cours d'Alex, théâtre

@font-face { font-family: "Arial"; }@font-face { font-family: "Calibri"; }@font-face { font-family: "Cambria"; }@font-face { font-family: "Tahoma"; }@font-face { font-family: "Franklin Gothic Heavy"; }@font-face { font-family: "Georgia"; }@font-face { font-family: "Rockwell Extra Bold"; }@font-face { font-family: "Tempus Sans ITC"; }@font-face { font-family: "DokChampa"; }@font-face { font-family: "MS UI Gothic"; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: 115%; font-size: 11pt; font-family: "Times New Roman"; }p.MsoListParagraph, li.MsoListParagraph, div.MsoListParagraph { margin: 0cm 0cm 10pt 36pt; line-height: 115%; font-size: 11pt; font-family: "Times New Roman"; }p.MsoListParagraphCxSpFirst, li.MsoListParagraphCxSpFirst, div.MsoListParagraphCxSpFirst { margin: 0cm 0cm 0.0001pt 36pt; line-height: 115%; font-size: 11pt; font-family: "Times New Roman"; }p.MsoListParagraphCxSpMiddle, li.MsoListParagraphCxSpMiddle, div.MsoListParagraphCxSpMiddle { margin: 0cm 0cm 0.0001pt 36pt; line-height: 115%; font-size: 11pt; font-family: "Times New Roman"; }p.MsoListParagraphCxSpLast, li.MsoListParagraphCxSpLast, div.MsoListParagraphCxSpLast { margin: 0cm 0cm 10pt 36pt; line-height: 115%; font-size: 11pt; font-family: "Times New Roman"; }div.Section1 { page: Section1; }ol { margin-bottom: 0cm; }ul { margin-bottom: 0cm; }

Séance 1 

Origine du théâtre, de la comédie et de la tragédie.

*

Nous voyons donc clairement se dégager deux informations majeures d’une part le rapport entre le théâtre et liturgie et d’autre part la fonction. Que nous voyons aussi clairement aussi c’est que la tragédie et la comédie n’ont pas le même but. De cette naissance nous allons dégager les différences fondamentales de cette tragédie et comédie.

Séance 2 – Support : adaptation de « Dom Juan » le film De Molière.

Commentaires film

 

Les ambigüités de Dom Juan : tragédie ou comédie ?             

Sganarelle, le valet a pour fonction de nous installer dans la comédie. A lui revient un certain nombre de scènes où on se prend à sourire. Cependant la final très spectaculaire de la pièce  nous pose un problème d’interprétation en effet nous pose un problème d’interprétation en effet par la mort du héros éponyme à l’acte final, nous nous retrouvons dans l’univers tragique. Nous nous interrogerons donc dans l’analyse de cette pièce sur la nature transgressive de Dom Juan au regard de la taxinomie en vigueur. Nous verrons également que selon les partis pris du metteur en scène, la nature comique de la pièce ou ces partis pris tragiques sont mis en valeur. Nous verrons aussi que Dom Juan représente la figure d’une altérité dérangeante en tant que symbole de l’irruption de l’Autre.  Dans les codes et les conventions : l’Autre une figure qui dérange.                                                                                                               

Séance 3 : Support : le Barbier de Séville

 

Objectifs :

-La double énonciation théâtrale

-Evolution des rapports maîtres et valet au XVIIIéme

 

A.   Texte et contexte

 

Mouvement d’humeur, mouvement d’esprit à l’aube de la révolution.

Pour comprendre et situer l’ensemble de la littérature qui a vue le jour au XVIIIème, il faut comprendre que la révolution ne s’est pas faite sur les quelques années qui précèdent 1789 mais qu’elle s’est mise en route un siècle plus tôt dés 1650, époque où la Fronde avait conduit le roi Louis XIV à bouleverser les fondement même de la société et à asseoir son pouvoir de façon tyrannique, de façon à éviter la contagion de l’Angleterre, laquelle vient de décapiter son roi. Pour ce faire, il rassemble à Versailles une noblesse dont la fonction d’origine était de protéger les travailleurs qui, dans une France essentiellement agricole, doit, pour se justifier, assurer leur sécurité. Or, concentré à Versailles, ils n’assument plus cette fonction, laissant la paysannerie en proie aux ravages de bandes armées, de fléaux, etc. Coupés de leurs racines, la noblesse continue cependant de percevoir impôts et autres taxes, perçus d’autant plus illégitimes qu’ils ne reçoivent plus aucunes autres contreparties. Le coût de la vie à Versailles ruine cette noblesse qui augmente les contributions tandis que la France est ravagée par la peste. Famines et maladies acculent le peuple aux extrêmes tandis que parallèlement, le monde intellectuel se livre à des réflexions de plus en plus contestataires sur le régime en place.

« L’Encyclopédie » de Diderot D’Alembert, les réflexions conjuguées de philosophes comme Voltaire, Rousseau, Montesquieu vont lentement faire germer l’idée que la royauté et la noblesse ne servent à rien. Au début du XVIIIème, on réfléchit sur l’idée d’un changement sans l’envisager alors qu’à partir de 1750, la critique se fait plus acerbe et les notions de « bonheur individuel » commencent à voir le jour.

Il ne faut pas concevoir la pièce, Le Barbier de Séville, comme un divertissement contestataire mais comme une pièce reflétant les idées du temps et qui fut approuvée par le roi.

 

B.   L’auteur

 

Beaumarchais est un des écrivains les plus atypiques de la littérature française. Fils d’horloger (Pierre Augustin Caron), il invente un mécanisme (le mécanisme d’échappement) qui permet de réduire considérablement la taille des montres mais ce métier ne lui plaît pas. Il épouse une veuve qui meurt très vite lui laissant la terre et le nom de Beaumarchais. Il sera successivement espion pour le roi, il contribue à financer la révolution américaine, il est titulaire d’un brevet de chasse qui lui permet de percevoir des droits et a donc droit de justice, il est négociant dans de nombreux domaines, il sera même celui qui, entrant dans la Bastille prise par les révolutionnaire, va en vendre les pierres que l’ont retrouve dans la construction des maisons de la rue de Beaumarchais, laquelle mène à la place de la Bastille.

Sa première pièce, Le Barbier de Séville, sera suivie du Mariage de Figaro dix ans plus tard et de La Mère Coupable en 1893 et qui seront les premières pièces de théâtre à ne pas avoir de fin conclusive puisqu’elle se font suite les unes des autres. Les deux premières ont connues un succès jamais démenti et ce d’autant plus qu’elles ont étés transposées en musique dés le XVIIIème pour un succès constant.

 

C.    Le principe de la double énonciation : compréhension et utilisation

 

La déconstruction amorcée par Beaumarchais des règles du théâtre classique commence par réduire les contraintes : règle d’unité mal menée, règle gouvernent l’exposition non respectée, idem pour le dénouement (qui n’est plus conclusif). Nous ne sommes pas encore dans la révolution du drame romantique mais, à partir de Beaumarchais et jusqu’au théâtre de l’absurde, cet art ne va plus cesser d’évoluer.

Notre scène présente deux personnages : Figaro et le Comte Almaviva. L’ouverture se fait in medias res pour l’action concernant le Comte et son amoureuse mais l’action début avec la pièce pour ce qui a trait aux nouveaux rapports Figaro – le Comte. En effet, lorsqu’ils se retrouvent, ils ne sont plus liés n’aucune façon. Nous allons voir que Beaumarchais réinvente le personnage du valet, donne au rapport maîtres et valets une autre dimension  et permet un type de la comedia dell’arte de devenir un personnage à part entière. Nous analyserons cette scène au travers des questions suivantes :

 

I.               Le portrait du Comte

 

  1. Une situation convenue
  2. Un personnage désagréable
  3. Le Comte comme type littéraire

 

II.              Le portrait de Figaro

 

  1. Un homme extraordinaire
  2. Du type au personnage
  3. Des rapports maîtres et valets modifiés

 

III.            Un texte argumentatif

 

  1. Critique de la société
  2. Critique du monde littéraire
  3. Vers la révolution française

 

Voyons donc dans une première partie quel portrait du Comte Almaviva se dégage de ce texte

 

I.              Le portrait du Comte

 

a.    Une situation convenue

 

Situation convenue ? (= stéréotypé) : Depuis l’école des femmes, l’école des mari, Molière, on ne badine pas avec l’amour, Musset.

 

Le trio mari femme amant, parcours la littérature et ce depuis la comedia dell’arte, situation banale et classique.

Amant = Comte

Dame = Rosine, convoité par un vieux et le jeune comte

Situation banale, l’amant sous les fenêtre qui attend que la jalousie s’ouvre, le valet comme adjuvent : Sganarelle, Scapin n’ont pas fait mieux auparavant, situation d’énonciation totalement connue

 

 

 

b.    Un personnage désagréable

 

Le personnage du comte est déplaisant. L’éthos interne du comte se dégage

Le pathos : action que le discours a sur les gens qui l’écoute

L’éthos : concerne l’émetteur du discours

Le Comte utilise un langage péjoratif (« grotesque » ligne 3, « Coquin » ligne 5, « maraud » ligne 7), il n’hésite pas à insulter, voir à menacer (« si tu dis un mot » ligne 7). Le Comte est totalement obnubilé par son histoire personnelle et n’écoute Figaro que pour se donner une contenance, « ayons l’aire de jaser » dit-il, il se fait Lindor, mise en abîme, masque sur le masque, ce qui donne une liberté de ton à Figaro pour lui permettre de répondre. Les rapports entre Figaro et le Comte nous montre une sympathie volubile du coté du valet, quelques répliques courtes d’un maître occupé ailleurs et qui, en fait, n’est qu’un prétexte à la présentation de Figaro. Sachant qu’au théâtre, celui qui parle le plus détient le pouvoir, c’est Figaro qui maîtrise la scène

 

c.    Le Comte comme type littéraire

 

Par le peu de longueur de ses réplique, par sa situation sous la fenêtre de la femme aimée et par son arrogance, le Comte ne se différencie pas du personnage de l’amant tel que pratiqué dans la comedia dell’arte alors qu’il en va tout autrement pour Figaro.

 

II.            Le portrait de Figaro

 

a.    Un homme extraordinaire

 

Contrairement aux règles classiques, Figaro se présente tout seul et refait pour le spectateur le chemin de sa vie. Dés les premières répliques, il se dégage de lui une indépendance d’esprit qui le place aussi bien socialement qu’intellectuellement dans une catégorie qui n’a plus rien à voir avec celle occupée par Sganarelle ou Arlequin. D’abords, il a exercé des métiers indépendants, voir des métiers intellectuels, et donne le sentiment que c’est sa singularité qui lui nuie car elle n’est pas en rapport avec ce qu’on attend de lui à son époque. Ce valet souffre de l’humiliation (ligne 9), du fait que, malgré de réelles compétences, il n’obtient pas les résultats qu’il souhaite (ligne 24), il a été desservi (ligne 33), il a été la victime des préjugés de son temps (ligne 43, 44). Il s’est essayé deux fois au théâtre (lignes 36 et 56) mais n’a pas été couronné de succès. Nous assistons aux divers rebonds et sursauts d’un home qui essaye de sortir de sa condition. Son parcours de vie raconté sur le registre ironique pose le portrait d’un homme véritable. Depuis Marivaux, on veut croire au théâtre que la vérité d’un homme passe par la vérité de la langue qu’il utilise, le registre de langue de Figaro est soutenu voir érudit, c’est donc un homme au dessus de sa condition.

 

b.    Le Comte comme type littéraire

 

Nous avons un renversement des valeurs, les rapports maîtres et valets bouleversé. Clairement, l’horizon par cette scène rapproché du titre nous conduit à espérer une pièce qui ferait de Figaro le personnage principal au contraire de toutes les pièces traitant du même sujet jusqu’alors. Nous notons par ailleurs la subordination volontaire de Figaro à son maître. Ici (ligne 76), nous constatons que l’assujettissement est bien volontaire.

 

III.          Un texte argumentatif

 

a.    Critique de la société

 

Formalisation de l’axe III du Barbier de Séville

 

Pièce de théâtre : Méthode :

Il faut toujours, dans une première partie de votre étude, vous attacher à la compréhension des informations sur les personnages ou sur l’action qui sont données dans le texte, c'est-à-dire, de quelle manière cette scène prépare-t-elle l’action et la compréhension de la suivante.

Exemple : comment le personnage évolue-t-il, quels renseignements donne-t-il qui peuvent servir l’action, bref, faire une lecture horizontale de l’histoire.

Dans un deuxième temps, il faut s’interroger sur ce qui passer du singulier au général, c'est-à-dire, ce qui va relever du fait social ou du fait humain et qui peut critiquer, remettre en question ou viser à une action quelconque sur la réflexion du spectateur. Cette partie conative ou itérative au sens des fonctions du langage s’analyse comme une argumentation avec recherche de l’argumantatio, de la dispositio et de l’elocutio.

 

L’argumentation de Figaro se décompose en trois parties. Il attaque dans un premier temps la noblesse ayant été précédé dans cette action par le comte dont l’agressivité du discours assez primaire s’oppose à l’ironie subtile et à l’autodérision de Figaro, ce dialogue contient quelques unes des phrases de référence les plus connues de la littérature (ligne 43 « persuadé qu’un grand nous fait assez de bien quand il ne nous fait pas de mal » ligne 50 « Aux vertus qu’on exige d’un domestique »). Nous voyons aussi que malgré toutes ses compétences, il ne doit son premier emploi dans les Aras qu’à l’appui de son maître et encore, ceci n’est-il pas l’emploi auquel il était destiné. Lorsque Figaro parle de bonté familière, nous notons l’ironie par antiphrase car il vient de se faire insulter. Le mot familier indique une habitude, un comportement « normal », l’antiphrase, qui est une figure typique de l’ironie, met cette critique en valeur.

 

La république les lettres fait l’objet de la deuxième critique de Figaro. En effet, il s’est essayé au métier d’auteur, on a ici une mise en abyme du propre parcours de Beaumarchais (la première mouture de la pièce à fait l’objet d’un bide ce que nous travaillons ici est un deuxième jet auquel nous pouvons donc percevoir les échos de l’accueil premier qui a été fait). Il commence non pas par le théâtre mais par la poésie (ligne 37) et le mot d’esprit « imprimé tout vif » où le mot « imprimé » remplace « brûlé » suivi de « tragique » montre assez les difficultés qu’il a rencontré. Il se déplace mais réitère (ligne 56) et parle à ce moment la (ligne 60) de trucages qu’on utilise pour créer un faux succès à une pièce : ce qu’on appel la « claque ». De la ligne 60 à 65, les jeux de mots (« mains comme des battoirs » etc) indiquent les précautions en usage dans une représentation. Cette fois il a affaire à la cabale (cabale comme celle des Dévot qui a fait tomber Tartuffe et Dom Juan). Nous relevons (ligne 72) que selon Figaro, on peut maudire ces juges durant 24 ans, il affirme clairement ici la valeur argumentative du théâtre et justifie l’appellation de ce troisième axe. Du reste, les deux mot du Comte (« colère joyeuse ») pourraient éventuellement constituer les axes de cette partie argumentative, colère contre les nobles, colère contre le milieu des lettres, et joie de vivre inerrente à ce personnage. Pendant la critique la plus virulente (ligne 76 « répulique des loups » « armée ») constitue le monde des lettres comme une armée, mais (ligne 80), la parataxe (« moustique » « maringouins) transforme la meute en nuage de moustique ce qui est nettement péjoratif, lequel est parvenu à assécher les dernière velléité d’écriture de Figaro. Cependant, il ment, car l’ouverture du rideau nous le montre entrain de composer les vers d’une chanson et, si on poursuit la logique qui assimile Figaro à Beaumarchais, nous constatons que le projet n’est pas abandonné. De la ligne 87 à 90, nous avons encore l’une les phrases les plus célèbres de la littérature « sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur », maxime que bien évidemment vous devez savoir par cœur.

 

Ainsi, dans cette présentation, Figaro propose de lui-même un double portrait, celui de son chemin de vie : ce qu’il dit, et ce qui se dégage de son esprit brillant par les métaphores filées, les antithèses, les antiphrases, les rapprochements d’images, et qui nous le pose comme un être en perpétuel rebondissement doué de grandes capacités sur lequel un sort injuste s’est clairement acharné sans jamais parvenir à entamer cet optimisme joyeux qui lui fait énoncer « je me presse de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer », autre phrase culte à savoir par cœur.

 

Conclusion : l’intégralité de la scène nous pose la situation convenue d’un amant sous les fenêtres de la femme qu’il aime discutant avec un valet. Cependant, l’extrait présente la double caractéristique d’une scène de présentation du personnage principale, le valet, et d’une argumentation contre certaines des mœurs du temps. Pièce portant des valeurs et des réflexions propres à l’époque, comédie non classique car l’arrivé en scène du personnage principal n’est pas différé et il se présente lui-même. Comédie cependant tout de même, puisque, il s’agit de deux personnages ordinaires dans une situation « ordinaire », contemporaine de l’époque de l’écriture.

 

Extrait fondamental dans une perspective diachronique du théâtre dans la mesure où il constitue, à la fin du XVIIIème, le début du séisme qui saisira le théâtre suivit du drame romantique et aboutissant au théâtre de l’absurde ou après que l’intrigue ai été déconstruite puis l’illusion théâtrale ce soit enfin le langage qui est dénoncé comme ultime bastion de cet art oral autant qu’écrit.

 

Je vous invite donc à faire une fiche auteur, phrase, place de la pièce dans l’illusion du théâtre, valeur de l’auteur comme écrivain engagé, et de la savoir par cœur.

Séance 4 : support : le Mariage de Figaro

 

Objectifs

-La trilogie de Beaumarchais

-Argumentation et théâtre

-Beaumarchais, un homme de son temps

 

A.   Texte et contexte

 

Voir Barbier + film

Il se passe 10 ans entre le Barbier de Séville et le Mariage de Figaro, 10 années durant lesquelles Beaumarchais s’est fort peu occupé de littérature. Il menait une vie active d’homme d’affaire, d’espion, de marchant et n’écrivit la suite du Barbier que sur la demande express de ses fidèles, créant donc une grande première : une suite à une comédie. Nous retrouvons donc les mêmes personnages : le Comte et son épouse qu’il a obtenue à la fin du Barbier, Figaro sur le point de se marier mais dont les projets matrimoniaux sont contrecarrés par le Comte qui souhaite exercer une variante du droit de cuissage. Notre extrait se situ au moment où Figaro pense qu’il va surprendre le Comte et sa futur épouse à un rendez-vous galant, il est donc persuadé d’être cocu. Il va nous livrer ici l’histoire de sa vie comme dans l’acte I scène 1 du Barbier mais en 10 ans, le ton a durci. Ainsi, nous allons examiner dans cette scène quelles cibles argumentatives sont visées par Beaumarchais, ce que nous verrons en trois parties, dans une première partie où nous examinerons les renseignements donnés par le personnages sur la situation scénique, un deuxième axe où nous verrons l’argumentation que Beaumarchais adresse aux spectateurs, dans un troisième axe, nous nous interrogerons pour définir quelles évolutions se remarque dans les rapports maîtres et valets.

 

I.              Le monologue de la folie : qui est Figaro ?

 

Cette scène a recours au comique de situation puisque Figaro va surveiller une femme qu’il croit être la sienne, il croit être trompé et le Comte ne sais pas qu’il a affaire à sa femme. Figaro est fou de colère, colère d’homme bafoué, et fou colère populaire et de l’homme opprimé.

L-1 : Question rhétorique qui contient la thèse de Figaro, sa vie a été très bizarre.

L-2 : Son ignorance en matière de filiation ouvre des horizons d’attente classiques dans une comédie, il est possible qu’il retrouve ses parents avant la fin de la pièce. Nous notons une asyndète (L-1 à 5) qui insiste sur la multiplicité des conditions successives occupées par le serviteur. Cette phrase est importante aussi car elle montre que malgré les aléas de sa naissance, Figaro veut rester honnête ; le mot « honnête » est postposé avant le « ; » ce qui le met en valeur mais l’incise exclamative « repoussé » montre à quel point c’est difficile.

La phrase 5 montre comme il a multiplié les apprentissages dans une parataxe remarquable (« chimie » « pharmacie » « chirurgie ») à laquelle le modalisateur « à peine » donne une finalité dans le mot « vétérinaire » postposé, nous notons encore le « ! ». Son second changement de condition s’effectue alors au travers de la métaphore de la noyade. Le « ! » nous indique avant même les détails que son entreprise ne sera pas couronnée de succès.

L-7,8 : « Je broche une comédie dans les mœurs du sérail » la parataxe est un des outils principaux de Beaumarchais.

L-10 : parataxe destiné à nous montrer le nombre de pays contrariés par sa pièce et qui s’oppose à « pas un ne sait lire ». Synonyme de « meurtrir l’omoplate » : donner des signes d’amitié, geste qui vient en antithèse avec « chien de chrétien », il y a donc ici un troisième échec.

Ce texte est plein de maxime, c'est-à-dire, des sortes de petits proverbes, de mots d’esprit typiques du temps et de l’auteur :

L-14 : « ne pouvant avilir l’esprit, on se venge en le maltraitant »

L-15 à 18 : nous trouvons diverses métaphore qui nous ramènent à la pauvreté « joue creuse » « huissier », et nous constatons aussi que l’art théâtrale, étant un art déclamatoire, certains mots sont mis en valeur par la rime « mon terme était échus […] en frémissant je m’évertue» met en valeur la détresse qu’il ressent à ce moment. Métaphore de la prison par l’image du fiacre qui rentre dans le château fort : la Bastille.

L-20 : « Laissai l’espérance et la liberté » Nous avons ici la reprise à l’identique des mots gravé sur la porte mythique des Enfers telle que décrite par Dante, par le biais de cette phrase, le lecteur a la vision de l’Enfer. La didascalie « il se lève » montre que nous sommes dans un monologue de la folie où il s’agite, se parle à lui-même et s’énerve.

L-20 à 25 : nous avons l’une des phrases les plus célèbres de la littérature française « sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur », « les sottise imprimée n’ont d’importance qu’aux lieu où l’on en gêne le cours », « il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écris ».

 

Il n’y a pas de précédent dans la littérature d’un auteur qui réécrit dans le même genre et sur le même sujet, à plus forte raison dans le théâtre où, en principe, il n’y a pas de suite. Dans cette analyse quand vous serez en révision, pensez à établir entre ces deux textes des ponts ressemblances, différences, afin d’être prêt à répondre à des questions éventuelles à ce sujet de vos examinateurs.

 

Pour quelles raisons, un auteur reste-t-il inscrit dans le Panthéon ? alors que de toute évidence, chaque siècle produit des centaines d’auteurs et que le critère n’est, ni à la quantité (Baudelaire : une œuvre majeur), ni au genre.

Nous donnerons une première réponse à cette question en notant la parfaite adéquation entre les auteurs retenus et les préoccupations du temps observées à posteriori. Nous voyons aussi que les précurseurs ou les théorisateurs tiennent une bonne classe. Enfin, à l’exemple de Racine, Corneille et Rotrou (trois auteurs de tragédie de la même époque), on ne retient pas forcément ceux qui ont le plus plût mais plutôt les plus emblématiques.

 

L-25 : le mot « obscur » renvoi à la banalité de la condition du prisonnier qui ne mérite même pas d’être emprisonné (ceci établi une antithèse avec la coalition précédemment nommée de tous les pays musulmans : s’il n’est rien, pourquoi l’avoir emprisonné ?).

L-26 : l’auteur montre un nouveau soubresaut de la vie de Figaro. La multiplicité des tâches accomplies, leur variété et la capacité de Figaro à rebondir démontre donc son intelligence, établi un contraste avec ce qu’il est (serviteur), il faut donc bien voir là une critique du temps qui laisse si peu d’espace et d’avenir aux hommes de valeurs.

L-27 à 33 : L’accumulation en parataxe scandée par les négatifs anaphorisés « ni », insistent sur tout ce qui est interdit de faire et viennent en oppositions avec les mots « liberté » et « libre » qui deviennent alors ironique. Evidemment, les « ni » viennent aussi en opposition avec le « tout » de « tout imprimer » mais la encore contredit par le mot « censeur ». Ayant écarté des thèmes de sa publication absolument tout ce qui peut présenter un intérêt, il arrive fatalement à la rédaction du « journal inutile », mais, même lui est supprimé. Encore un soubresaut, cette fois l’emploi n’est pas nommé, il faut donc voir ici un principe de généralisation, tout ce qu’on sait est qu’il était accessible à Figaro, ce qui a pour effet premier et immédiat de l’évincer.

L-36 : le jeu de mot entre « calculateur » et « danseur » équivaut à son actualisation « intellectuel » et « sportif », il y a donc volonté d’opposer les contraires pour montrer en L-38 que dans cette société, la valeur et la compétence n’ont aucunes places

L-37 à 41 : Il parle du domaine des jeux, il dénonce leur gangrène par la corruption et donc change une fois de plus de métier.

L-44 : Il indique qu’il est en bout de course, on a ici la métaphore du suicide par la noyade lorsque Dieu le renvoi à son premier métier c'est-à-dire barbier.

L-47 et 48 : il raconte comment il a rencontré le Comte et la fin de son périple.

 

Résumé de cette lecture analytique :

Ce texte se partage en deux de renseignements, la première renvoi à tout ce qui concerne la vie de Figaro et les diverses étapes professionnelles qu’il a exercé, la seconde est une critique des mœurs du temps qui passe par la critique de la société des lettres et la troisième est la critique de l’impossibilité pour quelqu’un de valeur à arriver selon des règles honnêtes. Mise en rapport avec le texte du Barbier, ressemblances : on y retrouve les mêmes diverses étapes du parcours de Figaro, les même difficultés à parvenir à un statut sociale acceptable, on apprend cependant qu’il est de parents inconnus ce qui sera lourd de conséquences pour la fin de la pièce ; différences : la critique sociale est clairement plus affirmée, les phrases plus tranchées, on sent une nette progression dans la contestation. Lors du commentaire composé d’un texte semblable, c'est-à-dire qui présente une double caractéristique, vous veillerez toujours soigneusement à conserver deux ensembles cohérents, d’une part les informations d’une lecture horizontale et qui attrait à tout ce qui concerne l’action de la fiction, d’autre part, une lecture verticale qui va de l’auteur aux lecteurs ou spectateurs et qui a, celle là, une visée argumentative. Ce qui vous constitue en principe déjà deux axes.

Séance 4 – Support acte 1 scène 1

Objectif : Vers le commentaire composé d’un monologue

 

Nous sommes en présence d’un extrait de l’acte un, scène 1 de Molière. La scène d’exposition, Molière est un auteur du XVIIème siècle qui appartient au courant littéraire du classicisme. Le Dom Juan a été écrit pour remplacer à l’affiche le tartuffe, interdire par la câble des dévots. Dom Juan est une comédie qui traite de la fin de vie d’un homme épousant une femme tous les mois avant de l’abandonner. Cette pièce a fini par créer le mythe. Nous allons voir dans une première partie ce que nous apprenons sur l’action et dans une seconde partie, quel portrait de Dom Juan se dégage ici.

Séance 5 : Support Dom Juan Molière

Objectif : La dissertation : les bases. Comment répondre à une diffusion littéraire.

Sujet : En quoi le théâtre peut-il être un bon moyen argumentatif.

A.    Généralité

a)     Gestion du brouillon

 

Nous sommes en présence d’un corpus de texte proposant : nom d’auteur, titre, date. (Donc, Molière, Préface de Tartuffe, 1669). Toujours penser à un placement diachronique (étalé dans le temps).  Ici nous avons un diachronique qui traite des objectifs du théâtre. Suite à une réflexion de Molière, nous nous interrogeons sur le théâtre est un art qui présente la double caractéristique d’être écrit et mise en voix (ou mise en scène).  Révérenciel, phatique, poétique, métalinguistique, itérative. La fonction conative c’est pousser quelqu’un à faire quelque chose par le baie du langage . Est-ce qu’un texte écrit et qui est mise en scène peut modifier la façon de penser ou d’agir des gents ?    Faut toujours que l’axe qui ressemble le plus à votre façon de penser soit au plus près de la conclusion. La dernière phrase d’une dissertation est une interrogation d’ouverture générale. Toute dissertation comprend trois parties, trois sous parti, un exemple par sous parties.
Moyen mémo technique : PHREGS : Philosophique. Historique. Religieux. Économique. Géographique. Scientifique.

 

 

Séance – 6, méthodologie de la dissertation. Correction du brouillon

Retour sur prérequis

 

Fin du XVIII siècle Beaumarchais et Diderot réfléchissent

Séance 7 : Support : textes de J. L. Barrault

Vision de l’Avare de Molière par Louis de Funes.

Objectifs : la mise en scène, le rôle du costume du théâtre.

 

   Premier rôle : donner un renseignement sur l’époque.
Seconde rôle : différencier les classes sociales des personnages. Cela permet aussi de faire rentrer les différents personnages dans un type littéraire. Quand un personnage devient si connu que sa simple vue en permet l’identification. Exemple : L’Arlequin, Colombine, etc.

 Troisième rôle : Il renseigne aussi sur la hiérarchie du personnage, les uns avec les autres.

Quatrième rôle : Quand il vient au service du comique ou de la dynamique de la pièce quand son état donne un renseignement utile à l’action.

Séance 8 – Théâtre et représentation.

Tragédie, comédie :

Support : extraits du « Capitaine Fracasse «  de Théophile Gautier

La commedia dell’arte

Les types théâtraux

Extraits d’archives de L’INA sur l’Avare.

 

La commedia dell’arte remonte au XV et XVI siècle en Italie et se joue sur la base d’un dialogue improvisé qui agit à partir de la dernière phrase d’une réplique. Cette phrase est reprise à la réplique suivante. Elle s’appuie sur un jeu très canonique qui s’attache aussi aux costumes lequel doit être immédiatement identifiable par le spectateur. Le choix des couleurs, donc, des formes, n’est jamais le fruit du hasard. Mais doit être considéré comme un langage au même titre que le texte. L’évidence du rôle créatif du metteur en scène nous apparait clairement qu’il soit dans une continuité ou dans une rupture. L’objet nous l’avons vu avec Jean Daniel Laval, appartient à la mise en scène. Il valorise un message ou un autre. Nous avons vu avec le Capitaine Fracasse le mode de vie des comédiens, la vie de la troupe, la répartition des rôles. Et nous devons constater à quel point le théâtre conserve vivace ces racines, qu’il revisite cependant sans cesse. La comédie ballais nait avec Molière et elle entrecoupe la représentation de la comédie, les spectacles musicaux. C’était d’autant plus facile à Molière que son meilleur ami était Jean Baptiste Lully, le compositeur. Lully demande au roi et l’obtient le monopole de tout spectacle musical inclut dans une comédie excédant plus de cinq chanteurs. Molière, refusant de lui payer des droits, il a adapté son théâtre à cette nouvelle exigence. Le mélange théâtre chant explose à la fin du XVIIIème siècle, se transformant en opéra : exemple, le Barbier de Séville ou le roi s’amuse. Qui sont des opéras sont à la base des textes de théâtre. Mais son succès ne sait pas démenti. Donc dans une réflexion diachronique sur le théâtre, nous sommes obligés d’intégrer l’opéra

 

 

 

 

Séance 9 support : la tirade de l’inconstance de Dom Juan
Objectifs : argumentation et théâtre

 

Situation de l’extrait. Notre extrait se situe au tout début de la pièce au moment ou Dom Juan rentre en scène. Sganarelle vient de le présenter et Dom Juan justifie son inconstance.

 

a)     Texte et contexte

Dom Juan met en scène un homme qui va périr des effets de l’inconstance. Ainsi donc quand il en fait l’éloge alors qu’il s’agit d’un défaut, on peut penser que le principe de la double énonciation transforme cet éloge en blâme. On appelle cela l’éloge paradoxal c'est-à-dire l’éloge pour quelque chose de blâmable. C’est une argumentation dont nous allons étudier la composition. La thèse de Sganarelle est exposée dans les trois premières lignes « pourquoi veux-tu qu’on se lie » et est aussitôt réfuter par Dom Juan dès la fin de la question rhétorique. Triple anaphore de la thèse de Sganarelle qui à chaque fois la rend plus négative. Le verbe renoncer est le privatif plus. Il répète encore cette thèse être fidèle sous une autre forme, se piquer d’un faux honneur d’une fausse gloire. Se venter d’un faux orgueil.  Se piquer est un terme d’époque péjoratif, qui va constituer une antiphrase. Nous voyons que pour Dom Juan la fidélité c’est la mort avec le champ lexical de la mort « ensevelir, mort ». L’anaphore de « dieu », montre que l’homme fidèle est un homme aveugle. La double négation « non, non » marque la modalisation d’intensité c'est-à-dire la force du refus de Dom Juan. Dom Juan va usé d’une métaphore filée fonctionnement sur le principe suivant : Dom Juan est un trésor, tout le monde a le droit à un trésor s’il ne se réserve qu’à une seule, il prive toutes les autres. Champs lexical du droit et du vol. Il renverse donc la morale s’il est inconstant c’est par devoir.  Il retourne l’image du prédateur et de la proie. Lui et la victime, la proie, la beauté est le prédateur. Ainsi, il ne se montre plus comme agissant mais comme subissant.

 

Comment Dom Juan argumente t-il son éloge de l’inconstance.   

 

Nous pouvons voir dans cet extrait le champ lexical du combat : « combattre, forcer, résistances, oppose, armes » et manie ces mots pour en faire une arme de séduction pour manipuler difficilement le cœur des femmes.

 

Séquence 3 le théâtre.

Différence, tragédie et comédie

 

Support : don Juan, de Molière

Objectif : origine et fonction du théâtre

Évolution du Théâtre, tragédie, comédie, le classicisme, le baroque

 

Objectif 2 : le commentaire composé d’une pièce de théâtre.

Séance 2

Objectif : Baroque et classicisme : tragédie et comédie dans leur contexte.

Comprendre la pièce dans son contexte historique et comprendre les problèmes qu’elle a posés.

Dom Juan est écrit à l’apogée du classicisme et pourtant, combien de points dans cette pièce sont baroques. Que faut-il a une pièce pour qu’elle soit classique ?

Une comédie, est dite classique et régulière quand :

Elle est en vers (tout le long). Ces personnages sont des gens ordinaires (pas grands de ce monde). Elle se déroule en un seul lieu mais un lieu ordinaire. Elle ne continent qu’une seule action principale. L’action est contemporaine de l’époque de l’écriture.

De plus, elle s’ouvre « in medias res ». Et tous les personnages sont annoncés dans l’exposition. Scène de dénouement totalement.

Dom Juan : 5 actes => oui. Vers => non. Tous les personnages annoncés en premier acte => non. Unité de lieu => non. Unité d’action => non. Personnage du peuple => !  

Nous pouvons voir que la pièce pose de nombreux problèmes y compris dans son classement de la comédie régulière. C’est une pièce qui échappe à cette taxinomie.

 

 

 

 

 

 

Séance 4 : support : le Mariage de Figaro

 

Objectifs

-La trilogie de Beaumarchais

-Argumentation et théâtre

-Beaumarchais, un homme de son temps

 

B.   Texte et contexte

 

Voir Barbier + film

Il se passe 10 ans entre le Barbier de Séville et le Mariage de Figaro, 10 années durant lesquelles Beaumarchais s’est fort peu occupé de littérature. Il menait une vie active d’homme d’affaire, d’espion, de marchant et n’écrivit la suite du Barbier que sur la demande express de ses fidèles, créant donc une grande première : une suite à une comédie. Nous retrouvons donc les mêmes personnages : le Comte et son épouse qu’il a obtenue à la fin du Barbier, Figaro sur le point de se marier mais dont les projets matrimoniaux sont contrecarrés par le Comte qui souhaite exercer une variante du droit de cuissage. Notre extrait se situ au moment où Figaro pense qu’il va surprendre le Comte et sa futur épouse à un rendez-vous galant, il est donc persuadé d’être cocu. Il va nous livrer ici l’histoire de sa vie comme dans l’acte I scène 1 du Barbier mais en 10 ans, le ton a durci. Ainsi, nous allons examiner dans cette scène quelles cibles argumentatives sont visées par Beaumarchais, ce que nous verrons en trois parties, dans une première partie où nous examinerons les renseignements donnés par le personnages sur la situation scénique, un deuxième axe où nous verrons l’argumentation que Beaumarchais adresse aux spectateurs, dans un troisième axe, nous nous interrogerons pour définir quelles évolutions se remarque dans les rapports maîtres et valets.

 

II.            Le monologue de la folie : qui est Figaro ?

 

Cette scène a recours au comique de situation puisque Figaro va surveiller une femme qu’il croit être la sienne, il croit être trompé et le Comte ne sais pas qu’il a affaire à sa femme. Figaro est fou de colère, colère d’homme bafoué, et fou colère populaire et de l’homme opprimé.

L-1 : Question rhétorique qui contient la thèse de Figaro, sa vie a été très bizarre.

L-2 : Son ignorance en matière de filiation ouvre des horizons d’attente classiques dans une comédie, il est possible qu’il retrouve ses parents avant la fin de la pièce. Nous notons une asyndète (L-1 à 5) qui insiste sur la multiplicité des conditions successives occupées par le serviteur. Cette phrase est importante aussi car elle montre que malgré les aléas de sa naissance, Figaro veut rester honnête ; le mot « honnête » est postposé avant le « ; » ce qui le met en valeur mais l’incise exclamative « repoussé » montre à quel point c’est difficile.

La phrase 5 montre comme il a multiplié les apprentissages dans une parataxe remarquable (« chimie » « pharmacie » « chirurgie ») à laquelle le modalisateur « à peine » donne une finalité dans le mot « vétérinaire » postposé, nous notons encore le « ! ». Son second changement de condition s’effectue alors au travers de la métaphore de la noyade. Le « ! » nous indique avant même les détails que son entreprise ne sera pas couronnée de succès.

L-7,8 : « Je broche une comédie dans les mœurs du sérail » la parataxe est un des outils principaux de Beaumarchais.

L-10 : parataxe destiné à nous montrer le nombre de pays contrariés par sa pièce et qui s’oppose à « pas un ne sait lire ». Synonyme de « meurtrir l’omoplate » : donner des signes d’amitié, geste qui vient en antithèse avec « chien de chrétien », il y a donc ici un troisième échec.

Ce texte est plein de maxime, c'est-à-dire, des sortes de petits proverbes, de mots d’esprit typiques du temps et de l’auteur :

L-14 : « ne pouvant avilir l’esprit, on se venge en le maltraitant »

L-15 à 18 : nous trouvons diverses métaphore qui nous ramènent à la pauvreté « joue creuse » « huissier », et nous constatons aussi que l’art théâtrale, étant un art déclamatoire, certains mots sont mis en valeur par la rime « mon terme était échus […] en frémissant je m’évertue» met en valeur la détresse qu’il ressent à ce moment. Métaphore de la prison par l’image du fiacre qui rentre dans le château fort : la Bastille.

L-20 : « Laissai l’espérance et la liberté » Nous avons ici la reprise à l’identique des mots gravé sur la porte mythique des Enfers telle que décrite par Dante, par le biais de cette phrase, le lecteur a la vision de l’Enfer. La didascalie « il se lève » montre que nous sommes dans un monologue de la folie où il s’agite, se parle à lui-même et s’énerve.

L-20 à 25 : nous avons l’une des phrases les plus célèbres de la littérature française « sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur », « les sottise imprimée n’ont d’importance qu’aux lieu où l’on en gêne le cours », « il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écris ».

 

Il n’y a pas de précédent dans la littérature d’un auteur qui réécrit dans le même genre et sur le même sujet, à plus forte raison dans le théâtre où, en principe, il n’y a pas de suite. Dans cette analyse quand vous serez en révision, pensez à établir entre ces deux textes des ponts ressemblances, différences, afin d’être prêt à répondre à des questions éventuelles à ce sujet de vos examinateurs.

 

Pour quelles raisons, un auteur reste-t-il inscrit dans le Panthéon ? alors que de toute évidence, chaque siècle produit des centaines d’auteurs et que le critère n’est, ni à la quantité (Baudelaire : une œuvre majeur), ni au genre.

Nous donnerons une première réponse à cette question en notant la parfaite adéquation entre les auteurs retenus et les préoccupations du temps observées à posteriori. Nous voyons aussi que les précurseurs ou les théorisateurs tiennent une bonne classe. Enfin, à l’exemple de Racine, Corneille et Rotrou (trois auteurs de tragédie de la même époque), on ne retient pas forcément ceux qui ont le plus plût mais plutôt les plus emblématiques.

 

L-25 : le mot « obscur » renvoi à la banalité de la condition du prisonnier qui ne mérite même pas d’être emprisonné (ceci établi une antithèse avec la coalition précédemment nommée de tous les pays musulmans : s’il n’est rien, pourquoi l’avoir emprisonné ?).

L-26 : l’auteur montre un nouveau soubresaut de la vie de Figaro. La multiplicité des tâches accomplies, leur variété et la capacité de Figaro à rebondir démontre donc son intelligence, établi un contraste avec ce qu’il est (serviteur), il faut donc bien voir là une critique du temps qui laisse si peu d’espace et d’avenir aux hommes de valeurs.

L-27 à 33 : L’accumulation en parataxe scandée par les négatifs anaphorisés « ni », insistent sur tout ce qui est interdit de faire et viennent en oppositions avec les mots « liberté » et « libre » qui deviennent alors ironique. Evidemment, les « ni » viennent aussi en opposition avec le « tout » de « tout imprimer » mais la encore contredit par le mot « censeur ». Ayant écarté des thèmes de sa publication absolument tout ce qui peut présenter un intérêt, il arrive fatalement à la rédaction du « journal inutile », mais, même lui est supprimé. Encore un soubresaut, cette fois l’emploi n’est pas nommé, il faut donc voir ici un principe de généralisation, tout ce qu’on sait est qu’il était accessible à Figaro, ce qui a pour effet premier et immédiat de l’évincer.

L-36 : le jeu de mot entre « calculateur » et « danseur » équivaut à son actualisation « intellectuel » et « sportif », il y a donc volonté d’opposer les contraires pour montrer en L-38 que dans cette société, la valeur et la compétence n’ont aucunes places

L-37 à 41 : Il parle du domaine des jeux, il dénonce leur gangrène par la corruption et donc change une fois de plus de métier.

L-44 : Il indique qu’il est en bout de course, on a ici la métaphore du suicide par la noyade lorsque Dieu le renvoi à son premier métier c'est-à-dire barbier.

L-47 et 48 : il raconte comment il a rencontré le Comte et la fin de son périple.

 

Résumé de cette lecture analytique :

Ce texte se partage en deux de renseignements, la première renvoi à tout ce qui concerne la vie de Figaro et les diverses étapes professionnelles qu’il a exercé, la seconde est une critique des mœurs du temps qui passe par la critique de la société des lettres et la troisième est la critique de l’impossibilité pour quelqu’un de valeur à arriver selon des règles honnêtes. Mise en rapport avec le texte du Barbier, ressemblances : on y retrouve les mêmes diverses étapes du parcours de Figaro, les même difficultés à parvenir à un statut sociale acceptable, on apprend cependant qu’il est de parents inconnus ce qui sera lourd de conséquences pour la fin de la pièce ; différences : la critique sociale est clairement plus affirmée, les phrases plus tranchées, on sent une nette progression dans la contestation. Lors du commentaire composé d’un texte semblable, c'est-à-dire qui présente une double caractéristique, vous veillerez toujours soigneusement à conserver deux ensembles cohérents, d’une part les informations d’une lecture horizontale et qui attrait à tout ce qui concerne l’action de la fiction, d’autre part, une lecture verticale qui va de l’auteur aux lecteurs ou spectateurs et qui a, celle là, une visée argumentative. Ce qui vous constitue en principe déjà deux axes.

 

 

Vous devez être connecté pour poster un commentaire