EX. de Phèdre de Racine, dénouement.

Mercredi 11 Février 2009.

 

Problématique du jour : Nous avons jusqu’à présent lu ces textes sous forme de commentaire composés.  Nous allons faire aujourd’hui, une explication linéaire problématisée.

 

Au cours de cette explication linéaire, nous allons nous interroger sur les caractéristiques de la mort tragique. Quand vous faites les deux exercices, les deux écueils contre lesquelles les élèves s’écrasent sont relevés des choses dans le texte sans donner leur sens ou faire de la glose.

 

Premier vers : Le héros vient juste de quitter son père qui l’a maudit. Ce premier vers nous sert à faire le lien avec l’introduction. L’action se passe à Trézène. Le « il » à la troisième ligne se ramène à Hippolyte. Si on effectue rapidement la lecture verticale à droite : Trézène, affligés, rangés. Le mot affligé poste posé sur le vers vous donne l’état d’esprit de fils maudit par le père. On va retrouver l’isotope de la douleur « affligé, rangé, pensif, morne, baissé, pensé, triste, effroyable. » L’auteur nous montre à quel point le héros ne va pas bien et à quel point il est affecté. On note la modalisation de la pensée, il est tout pensif. Cette tristesse est communicative. Cette communion nous montre que c’est un homme aimé. Tous, sont affectés par le sort du héros.

 

Deuxième mouvement du texte : ligne 11, nous avons l’annonce de la monstruosité annoncée par « effroyable », adjectif subjectif non classifiant. Théramène anticipe la monstruosité de la bête. Il y a rupture de l’hémistiche, crime, pause dramatique. Annonce de cet effroyable cri, sorti du fond des flots, on comprend que c’est la fin d’Hippolyte.

Flots, terre, air (ligne 11 a 13). Flots, poste posé. Terre, ante posé.

Effroyable, L.11 ; Formidable, L.13 ; Redoutable, L.14. Destiné à une musicalité interne pour le monstre qu’il renvoie toujours à un même univers sonore.

Ces trois lignes forment une unité sémantique indépendante.

Prolepse d’une apparition monstrueuse.

Utilisation du registre épique : caractéristique de personnifier les éléments, « La terre crie. ». Présence, donc, du héros : Hippolyte.

On a un collectif qui s’épouvante : tous les participants (le chœur de la scène).

Mise en abîme : théâtre dans le théâtre. Théramène et les autres deviennent spectateurs de la mort d’Hippolyte.

Isotope de la douleur :

Ø  « Effroyable », « Formidable », « Redoutable », « Indomptable ». => Hyperboles.

Ø  « Troublé », « Gémissant ».

Ø  « Jusqu’au fond du cœur », « glacé ».

Surprise placée dans l’hémistiche « [ des coursiers attentifs ], [ le crin s’est hérissé. ] »

Ø   « Se brise » « nos yeux » : hyperboles

Ø  «  Monstre (anaphore poétique répétée 3 fois) furieux » => Thème , description à thème éclaté : « Front large », « écailles jaunissantes », « indomptable », «  sa croupe », « tortueux », « ses longs rugissements ».

 

Après la description, l’action du monstre. Comme nous sommes dans l’épique, il y a personnification de la nature.

Phrase que tous les profs de Français connaissent : « Le flot qui l’apporta recule épouvanté ». (Personnification)

Contradiction entre les vers 29 et 31 : « Tout » et « sans s’armer d’un courage ». Sans = privatif !

« Hippolyte lui seul » : Anaphore d’Hippolyte.

Deux systèmes anaphoriques : 1° : Le héros ; 2° : Hippolyte.

Très long passage descriptif, 10 lignes pour le monstre, 4 lignes pour l’attitude des autres.

Figure d’insistance : « Ne », « ni », « ni », « impuissant ». Forme triplement négative.

 

Fatum : dieux qui en veulent aux hommes.

 

« On », nous sommes en empathie.

Verbes factifs (d’action) pour noter la rapidité dont laquelle la fin se précipite. L’image est si violente, que Racine va subtilement insérer une pause : « Excuser ma douleur. » pour les bienséances. Racine va ajouter un effet de pathos, en faisant pleurer un spectateur, ce pathos passe par des adjectifs : « douloureux », « soupirant ».

C’est à partir de cette pause qu’on passe du tragique au pathétique et au lyrique.

« Cette image cruelle, une source éternelle… » qui va en amplification dans le pathétique de la scène, on note ici que le baroque n’est pas très loin : description morbides et gores. La mort est annoncé par la prolepse en 57 de tombeau et 58 de reliques et nous assistons à la dernière partie de ce monologue, mort d’Hippolyte, fatum du ciel, de son amour Aricie, de la désillusion de son père.

Désabusé = Détrompé.

Son honneur et son amour sont ses dernières préoccupations.

La déchirure mentale d’H. est anaphorisé et métaphorisé (73, 74). Son père ne le reconnait pas, il a réussit son père.

 

Conclusion : un monologue qui est épique, tragique, pathétique pour une mort très spectaculaire dans laquelle Racine réussit dans un discours unique. La mise en abîme est venue en adjuvant de la difficulté classique de ne pas montrer la scène au spectateur. De l’épisme, on a aussi l’alexandrin et le style flamboyant.

 

 

 

 

 

Commentaires (2)

1. kevin 27/02/2010

C'est nul.... :)

2. Ferrari 17/06/2009

vous avez quelques possibilités en fonction de la problématique de votre examinateur
mais
Il ne faut pas négliger cependant les aspects fondamentaux
C’est un dénouement, donc, de quelle nature est-il et qu’y apprend-on
C’un dénouement classique, qui arrive à concilier la bienséance avec une des scènes les plus sanglantes que je connaisse de la littérature classique, donc le héros ne meurt pas sur scène, mais nous sommes, par les yeux du narrateur, les voyeurs de cette mort
C’est aussi un morceau littéraire qui s’apparente à la littérature héroïque, la nature joue un rôle dans un combat titanesque.
Je pense qu’aller du plus simple au plus compliqué est le mieux
1/ dénouement classique ; mort du héros
1. a : le héros ne meurt pas sur scène
2. b/le fatum s’acharne sur lui , et vous avez de nombreuses prolepse qui vous montrent qu’il était impuissant
3. c/une amplification de l’émotion par les yeux du narrateur

2/ un poème lyrique
a. Un ami déplore la perte de son « frère »
b. L’ami a abandonné, il a fui, on a le thème de la lâcheté, du regret
1. c.Une poésie en alexandrin qui manie le pathos
3/ pour ceux qui maitrisent bien leur cours, l’axe sur le classicisme peut être efficace
a. Absence de mort du héros sur scène
b. Fatum omniprésent
c. Catharsis par la communion entre le narrateur, le spectateur sur le jeu subtile lié au pronom on
Vous pouvez si vous le voulez rédiger le commentaire, sans rentrer dans des phrases trop techniques, je corrigerai

Vous devez être connecté pour poster un commentaire