plaidoirie avocat, les derniers jours d'un condamné V.HUGO

 

Séance V

 

Culture générale autours de l’œuvre : date de l’abolition de la peine de mort,  9 octobre 1981 en France. Grande importance de la préface dite « à tiroir », elle annonce un projet d’écriture particulièrement innovant et qui en contient deux, une de 1829 et une de 1832. Cette double préface fait du récit à venir un double témoignage en forme de plaidoyer pour l’abolition de la peine de mort. Dans la préface on note combien l’auteur évite le pronom personnel « je » ; comme s’il s’effaçait devant son personnage et le discours à venir du condamné. On a une opposition entre le « nous » : Victor Hugo + les abolitionnistes et le « vous » : des partisans du maintient et de la condamnation à mort. Ce vous englobe le lecteur selon son opinion, il parait évident que sur ce type de texte l’examinateur abordera la tripartition entre convaincre délibérer, persuader. Maitriser thèmes thèse soutenus, thèses rejetées. Démontrer c’est prouver la véracité de la thèse défendue par des arguments irréfutables. Convaincre c’est amener  à reconnaitre quelque chose qui n’est  pas forcément vrai pour la majorité. Persuader fait appel aux sentiments. Ne pas oublier que ce livre ressemble beaucoup à  un journal intime donc chaque fois que vous ouvrirez vous trouverez le moyen de le mentionner.

 

Rappel sur les registres :


 Les différents registres :

-Comique (rire)
-tragique (terreur, pitié)
-dramatique (tension, suspens)
-pathétique (tristesse et compassion)
-fantastique (peur, angoisse, surnaturel)
-épique (admiration)
-lyrique (émotion, plainte, musique)
-oratoire (discours inspirant l’admiration)
-didactique (qui attrait à l’enseignement)
-épidictique (discours qu’on prononce à la mort de quelqu’un)
-polémique (indignation, contradiction)

-satirique (moquerie)


 

 

Axe 1 : son rejet du peine à perpétuité

Axe 2 : sa réaction face à la mort

Axe 3 : la valeur argumentative de ces deux éléments

 

Rejet de l’idée d’un emprisonnement à vie, qui passe par son changement de comportement à l’énoncé des paroles de l’avocat ; en effet au début ils sont souriants tout les deux : double anaphores du mot « souriant », présence du mot « léger », post position dans la phrase , du groupe  de mot : travaux forcés à perpétuité, ce mot entraine une rupture puisque tout d’un coup le condamné devient indigné et véhément , il s’indigne « plutôt  100 mort », anaphore du mot « mort » joint 2 fois un à point d’exclamation. Ici l’argumentation de Victor Hugo fonctionne par antithèse, il est logique qu’on ne donne pas à un condamné ce qu’il veut obtenir, s’il veut la peine de mort c’est quelle présente pour lui moins de caractère punitifs que la condamnation à perpétuité donc il ne faut pas lui donner la condamnation à mort. Donc Victor Hugo va s’appliquer à montrer combien la condamnation à mort est plus séduisante. On note aussi contradiction entre « indigné » et « plutôt » suivi de mort. La tirade du condamné dénonce son hypocrisie, il tient un discours qu’il ne pense pas, il considère la peine de mort comme impossible. Considérant que la peine de mort est une impossibilité Victor Hugo présente le personnage comme intensément vivant « jolie fleur jaune au soleil » qui est la métaphore de la vie.

Dans une deuxième partie nous allons voir sa réaction face à l’évidence de sa condamnation. De la même façon que nous l’avons vu dans « l’Etranger », les humains qui condamnent sont perçus comme une masse, troupe, mouvement assemblée, figure non identifiée, voilà comment ils sont vus. Enoncé du verdict, le choc de la condamnation, « sueurs froides, je m’appuyais pour ne pas tomber », « tomber » est post posé, le choc est violent VH cherche à nous le montrer par l’intérieur, par l’intermédiaire du pronom personnel « je ». Le défenseur donne un peu une notion de super héros, voila comment il appelle l’avocat, mais son discours est mis à distance car on ne l’entend même pas ; on note que le condamné s’exprime par une phrase très longue qui à pour effet d’intériorer complètement l’énoncé de la peine. On note la double anaphore du mot « peine », isotope de la douleur. Et cette fois le condamné tente de reprendre la réflexion précédente « plutôt 100 fois la mort », isotope du blocage : « non aucuns être humain ne peut accepter l’idée de mourir ». On entend en direct ni la voix du condamné, ni la voix du juge, sa douleur l’isole, et on voit que Victor Hugo insiste beaucoup sur l’opposition : les autres, moi. La séance du tribunal est présentée comme un genre de ballet funèbre, avec des entrées des sorties un peu incompréhensibles et on note que le mot « mort » est répété en tout 5 fois. L’auteur utilise toutes les périphrases pour signifier la même chose. Il va donc présenter cette condamnation comme une mort première. Un avant « palpiter, respirer, vivre et un après : clôture. Tout est la seule tout est fantôme, isotope du blanc et de la désincarnation.

 

Valeur et instrument argumentatif de ce texte : l’auteur utilise différents registre :

 

Le pathétique, le lyrique, le polémique et la satire quand il parle de la société. Ces arguments sont les suivants : la perpétuité est préférable  à la mort car il s’agit d’une véritable punition, la mort ne peut être donné que par des animaux elle  n’est pas le fait d’êtres humains. Dieu seul à le droit de punir et s’est s’arroger, se punir d’une prérogative divine que de punir de peine de mort. On note qu’il amorce les discours sur les conditions de vie du prisonnier : noire et sale voiture, la mort est donc un état dégradant aussi bien pour celui qui reçoit que pour celui qui le donne.

 

Conclusion : on doit noter ici le caractère exceptionnel de ce texte qui appartient à la littérature engagée mais qui à pour caractéristiques de soulever un débat 150 ans avant que la question ne soit résolue.

 

Conclusion sur l’œuvre : ce texte présente un caractère évidemment novateur car il traite d’une problématique totalement nouvelle pour l’époque, elle établie un usage original de l’apologue qui ne cherche plus à divertir comme dans Candide mais à frapper le lecteur au cœur, par ailleurs par le principe de la double énonciation, le jeu du personnage s’adresse aussi directement aux lecteurs et peut donc être considéré sur certains passages comme étant une argumentation pour convaincre. Nous avons vu que les figures dominantes de VH sont l’insistance anaphorique, l’asyndète (absence de connecteurs logiques)  et le jeu sur les discours (points communs avec Camus) mais contrairement à Camus le registre principal est le registre pathétique. Cette étude d’œuvre complète, s’est intégrée dans l’étude argumentative mais nous avons pu constater que quasiment tous les textes étudiés depuis la rentrée portent ce caractère en eux dès l’instant ou ils abandonnent la stricte objectivité. N’oublions pas, lors de nos révisions d’établir une mise en parallèle des thèmes traités dans cette œuvre avec ce qu’en à fait Camus.

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