ex de acte 1 scene 1

Séance 2

Règles régissant une scène d’exposition classique, et tout particulièrement une comédie.

Support : Acte 1, Scène 1.

Objectifs : Règle et respect de la règle.

Sganarelle

Je

Discours, réplique, nous sommes au théâtre

 n’ai pas grande peine à le comprendre, moi ; et si tu connaissais le pèlerin, tu trouverais la chose assez facile pour lui. Je ne dis pas qu’il ait changé de sentiments pour Done Elvire, je n’en ai point de certitude encore : tu sais que, par son ordre, je partis avant lui, et depuis son arrivée il ne m’a point entretenu ;

renseignements objectifs sur la situation des personnages au moment de l’ouverture du rideau

mais, par précaution, je t’apprends, inter nos, que tu vois en Dom Juan, mon maître, le plus grand scélérat que la terre ait jamais porté, un enragé, un chien, un diable, un Turc, un hérétique, qui ne croit ni Ciel, ni Enfer, ni loup-garou, qui passe cette vie en véritable bête brute, en pourceau d’Epicure, en vrai Sardanapale[1], qui ferme l’oreille à toutes les remontrances chrétiennes qu’on lui peut faire, et traite de billevesées[2] tout ce que nous croyons.

Asyndète, parataxte, accumulation de mauvais caractères, de travers mauvais qui vont en gradation, le sommet étant l’absence de croyance en dieu, on note cependant la violence des insultes

Important par le personnage de Sardanapale on a une prolepse d’une fin funeste et d’une punition exemplaire

Tu me dis qu’il a épousé ta maîtresse : crois qu’il aurait plus fait pour sa passion, et qu’avec elle il aurait encore épousé toi, son chien et son chat. Un mariage ne lui coûte rien à contracter ; il ne se sert point d’autres pièges pour attraper les belles, et c’est un épouseur à toutes mains.

Dévaloristion d’un sacrement , animalisation, vulgarisation par la répétition qui cette fois a une role d’abondance mais aussi de passer de l’exeplaire au banal

Dame, demoiselle, bourgeoise, paysanne,

Nouvelle astyndète, accumulation, qui a le sens ici de trop et de tout

il ne trouve rien de trop chaud ni de trop froid pour lui ;

anaphore de trop, polysémie, il ne trouve rien de trop et tout est trop pour le valet

et si je te disais le nom de toutes celles qu’il a épousées

anaphore six fois lexicales et poétiques de ce mot, c ‘est le thème du discours,le rhème est l’usage que DJ fait du mariage

en divers lieux, ce serait un chapitre à durer jusques au soir. Tu demeures surpris et changes de couleur à ce discours ; ce n’est là qu’une ébauche du personnage, et pour en achever le portrait, il faudrait bien d’autres coups de pinceau.

Plaisir de l’ekphrasis, de la peinture de caractère que l’on retrouvera poussé chez la Bruyère.

Suffit qu’il faut que le courroux du Ciel l’accable quelque jour ; qu’il me vaudrait bien mieux d’être au diable que d’être à lui, et qu’il me fait voir tant d’horreurs, que je souhaiterais qu’il fût déjà je ne sais où.

Annonce du chatiment divin, de la logique et de la vraisemblane de la fin

 Mais un grand seigneur méchant homme est une terrible chose ;

Voilà la phrase clef du texte, celle qui justifie la satire sociale, et qui va déclencher la colère des contemporains. Le referent de l’époque et le « bon père de famille. »

 il faut que je lui sois fidèle, en dépit que j’en aie : la crainte en moi fait l’office du zèle, bride mes sentiments, et me réduit d’applaudir bien souvent à ce que mon âme déteste.

Clef des rapports entre le maitre et le valet, dans la problématique du même nom.

 Le voilà qui vient se promener dans ce palais : séparons-nous. Écoute au moins : je t’ai fait cette confidence avec franchise, et cela m’est sorti un peu bien vite de la bouche ; mais s’il fallait qu’il en vînt quelque chose à ses oreilles, je dirais hautement que tu aurais menti.

Peur et mensonge, l’ éthos du narrateur se dégage ici

 

Un spectateur avertit sait que dans les scènes d’exposition :

-Le personnage principal n’est pas présent sur scène, il est annoncé par un personnage subalterne, qui parle de lui en éveillant la curiosité des spectateurs. Dans la comédie, il s’agit de valet, dans la tragédie, il s’agit de confident. Le portrait peut être à charge ou à décharge en tout état de cause, il doit susciter de la part du spectateur un intérêt.

-Les personnages en scène doivent restituer l’action, car  la pièce commence in médias res, au milieu des choses. Enfin, tout personnage existant dans la pièce ne peut apparaître que s’il a été nommé dans l’exposition. Nous concevons donc que ceux qui sont en scène à ce moment-là établissent avec le spectateur une complicité qui va permettre à celui –ci d’en savoir plus parfois que certains personnages mêmes.

Nous allons analyser cette pièce au travers de deux axes, quels renseignements apportent la scène d’exposition, quelle est l’horizon d’attente dégagée, puis nous nous interrogerons sur le portrait de Dom Juan.

Axe 1 : Renseignement.

a.     Nous apprenons que le personnage principal est Dom Juan, qu’il a épousé Dona Elvire et qui l’a abandonné, qu’il est en fuite pour échapper au frère de celle-ci, décidé à venger son honneur. Nous apprenons qu’il a tué le Commandeur en duel, que Dona Elvire est loin d’être la seule femme séduite et abandonnée. Dom Juan est globalement quelqu’un sans croyance, sans affection, et sans foi. Nous sommes non loin du climax. (point culminant de l’histoire ou du drame), c’est à dire ici le moment où Dom Juan se fait rattraper par ses poursuivants.

Acte1 – Scène 1 : Sganarelle : « Je n’ai pas grande peine à le comprendre, moi ».

On apprend dans cette scène que Sganarelle est parti avant Dom Juan et qu’il n’a aucun respect pour son maître.

Horizon d’attente : que va-t-il arriver au séducteur.

 

Axe2 : Portrait

 

a.     Objectifs : Sganarelle parlant de son maître : le mot « pèlerin » est du langage familier, on perçoit ici le non-respect du valet pour son maître. Premièrement, nous apprenons que Dom Juan a quitté Donna Elvire, mais deuxièmement  nous ne savons pas les sentiments qu’il a pour elle. Sganarelle insulte son maître sur tous les points pouvant concerner un homme. Le plus gros reproche est qu’il épouse tout le monde (« épouse toutes les mains »). Dés ce moment-là, un parallèle est établi entre Dom Juan et le diable, cette mise en parallèle est importante, car nous savons que le deus ex machina n’est pas admis dans la comédie classique, mais dés l’instant où Dom Juan est présenté comme le diable, alors le châtiment divin va de soit, puisqu’elle va justifier une fin qui ne serait pas acceptable selon les règles de la comédie classique. La dernière chose que l’on apprend, c’est que Sganarelle a peur de son maître et que cette peur constitue leur relation.

Nous savons aussi que le serviteur n’a pas de respect envers son maitre, juste de la crainte, que celui ci est un libertin qui ne croit en rien

b.     Portrait à charge : Nous percevons que le portrait de Dom Juan est très négatif et cela va passer par un certain nombre de figures de style qui relève de l’argumentation. 

Asyndète : des insultes l’une derrière l’autre  (enragé, chien, turc, diable…).

Satyre : « inter nos », Sganarelle marque sa supériorité face à Gusman. 

Sardanapale : c’est une prosopopée, faire revivre quelqu’un de mort pour appuyer son discours, la prosopopée qui se trouve essentiellement dans l’argumentation.

 

Présence du comique avec « loup-garou », présence du libertin, c’est celui qui croit à la liberté de pensé et à la liberté de mœurs, celui qui n’a pour règle que les siennes. Le libertinage est un épiphénomène.

 

Champs lexicaux de la « Bon Dieuserie », de la superstition  et de la religion parcourent l’extrait pour placer à chaque fois Dom Juan du côté du diable. Le valet anaphorise tout à plusieurs reprises  afin de montrer que son patron est un être entier.

Le valet procède par syllogisme,  

 

 

Résumé

 

Commentaire (rédigé) en trois parties de la tirade initiale de Sganarelle dans Dom Juan de Molière. Quelles sont les caractéristiques et les enjeux de cette tirade ?

La première partie porte sur l'éloge paradoxal du tabac ; la deuxième met à jour les éléments fournis au spectateur dans cette scène d'exposition ; et la troisième étudie la visée du texte, et montre que cet éloge du tabac est une provocation à l'égard des dévots.

 

Extrait:

 

La tirade de Sganarelle commence par un éloge, et se situe donc dans le genre argumentatif. Il progresse de façon logique, puisque Sganarelle énonce tout d'abord sa thèse : « il n'est rien d'égal au tabac », puis énumère des arguments : « il réjouit et purge les cerveaux humains », « il instruit les âmes à la vertu », « on apprend avec lui à devenir honnête homme ». Il donne ensuite des exemples : « ne voyez-vous pas bien, dès qu'on en prend, de quelle manière obligeante on en use [...] ? ».

 

Sommaire:

 

Introduction

 

I) Un éloge paradoxal

 

A. L'éloge : un genre argumentatif

B. L'éloge paradoxal : un jeu parodique

 

II) L'exposition

 

A. L'action

B. La tonalité

C. Le thème de l'échange

 

III) Les enjeux de l'éloge du tabac

 

A. L'opposition aux dévots

B. Un éloge du plaisir

C. Un éloge du théâtre ?

 

Conclusion

 

   Sganarelle est un prénom connu dans le théâtre du XVIIe siècle. Il vient de la commedia dell’arte : ses lazzis, ses bouffonneries, ses volte-face en sont une preuve. Il est héritier aussi, par la source même de la pièce, du valet de la comedia espagnole (le gracioso)[1].

·         Le spectateur s’attend à écouter une scène d’exposition, qui lui livrerait « les semences de l’action », « les éléments nécessaires à la compréhension de la pièce »[2]. Or le propos le prend à contrepied, d’une part en traitant d’un sujet qui n’a rien à voir directement avec la pièce, d’autre part en voyant un valet présenter un éloge burlesque du tabac. C’est un véritable contretemps voulu par l’auteur, qui constitue une dilation tout à fait inhabituelle. En effet, l’exposition, du temps de Corneille, Racine et Molière, est considérée comme parfaite lorsqu’elle répond à deux critères : la plus condensée et la plus naturelle possible. Pourtant, d’entrée de jeu, Molière présente un valet de comédie, connu pour apparaître dans les farces en faux médecin (Le Médecin volant, L’Amour médecin, Le médecin malgré lui), ce qu’il refera dans celle-ci à l’acte III, pérorer sérieusement sur un sujet bas. Le caractère secondaire et hors de propos de ce morceau de bravoure » est d’ailleurs manifeste, puisque Sganarelle indique lui-même qu’il s’agit d’une digression (« Mais c’est assez de cette matière… » l. 12). La rupture énonciative dès lors est complète, puisqu’il ne sera jamais question ailleurs de tabac dans la pièce.

·         Néanmoins, on aurait tort de considérer ce passage comme totalement gratuit. C’est au contraire un excellent indicateur de ce que va être la pièce, de ce sur quoi elle repose esthétiquement et thématiquement. Introduit en France en 1558 par le Cosmographe André Thevet, qui l’a ramené du Brésil et le cultive dans son jardin, puis par Jean Nicot qui l’introduit à la Cour (1560) l’ayant rapporté de Lisbonne, le tabac « fait partie de ces plantes d’origine américaine dont l’introduction a profondément bouleversé jusqu’aux habitudes de vie des Européens »[3]. Sa consommation est d’abord réservée aux courtisans (début du XVIIe siècle), puis elle se répand, jusqu’à devenir très courante au XVIIIe siècle. C’est ainsi que Sganarelle le décrit comme un plaisir d’honnête homme (« c’est la passion des honnêtes gens » l. 2-3, « (…) et l’on apprend avec lui à devenir honnête homme » l. 5-6). Synonyme de plaisir, de réjouissance et de bonne santé[4] (« il réjouit et purge les cerveaux humains »), le tabac est présenté par Sganarelle comme un activateur des relations en société. Mais le discours pseudo-scientifique auquel on aurait pu s’attendre, dont cet éloge burlesque à le ton charlatanesque, laisse place ici à un argumentation sur ses vertus sociales.

·         Lorsque nous sommes en face d’un parterre d’adolescents dont le seul but est d’avoir du grain à moudre pour les épreuves anticipées de français du baccalauréat général et technologique, nous avons tendance à faire comme les voyagistes avec les touristes en puissance : nous faisons un pack tout-en-un, nous simplifions, nous retranchons, et nous mettons au rancart tout ce qui nous paraît soit superfétatoire soit trop luxueux (autrement dit, trop compliqué). L’art(ifice), didactique me dit-on, de la mise au niveau de l’élève est périlleux en ceci qu’il repose principalement sur les a priori des professeurs, sur les préjugés qu’ils se sont forgés à force de lassitude (c’est-à-dire d’expérience) quant au niveau des élèves. Cet éloge du tabac est sans doute (avec le chapitre 3 de Candide, dont le commentaire composé que j’ai mis en ligne a tant de succès depuis le mois d’octobre) l’un des passages qui souffrent le plus de cet art d’accommoder les restes qu’est le cours de français de temps en temps (il est vrai par la force des choses, mais tout de même).[5]

·         Lorsque je prétends, presque contre vents et marées de la communauté des enseignants du commun[6], que cet éloge du tabac est un bon indicateur, c’est en insistant sur le caractère quasi indirect de cette indication, –presque symbolique, si je puis me permettre une telle audace terminologique. En effet, ce début décalé est une rupture avec les codes de l’exposition (comme la pièce est un chef-d’œuvre de décalage avec les codes de la comédie de l’époque), et c’est une rupture volontaire. De plus, dans la bouche du personnage qu’est Sganarelle, la digression est un symptôme de sa maladresse argumentative et de son demi-savoir. Je viens de parler du thème, mais l’on peut insister sur l’idée que Sganarelle choisit un thème « à la mode », qui caractérisait le monde de la Cour un demi-siècle. La prétention bouffonne au monde des Grands est une dominante du théâtre moliéresque, et Sganarelle l’incarne à son insu et l’anamorphose merveilleusement. j’ajouterai que les commentateurs font souvent en partie injure à ce personnage, beaucoup moins stupide qu’il n’y paraît : sa coloration de savoir, qui lui vient de son maître, est bonne à impressionner son monde, qui est le double ridicule (parce qu’inférieur au regard du spectateur aristocrate) de celui de Dom Juan. En double rapetissé de Dom Juan, Sganarelle aime manier la parole, même s’il la manie moins bien, même s’il est beau parleur quand Dom Juan est éloquent. Dom Juan est ainsi doté du valet qui lui convient le mieux, et l’on note que hormis celui-ci, il ne dispute jamais honnêtement avec ses pairs : il élude la conversation, il ironise, il joue un personnage dévot. Sganarelle, dans la pièce, est le seul à qui Dom Juan expose sa weltanschauung, si je puis dire, comme nous l’indiquerons à la fin de cette analyse.

·         J’ai parlé d’anamorphose au sujet de Sganarelle. Cela mérite une explication et une justification. Les stylisticiens utilisent ce mot, parfois, certes parce qu’il est plaisant, avec sa filiation hellène, mais c’est pour bien autre chose que pour se gargariser[7]. En effet, on parle d’anamorphose, dans les arts picturaux, pour désigner la méthode de déformation géométrique d’une image.

C’est une technique qui a eu sa vogue, pendant la période baroque, mais qui trouve son origine pendant la Renaissance italienne (au début du seizième siècle, dans le cadre des discussions sur l’art de la perspective). L’anamorphose en est la « bella e secreta parte della perspettiva » (selon Barbaro). Ces déformations, calculées selon des règles géométriques en tenant compte du point de vue du spectateur, selon la jolie expression de Marie-José Mondzain-Baudinet dans l’article « Anamorphose » de l’Encyclopedia Universalis « se charge[nt] obliquement de nous dire la vérité » (t. 1, p. 221)

·         Dès lors qu’il y a déformation satirique, image déformée, charge comme on disait au XVIIe siècle, il peut y avoir anamorphose. L’on me dira que le mot caricature faisait tout aussi bien l’affaire, mais qu’il était moins savant. Je m’inscris en faux contre cette idée : il y un distinguo. Nego : La caricature et l’anamorphose ne sont pas identiques. Caricaturer, c’est grossir les traits pour ridiculiser. Harpagon est une caricature d’avare. Anamorphoser, c’est déformer le juste pour le faire apercevoir de façon oblique, faisant ainsi remarquer au spectateur-auditeur que l’aperception de la vérité ne se fait jamais que médiatement[8]. Le spectateur de l’époque de la création de la pièce (1665), rit aux bouffonneries de Sganarelle, mais ne saurait être aussi audacieux que Dom Juan. Ce couple dyadique (pour reprendre ce terme pythagoricien, la dyade ‘nombre de deux’ en grec, désignant une réunion de deux principes opposés), lui présente deux pôles, deux extrêmes indissociables en même temps qu’inconciliables, réunit par la magie de la comédie et du théâtre. Le spectateur perçoit le premier pôle d’emblée, il percevra le second à la scène suivante. Concedo : La filiation entre caricature et anamorphose est manifeste : ce sont deux grossissements. La caricature et l’anamorphose sont des surprises intellectuelles qui éloignent l’observateur des représentations communes, et lui font construire un savoir par des allées et venues entre le réel et le difforme[9]. Distinguo : Mais la première ne fait que rire, alors que la seconde est déformation réglée selon un certain point de vue. Je pense que l’on peut dire, à l’instar des arts picturaux, qu’en anamorphosant l’artiste impose au spectateur une perspective autre que la commune, instaurant une vision autre qui ne peut être possible en même temps que la commune. Comme la pièce elle-même, les deux personnages assemblés que sont Sganarelle et Dom Juan tiennent de deux natures : ils sont comiques et tragiques à la fois. Truchement de la fatalité divine, Sganarelle est avant tout un personnage comique par son action, par ses paroles.

·         N’oublions pas, en effet, que le personnage qui prend le premier la parole dans cette pièce, et qui la prendra en dernier, pour être une caricature de valet bouffon, n’en est pas moins celui qui perçoit le premier le risque que court son maître, qu’il se fait l’interprète de la divinité. C’est en définitive Dom Juan lui-même, contre son gré, qui se fera le messager de la question divine (et non pas de la divinité), qui sera tranchée d’autorité par un Deus ex machina tellement énorme qu’il paraît artificiel et burlesque. Par son cynisme, Dom Juan, lui-même anamorphoseur[10], sera parvenu à faire se poser au spectateur la question posée par les libertins du XVIIe siècle, concernant Dieu et sa plausibilité face aux avancées de la science.

 

 

 

[1] Cf. notre polycopié sur « Le comique dans Dom Juan ».

[2]Ce sont là les explications que fournit Corneille dans son Discours sur le poème dramatique, qui se veut à la fois une relecture et une actualisation de la théorie aristotélicienne issue de la Poétique.

[3] Cf. Dictionnaire de l’Ancien Régime (novembre 2003, éd° PUF Quadrige, sous la direction de Lucien Bély, p. 1197. À l’époque où Molière écrit sa pièce, le tabac est devenu la « grande ressource des nouvelles colonies des Antilles ». C’est surtout un produit à la mode, qui est consommé d’abord par les courtisans, puis par le reste de la population. C’est donc une façon de faire comme les Grands que de fumer du tabac, pour Sganarelle.

[4] Ses vertus médicinales supposées ont fait l’objet de controverses nombreuses au XVIIe siècle.

[5] Je suis persuadé que mon lecteur ne m’en voudra pas de cette digression tout sauf inutile, crois-je, qui a pour objectif d’attirer l’attention sur les commentaires tout prêts (j’ai failli écrire les ready-made), et parfois inacceptables d’insuffisance, qui nous sont resservis mal réchauffés, tout droits sortis de Profil et autres in-folio de la littérature scolaire, formatés si mal que parfois les élèves eux-mêmes se rendent compte qu’ils sont mauvais.

[6] Sans morgue aucune, puisque je fais ici référence à ce que j’ai entendu, certes déformé mais dans des cohortes entières d’élèves ayant eu le même professeur, au baccalauréat oral.

[7] Il reste bien quelques Trissotin échus dans le monde scolaire, mais je pense que certains utilisent le mot pour présenter une réalité qui en justifie le choix, avec acribie, comme disaient les savants au XVIIe s. L’on pourrait faire le même commentaire sur l’expression mise en abyme, sorte de tropisme intellectualiste, la plupart du temps utilisé à la place d’emboîtement narratif ou de spécularité. Ce sont là des expressions qu’eût affectées Sganarelle, qui pensait que l’habit faisait le médecin, et que le mot faisait l’intelligence.

[8] Cf. l’article « Anamorphose » de l’Encyclopedia Universalis (t. 1, p. 221), dont je suis redevable çà et là.

[9] D’une certaine manière, presque parallèlement, nous avons la même chose avec l’ironie, magnifiquement anatomisée par Vladimir Jankélévitch. Et je me demande si ce n’est pas ainsi que fonctionne ce qu’on appelle si mystérieusement le style, et que les élèves ont, à fort juste titre, tant de mal à comprendre. Ce sont là des modes de déformation contrôlée d’une réalité (le langage en action), qui jouent sur la pratique courante du récepteur et lui font éprouver une émotion artistique et intellectuelle (donc intellectuelle, mais émotionnelle).

[10] Dans la mesure où il déforme la réalité pour faire apparaître médiatement le vrai .

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analyse stylistique

"Dom Juan" de Molière

 

 

 

 

 

 



[1]  

1. La légende

D'après Ctésias (encore lui !), "Sardanapale" fut un roi qui vécut dans la débauche (encore un !), et qui mourut lors de la prise de Ninive par les Babyloniens et les Mèdes en 612 av. JC. Trop faible pour défendre sa ville, et même pour regarder l'ennemi en face, il aurait organisé un spectaculaire suicide collectif, en faisant incendier son palais où il aurait rassemblé toutes ses richesses, ses concubines et ses eunuques.

 

[2] sottises

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