dénouement du Cid Corneille

Séance 2 : Support : Dénouement du Cid de Corneille (1636)

 

Objectifs :

-Le dénouement théâtral à l’époque du classicisme

-Un dénouement qui fini bien

-Les problèmes posés par la vraisemblance

 

  1. Texte et contexte

 

Corneille est un auteur du XVIIème qui s’est illustré aussi bien dans la comédie que dans la tragédie. Il a été joué au début du règne de Louis XIV et certaines de ses pièces sont encore empreintes de Baroque. Le Cid, qui a connu un énorme succès, a été l’objet d’une énorme polémique concernant son dénouement. C’est ce que nous allons voir dans l’analyse du texte ci-dessous.

Rodrigue (dit, le Cid) et Chimène s’aiment, mais le père de Chimène insulte celui de Rodrigue qui, trop vieux pour se défendre, demande à son fils de venger son honneur, celui-ci tue en duel le père de sa fiancée. Du coup, Chimène ne veut qu’une chose, se venger du meurtrier de son père. Or, l’Espagne se trouve envahis par la Maure, le Cid les repousse et obtient la main de Chimène qu’il épouse. La trame de cette pièce repose sur une histoire vraie, le Cid Compreador ayant vraiment existé. Donc, ici, il ne s’agit pas de savoir si l’histoire est vraisemblable, elle est vraie mais les spectateurs de l’époque de Corneille l’ont jugée invraisemblable, impossible, et ont donc lourdement dénouement de cette pièce. Corneille, ulcéré, mettra dés années à en écrire une autre.

 

  1. L’Amour

a)     Rodrigue (jusqu’à la mort)

b)    Chimène (jusqu’au sacrifice)

c)     Antagoniste

 

  1. Le devoir

a)     Rodrigue, batail => prix

b)    Chimène Honneur

c)     Antagonistes

 

  1. Temps

a)     Apaisé la peine

b)    Augmenter la gloire (chevalier)

 

 

Corneille est le dernier écrivain de l’époque féodale et toute son œuvre tourne autour de la problématique suivante : de l’Amour ou du Devoir, quelle va être la décision prise par le héro. Cette problématique est au centre de notre pièce Le Cid, puisque le Cid, Don Rodrigue, a tué en duel le père de Chimène, Don Gormas, malgré l’amour qu’il porte à celle-ci. Dans le dénouement, nous nous interrogeons pour savoir si c’est la mort qui attend Don Rodrigue ou s’il pourra retrouver la femme qu’il aime. L’Honneur féodale est une problématique liée au combat, à la guerre, ce qui est logique dans la tripartition sociétale de l’époque. Avec les conséquences de la Fronde et la modification du rôle des nobles, cette problématique devient obsolète car le monde des courtisans voit clairement son honneur ailleurs. Les pièces de Racine qui sont destinées aux courtisans adoptent donc une problématique toute autre que l’on pourrait  qualifiée de plus psychologique. C’est pourquoi il est important pour vous de maîtriser de contexte sociale des deux auteurs car il est la différence principale des ressorts de leur tragédie.

 

 

  1. L’amour

 

A)  Rodrigue

 

De la part de Rodrigue, il y a la définition de l’amour chevaleresque, pure et désintéressé qui se trouve mis en valeur par le vocabulaire de l’humiliation, valoriser par celui de l’exploit et rendu possible par le champ lexical de la volonté intégré dans des figures de parallèle. C’est la vision de l’amour courtois, de l’amant absolu. Rodrigue est conscience de son rang et de celui de Chimène. Et sachant qu’il revient vainqueur, on peut ici espérer un dénouement heureux. Le jour du BAC vous ne vous contenterez pas d’une phrase aussi simple, vous citez tous les mots du texte sur lesquels vous vous appuyez pour arriver à pareille conclusion.

 

B)   Chimène

 

L’amour de Chimène s’exprime par des litotes et des figures d’inversion mais il s’agit bien d’un aveu. Cependant elle ne peut se refuser le droit de dire qu’elle n’est ni un salaire, ni un trophée.

 

C)  Antagonistes

 

Cet antagonistes se trouve mit en mot par la tirade de Chimène par le champ lexical du salaire, du trophée et de souffrance. L’accomplissement de l’amour pour Chimène ici se fait clairement contre son gré. Ce en quoi elle rejoint à présent la problématique qui était celle de Rodrigue au début de la pièce, son devoir la pousse à la vengeance, son amour la pousse au pardon. Chimène pose clairement l’impossibilité de cet amour.

 

 

  1. Le devoir

 

A)  Rodrigue

 

Le devoir de Rodrigue est double, il doit son bras et son obéissance à son suzerain et pour montrer son amour, il doit offrir à Chimène des preuves de courages liées aux valeurs chevaleresques. Ainsi, nous trouvons le champ lexical de la mort et de la satisfaction, c'est-à-dire, la mort qui passe par un combat permanent, toute action propre à le surdimensionner et à le mettre ainsi hors de la justice ordinaire des hommes. Par ailleurs, il doit obéissance au roi.

 

B)   Chimène

 

Chimène a les mêmes impératifs que Rodrigue, elle doit obéir au roi mais elle doit venger l’honneur familial, c'est-à-dire qu’elle a un cran de retard par rapport à Rodrigue qui l’a déjà fait. Suggestion et assujettissement son au cœur de la problématique de Chimène. On note que Chimène met en valeur la souffrance qu’elle éprouve à obéir au roi met ne semble pas remettre en question le fait de le faire, d’obéir. Le seul risque qu’elle encourt est le reproche éternel.

 

Cette pièce est une pièce pleine de l’esprit féodal mais qui prend ses distances avec l’esprit classique. En effet, elle n’envisage pas de mettre fin à ses jours comme antigone.

 

C)  Antagonistes

 

Ses sentiments clairement passent au second plan alors qu’ils sont au premier plan chez Rodrigue. La tirade même de Don Fernand nomme crime cet hypothétique mariage mais le roi procède par raisonnement logique en comparant Chimène à un trophée. Mais avec la subordonnée possessive, Don Fernand introduit un modélisateur. Il insiste sur le rôle de Chimène comme récompense et donc, prix de la victoire, de lui, donc, vient le devoir.

 

  1. Le temps

 

A)

 

Le temps est le thème de la tirade du roi et c’est son champ lexical qui domine la première moitié de la tirade. Un temps double.

 

B)

 

Un temps usé par Rodrigue pour augmenter sa gloire. Champ lexical du départ, du combat, de l’héroïsme, de la victoire. Un temps qui va rendre à Rodrigue sa dignité.

 

C)

 

Ce temps sera utilisé par Chimène pour calmer son cœur, ce temps est donc le temps des pleurs. Il va changer le statut de Rodrigue qui de honteux va devenir glorieux.

 

 

CONCLUSION

 

Il nous est aisé de comprendre à quel point la jeune académie française a pu voir dans cette fin un manquement aux obligations de bienséances et de vraisemblances. Nous comprenons aussi le dilemme d’un Corneille s’appuyant sur une histoire vraie, la respectant, et se faisant reprocher son dénouement. Pour nous, il reste le plaisir d’un lecteur devant les derniers témoignages d’un mode de pensé d’une époque. Et, en temps que littérateurs, cette pièce nous donne des arguments sur la notion du vraisemblable opposé au vrai. 

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