com de Lorenzaccio, monologue de la folie

Mercredi 18 Mars 2009

Français : Séquence 4, séance 4 : Le drame romantique.

 

Objectif bac : Vers l’autonomie

Support : Musset, Lorenzaccio.

 

 

Texte et contexte.

 

A.      Fiche outil.

 

1789 : signe au pouvoir l’arrivée de la bourgeoisie française => modification de la littérature française. Les nobles ne sont plus des héros. Cela va se traduire par deux grosses évolutions : une dans le roman, avec la naissance du feuilleton et dans le théâtre par la naissance du drame romantique. Victor Hugo qui théorise le drame romantique dans la préface à Cromwell dans laquelle Hugo dit que la tragédie qui se cantonne au sublime et la comédie qui se cantonne au grotesque ne sont plus d’actualité. Le sublime et le grotesque doivent cohabiter dans un souci de vérité qu’on ne doit plus séparer la comédie et la tragédie. La préface à Cromwell deviendra le manifeste du théâtre romantique et fera de Victor Hugo le chef de file du romantisme. A sa suite, Musset et Dumas vont écrire des pièces dans cette obédience. Hugo n’a rien inventé, il s’inspire énormément du théâtre Shakespearien que son fils d’ailleurs va traduire.

 

B.      Texte et contexte de la scène

 

« Lorenzaccio » représente un tyran qui peut être Laurent le Magnifique  dirigeant Florence à l’époque de Botticelli. Il s’agit d’une interprétation libre dans laquelle Lorenzaccio est un personnage et un jeune homme plein d’idéaux que le peuple charge de tuer le tyran qui oppresse la ville. Il va devenir le confident du tyran, son meilleur ami, se rendre coupable d’acte aussi hideux et parvenu à la veille du meurtre, et très perturbé. Il va s’interroger sur le fait de passer à l’acte ou non. Et va se poser par la même la question de la rédemption ou non.

Motif de la pièce inspiré par George Sand : Une conspiration en 1527. Lorenzaccio c’est le Lorenzaccio qui est devenu dépravé.

 

Vers l’autonomie,

Les dix questions à poser

 

 

1.       Mise en page 

Théâtre. Bloc mais didascalies.

 

2.       Ponctuation 

Très émotive, mal géré, Emotion, voir délire, rupture de la parole, folie

Monologue, mais monologue de folie puisque parle à des personnes non présentes

 

3.       Thème du texte

Monologue délibératif (hésitation)

 

4.       Enonciation 

Discours théâtrale, « je » à tout le monde, dialogue à interlocuteur fictif

 

 

5.       Procédés grammaticaux :

Conditionnel, présent, impératif et futur ;

Conditionnel : « dirai » (L.1), « importerai » (L.2), il indique un acte possible à meurtre du tirant.

Présent : de vérité générale « Une heure est une heure » (L.9) et de narration « Voila, qui est fait » (L.8).

Le locuteur s’interroge des conséquence de son acte.

Impératif : ordre qui donne a ses interlocuteurs fictifs

Futur : projection d’un passé vécu à un futur proche.

Impératif pour les ordres qui donnent à ses interlocuteurs fictifs.

Les trois quarts des monologues sont des monologues de la folie. Le monologue de Dom Juan sur l’hypocrisie ne rentre pas dans cette catégorie. Etant les adjectifs sont peu représentés, par contre les phrases exclamatives sont très exclamatives 9, 10, 23 à 27, 28, 29, 30, 34, 60, 61, 64, 66, on peut ajustement parler que ce monologue est au style exclamatif. Nombreuses phrases nominales « pauvre fille » (L.6) « Bavardage humain » (L.23) « Défonceur de porte » (L.25), « sang du christ » (L.27) => blasphème, « maudite invention » (L.30). Nous sommes face à un homme complètement perdu dont les phrases sont rompues, la pensée fragmentée, l’affect très présent. C’est un monologue de la folie.

 

 

6.       Les outils grammaticaux

·         Rupture de phrases, (7-10) phrases nominales, (corps morts ! grands dé fonceurs de…)questions rhétoriques, interjections, apostrophes,(48) les oppositions( je veux boire, je ne veux pas boire)46

·         Importance des éléments extérieurs ( la lune parait 17 , l’horloge sonne 66)

·         Conditionnels, présent, infinitifs, Impératifs,

 

Indécisions, retour vers le passé, délire

Marque l’absence de cohérence de la pensée,

 

 

7.       Outils lexicaux :

 

Ce sont les champs lexicaux qui vont nous donner les divers thèmes de réflexion de Lorenzaccio. (Lorenzaccio est le diminutif péjoratif de Lorenzo.)

Le jeune homme est un sous tyran, il est en dessous, d’où le suffixe péjoratif.

Les thèmes tournent principalement des femmes que son maître a pervertit dont Sainte Catherine, femme (L.13), Jeannette (L.61) et enfin toutes les interpellations sur les coutumes ayant entré au rite du coucher de jeune fille. Toutes les prolepses du crime « je passerais pour rentrée, il posera son épée » (L.34).

Conséquence sur la mort de sa mère de Catherine : « ma mère » (L.50).

Ces thèmes montrent que le locuteur se projette dans ce crime et que ces conséquences sont lourdes et qu’il les anticipe, ce qui freine son envie. On trouve aussi champ lexical du temps avec l’horloge (L.66), l’heure (L.9). Le locuteur a une grande conscience du temps qu’il passe, ce qui le renvoie à sa mort. Grande importance du champ lexical de la mort « sang », « cote de maille », « épée », « mort », « baudrier », « gardes », « ma mère mourût », « crime, crime » et « dernier soupir ». Passage sur le tailleur de pierre (75-89), mise en rapport avec la mort.

Conclusion : notre personnage est prit entre les pulsions contradictoire que génère un acte effroyable.

 

8.       Figures de style :

 

Ø  Anaphores poétiques : « une heure est une heure », « les mots, les mots » (L.20)  « non, non » (L.26-49), « là , là » (L.35), « venons, venons » (L.41), « crime, crime » (L.53), « mignon, mignon » (L.85).

La vision d’un homme qui bafouille, qui bégaie dont la parole s’embrouille. Toutes les options anaphoriques de ce texte renvoient à la folie.

 

 

Proposition d’axe,

 

I.                    La prolepse d’un crime et ses conséquences

A.      Un personnage qui convoque le passé pour stimuler son courage.

B.      La prolepse et la mise en scène du crime

C.      Conséquences sur la mère et sur le peuple

 

II.                  Le monologue de la folie

A.      Un dédoublement de personnalité

(Une parole dédoublée : les anaphores, une parole rompue, un dialogue fictif.)

B.      Les ruptures thématiques

(Délibératif, progression éclaté)

C.      La folie qui se manifeste dans la gestuel (on traite de la ligne 80 a 89)

 

III.                Le drame romantique dans son application

A.      Mélange des registres : lyrique, pathétique, grotesque.

B.      Mélange des thèmes : la nuit de noce, le meurtre et sa mère

C.      Le mélange de la langue soutenue et de la langue familière.

 

 

Conclusion : Un texte dense et complexe qui doit s’analyser dans son double objectif de montrer un personnage prit dans les affres d’une décision difficile. Personnalité tourmentée, pure dans sa jeunesse, pervertit maintenant. Et enfin un texte qui applique la préface à Cromwell et ses règles dans un souci de vérité théâtrale.

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