les Essais de Montaigne, commentaire

SEQUENCE 7 : l’argumentation

 

Comment arrive-t-on, par le biais de la parole, à influer sur l ‘opinion d’autrui ?

 

Objectifs :

-Les outils de l’argumentation

-Reconnaître une argumentation, un courant littéraire de l’humanisme au siècle des lumières

 

Problématique : Selon l’époque, quelles situations d’enseignements sont préconisées par les auteurs

 

Support : Groupement de texte.

Séance 1 : support : Michel de Montaigne Les Essais

 

Objectifs :

-L’humanisme

-Un texte fondateur

-Vision de l’éducation humaniste

-Naissance de la langue française

 

A.   Texte et contexte

 

Michel de Montaigne est né en 1533 et mort en 1592. C’est donc à la fois un auteur de la renaissance humaniste et qui appartient à une des périodes les plus importantes dans l’histoire de la langue française car, en 1539, François 1er a promulgué l’ordonnance de Villers Cotteret, texte fondamental puisque c’est l’ordonnance qui impose la langue française comme langue officielle en France. La langue française remplace le latin comme langue officielle. Cet édit va être suivi par une promotion de la langue française faite par des écrivains réunis au sein de la Pléiade et dans lesquels on comptera Ronsart et Dubellay.

Durant la Renaissance, la France connaît une effervescence artistique et littéraire qui va conduire les auteurs à s’extraire de la langue latine et à imposer la langue française.

L’Humanisme est un courant littéraire culturel européen qui s’est développé à la Renaissance. Les auteurs renouent avec la civilisation gréco-latine en tant que source d’inspiration. Humanisme pour Humanités, les Humanités est le nom qu’on donne à ces textes gréco-latin. Les humanistes prônent la vulgarisation de tout savoir, la diffusion du patrimoine culturel avec une notion de libre arbitre (tolérance, indépendance, curiosité) indissociable de ce courant. L’Humanisme met en avant le développement des qualités essentielles de l’être humain.

L’Humanisme est un courant d’optimisme qui pense qu’il n’est aucuns savoirs inaccessibles au cerveau humain. L’Humanisme est un courant fondateur d’un point de vue philosophique aussi bien que littéraire car il a fondé le siècle des philosophes et parle des droits fondamentaux de l’être humain. Courant qui a aussi été critiqué car jugé trop orgueilleux car poussant l’homme à se penser supérieur. L’Humanisme est l’un des causes du schisme de la réforme car prônant le retour aux textes d’origines, écartant les gloses, il a conduit à la remise en question de l’interprétation des évangiles par l’Eglise Catholique à favoriser la réforme et bien évidemment les évangélistes.

A l’époque où Michel de Montaigne écrit, il se trouve prit dans les guerres civiles opposant la France à la Navarre. Il fait parti des auteurs qui ont vécus les difficultés liées aux guerres de religion. Michel de Montaigne profitera lui-même d’une éducation humaniste passant par deux préceptes majeurs : liberté, un esprit sain dans un corps sain.

Nous allons nous interroger pour savoir quels principes éducatifs sont valorisés par l’auteur et quelle éducation ils récusent. Pour ce faire, nous verrons dans une première partie les critiques qu’il adresse aux éducations du temps, dans une seconde partie l’éducation qu’il préconise, puis nous verrons l’humanisme du texte.

 lecture analytique, avant commentaire

L-1 : il résume dans cette première phrase les postulat dans ses précédents textes, il faut que les rapports maître élève doit être une relation d’amitié. La position post-posée de « furieux maistre » met en avant cette application.

L-2 : Géhenne = torture ou supplice. Pour mettre en valeur une façon d’apprendre qu’il critique, l’auteur utilise le mot « travail » et non pas le mot « labeur » à cause de ces origines latines liées à la souffrance et à la torture (tripalum) qui, associé à « géhenne », renvoi par double anaphore à la notion de supplice, l’apprentissage doit être un plaisir. Une figure d’insistance marque cette charge par la métaphore du « portefaiz ».

 

L-5 : la ligne 5 s’ouvre par une seconde négation insistant sur l’effet du type d’étude qu’il décrit qui est la fabrication d’être incomplet et de complexion (= corps) chétif.

 

L-6 : L’effet de cause à conséquence est clairement démontré puisque elle en fait des êtres humains inférieurs.

 

L-7 : L’auteur montre donc par antithèse placé aux points fort de la phrase qu’une éducation donne une image contraire de ce quelle désire.

 

L-8 : Nous avons la phrase précédente qui donne un exemple, exemple d’une éducation qui va au contraire de ce qu’elle réussit, Carneades qui devient une bête.

Carneades : philosophe du IIème avant Jésus Christ qui faisait parti de l’école stoïque et qui a négligé sont corps au point de devenir barbue et chevelu, un animal.

Culture générale :

-Le stoïcisme est un courant philosophique qui prône la froideur et l’absence d’attachement afin de ne pas souffrir du manque. En n’étant pas attaché, on ne souffre pas de la privation. 

-L’épicurisme est quasiment le contraire, c’est le fait de jouir de la vie dans toutes ses possibilités, de savoir jouir du temps présent et son mot d’ordre est carpe diem.

On a ici l’exemple qui marche avec l’argument qui précède.

 

L-8-9 : L’auteur se sert de l’ironie pour montrer à quel point l’étude approfondie de la science a isolée Carneades.

 

L 1 à 9 : Premier argument qui prouve que l’abus de science et d’étude conduisent à la bestialité

 

L-9-10 : Le « bon’heur » n’est pas le bonheur actuel mais sont sens dans l’étymologie. Montaigne s’oppose à cette éducation car elle faisait des gens sage tôt mais pas longtemps. Le thème est la sagesse et le rhème est qu’elle n’a pas de tenue. Les effets de l’argumentation classique sont que la sagesse ne dure pas.

 

L-11-12 : Le second argument est un argument d’autorité, un proverbe, lequel est contredit par « à la vérité ». L’auteur pose en antéposition et postposition les mots clefs de son argumentation, il utilise le pronom d’empathie « on » obligeant le lecteur à réfléchir sur ce qu’il voit autour de lui, « espérance » et « excellence » ont la même sonorité mais s’opposent, on foisonne de références stylistiques.

 

L-15 : L’asyndète énumérative d’opposition montre à quel point l’enseignement préconisé par Montaigne est universel et peut s’appliquer utilement partout, elle est renforcée par l’anaphore de « toute ».

 

L-16-17 : Le but essentiel de l’éducation de Montaigne est de former un homme et donc, la philosophie est la science fondamentale car, comme le dit l’auteur, elle se « mêle de tout ».

 

L-20-21 : Cette explication repose sur une antithèse entre des valeurs savante et les mots « rire », « bonne chère » et « assemblé ».

 

L-22 à 25 : incitation à une éducation par le plaisir, et dans ces plaisirs, la philosophie tien une part importante, donc, elle à droit de citer partout. C’est un argument supplémentaire, argument à contrario. Platon ayant écrit le Banquet, il démontre par l’argument que la philosophie, depuis toujours, est à son aise partout.

 

L-25 à 27 : L’éducation est bonne partout, elle est « salutaire ». Montaigne a dit : « Un esprit sain dans un corps sain », cette phrase confirme sa thèse.

 

L-30 : Réfutation de la thèse de la partie adverse, il s’agit d’un argument nouveau illustré par l’exemple « 

 

 

 

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