subit.

 

 

« Grâce »Poursuite de l' anaphore et de la personnification, suivi de « bourreau »(deux anaphores) « heures, » deux anaphores

 

On voit que le travail du style se produit sur l'insistance, la répétition ,pour heure c'est le raccourcissement de sa vie dont il est question.

  • Le mot rouillé renvoie à la guillotine, il y a une ellipse narrative, un renvoi à une horreur qui reste cachée.
  • La grâce prend la forme d'une allégorie attendue comme si elle allait venir pour le sauver

Allégorie:

Allégorie (nom féminin) vient du grec αλλος (allos), « autre », et αγορευειν (agoreuein), « parler en public ». Il s'agit d'une forme de représentation indirecte qui emploie une chose (une personne, un être animé ou inanimé, une action) comme signe d'une autre chose, cette dernière étant souvent une idée abstraite ou une notion morale difficile à représenter directement. En littérature, l'allégorie est une figure rhétorique qui consiste à exprimer une idée en utilisant une histoire ou une représentation qui doit servir de support comparatif. La signification étymologique est : une autre manière de dire, au moyen d'une image figurative ou figurée.

« Seul avec deux gendarmes »

  • Il est au milieu des autres, mais il est seul, seul au milieu des autres, reprise de l'idée développée au début du texte.

Oh ! l’horrible peuple avec ses cris d’hyène !

  • Métaphore nettement péjorative, le peuple est comparé à un animal vil

 

  • On note le rythme dans ce récit. Il utilise une typographie remarquable, la ponctuation: phrase exclamative et questions, ponctuation nettement émotive, angoisse qui passe par la ponctuation. La ponctuation passe nettement dans le pathos.
  • Oh ! l’horrible peuple avec ses cris d’hyène ! – Qui sait si je ne lui échapperai pas ? si je ne serai pas sauvé ? si ma grâce ?… Il est impossible qu’on ne me fasse pas grâce !
    Ah ! les misérables ! il me semble qu’on monte l’escalier…
    QUATRE HEURES.
  • Le texte est à la fois progressif et dynamique, mais reste suspensif, car la finale et la rupture brutale est clairement comprise par le lecteur. Dramatisation de la scène par la finale attendue et connue du lecteur, (mise en rapport du titre, « derniers jours, » ) le faux suspens établi par la grâce est démonté par la rupture finale.
  • La finale de la scène bascule dans le tragique; souriant fatalement...
  • les trois points de suspension.

Le point de suspension est l'impossibilité pour le lecteur de trouver les mots. Ici son impossibilité est dramatique. Fatale, on sait ce qu'il va se passer. La fin fermée est dramatisée à outrance, le lecteur est un voyeur en direct de la mort. La fin est conclusive totale.

L'auteur cherche à susciter une réaction par l'intermédiaire du pathos, il se sert du courant littéraire du Romantisme.

L'écriture agit ici comme une protection contre la mort

B/synthétisation et classement des relevés

Axe un

On apprend que le condamné va mourir, qu'il a attendu sa grâce, en vain,

La mort par décision de justice a pris ici la forme d'un condamné, elle s'est matérialisé, a pris les traits d'une allégorie, pour crier contre la mort, refuser la mort est inclure le lecteur.

Le Je qui écrit le texte, selon Victor Hugo lui-même, est un Je aussi peu particulier que possible, un Je abstrait, le « Je lyrique » du poïetès, signe, symbole, matérialisation pure d’une idée (entre parenthèses, voici une pierre dans l’opposition habituelle entre classicismes comme recherche de la vérité générale de l’homme, et romantisme, comme recherche de ses vérités particulières) :

1/

Un  excipit qui met fin à tous les pbs soulevés dans le livre

 

  1. il y a trois sous parties : une mort refusée
  2. une grâce très attendue
  3. la mort qui vient.

 

2/une argumentation contre la peine de mort qui passe essentiellement par l'assimilation lecteur personnage, et l'empathie provoquée:

 

  1.  L'utilisation des anaphores
  • Dans un but d'insistance
  • dans un but poétique de lyrisme
  • pour scander le texte
  1. l'utilisation des figures de comparaison, allégorie, synecdoque, métaphores
  • pour créer un effet de répétition
  • pour rendre la perception du désarroi plus intense (grâce tant souhaitée refusée) (présence du bourreau)
  • pour rendre la présence de la guillotine présente en arrière plan
  1. l'utilisation hugolienne de l'asyndète
  • permet d'opposer un homme contre tous ceux qui représentent la société
  • permet de multiplier les intervenants, même s'ils sont peu nombreux
  • écrase le condamné sous le désordre de sentiments contraires

 

conclusion

une argumentation indirecte, basée sur l'empathie, apologue au ressort lyrique évident, qui intègre le lecteur dans la mentalité d'un criminel

 

différence avec Meursault et la scène finale 

deux excipits, deux condamnés, deux prisons, deux fins attendues post posées: l'exécution.

mais

1/des personnage différentes: un identifié, un non, qui ne se réfère qu'à sa qualité de condamné

deux attitudes face à la mort: l'un accepte, et devient vivant, l'autre est vivant et meurt, deux attitudes opposées pour des êtres différents

deux problématiques différentes, l'une qui a trait à l'avancée de la mort, l'autre qui parle de réveil et de conscience, présence du bourreau dans l'une, du prêtre dans l'autre.

Deux :

une argumentation axée sur deux thèses et deux publics différents.

une argumentation contre l'absurde, la mort qui s'"inscrit en renaissance

une argumentation contre la peine de mort, la mort qui est un point cruel et définitif

une absence de style au service de l'argu

un style très orné au service de l'argu

 

 

 

 

dans l'axe deux:

 

Pour que le plaidoyer soit aussi vaste que la cause, il a dû, et c’est pour cela que Le Dernier jour d’un condamné est ainsi fait, élaguer de toutes parts dans son sujet le contingent, l’accident, le particulier, le spécial, le relatif, le modifiable, l’épisode, l’anecdote, l'évènement, le nom propre, et se borner (si c’est là se borner), à plaider la cause d’un condamné quelconque, exécuté un jour quelconque, pour une crime quelconque1

il s'agit dans apologue qui passe par une allégorie : nous sommes dans la peau d'un criminelle. Le « je » a un effet pervers pour nous mettre dans sa peau.

Il veut nous mettre en empathie avec le condamné à l'aide des anaphores (rythme musical, insistance), l'asyndète (accumulation,désordre, offenser le « je » au monde), puis l'allégorie (figure de comparaison) (mise en rapport)

il y a une synecdoque qui es tune forme de prolepse

 

 

 

 

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