Mariage de Figaro,V3"

le Mariage de Figaro

Acte 5 scéne trois

monologue de Figaro

analyse et mise en rapport avec le Barbier

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-La trilogie de Beaumarchais

-Argumentation et théâtre

-Beaumarchais, un homme de son temps

 

A.   Texte et contexte

 

Voir Barbier + film

Il se passe 10 ans entre le Barbier de Séville et le Mariage de Figaro, 10 années durant lesquelles Beaumarchais s’est fort peu occupé de littérature. Il menait une vie active d’homme d’affaire, d’espion, de marchant et n’écrivit la suite du Barbier que sur la demande express de ses fidèles, créant donc une grande première : une suite à une comédie. Nous retrouvons donc les mêmes personnages : le Comte et son épouse qu’il a obtenue à la fin du Barbier, Figaro sur le point de se marier mais dont les projets matrimoniaux sont contrecarrés par le Comte qui souhaite exercer une variante du droit de cuissage. Notre extrait se situ au moment où Figaro pense qu’il va surprendre le Comte et sa futur épouse à un rendez-vous galant, il est donc persuadé d’être cocu. Il va nous livrer ici l’histoire de sa vie comme dans l’acte I scène 1 du Barbier mais en 10 ans, le ton a durci. Ainsi, nous allons examiner dans cette scène quelles cibles argumentatives sont visées par Beaumarchais, ce que nous verrons en trois parties, dans une première partie où nous examinerons les renseignements donnés par le personnages sur la situation scénique, un deuxième axe où nous verrons l’argumentation que Beaumarchais adresse aux spectateurs, dans un troisième axe, nous nous interrogerons pour définir quelles évolutions se remarque dans les rapports maîtres et valets.

 

I.              Le monologue de la folie : qui est Figaro ?

 

Cette scène a recours au comique de situation puisque Figaro va surveiller une femme qu’il croit être la sienne, il croit être trompé et le Comte ne sais pas qu’il a affaire à sa femme. Figaro est fou de colère, colère d’homme bafoué, et fou colère populaire et de l’homme opprimé.

L-1 : Question rhétorique qui contient la thèse de Figaro, sa vie a été très bizarre.

L-2 : Son ignorance en matière de filiation ouvre des horizons d’attente classiques dans une comédie, il est possible qu’il retrouve ses parents avant la fin de la pièce. Nous notons une asyndète (L-1 à 5) qui insiste sur la multiplicité des conditions successives occupées par le serviteur. Cette phrase est importante aussi car elle montre que malgré les aléas de sa naissance, Figaro veut rester honnête ; le mot « honnête » est postposé avant le « ; » ce qui le met en valeur mais l’incise exclamative « repoussé » montre à quel point c’est difficile.

La phrase 5 montre comme il a multiplié les apprentissages dans une parataxe remarquable (« chimie » « pharmacie » « chirurgie ») à laquelle le modalisateur « à peine » donne une finalité dans le mot « vétérinaire » postposé, nous notons encore le « ! ». Son second changement de condition s’effectue alors au travers de la métaphore de la noyade. Le « ! » nous indique avant même les détails que son entreprise ne sera pas couronnée de succès.

L-7,8 : « Je broche une comédie dans les mœurs du sérail » la parataxe est un des outils principaux de Beaumarchais.

L-10 : parataxe destiné à nous montrer le nombre de pays contrariés par sa pièce et qui s’oppose à « pas un ne sait lire ». Synonyme de « meurtrir l’omoplate » : donner des signes d’amitié, geste qui vient en antithèse avec « chien de chrétien », il y a donc ici un troisième échec.

Ce texte est plein de maxime, c'est-à-dire, des sortes de petits proverbes, de mots d’esprit typiques du temps et de l’auteur :

L-14 : « ne pouvant avilir l’esprit, on se venge en le maltraitant »

L-15 à 18 : nous trouvons diverses métaphore qui nous ramènent à la pauvreté « joue creuse » « huissier », et nous constatons aussi que l’art théâtrale, étant un art déclamatoire, certains mots sont mis en valeur par la rime « mon terme était échus […] en frémissant je m’évertue» met en valeur la détresse qu’il ressent à ce moment. Métaphore de la prison par l’image du fiacre qui rentre dans le château fort : la Bastille.

L-20 : « Laissai l’espérance et la liberté » Nous avons ici la reprise à l’identique des mots gravé sur la porte mythique des Enfers telle que décrite par Dante, par le biais de cette phrase, le lecteur a la vision de l’Enfer. La didascalie « il se lève » montre que nous sommes dans un monologue de la folie où il s’agite, se parle à lui-même et s’énerve.

L-20 à 25 : nous avons l’une des phrases les plus célèbres de la littérature française « sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur », « les sottise imprimée n’ont d’importance qu’aux lieu où l’on en gêne le cours », « il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écris ».

 

Il n’y a pas de précédent dans la littérature d’un auteur qui réécrit dans le même genre et sur le même sujet, à plus forte raison dans le théâtre où, en principe, il n’y a pas de suite. Dans cette analyse quand vous serez en révision, pensez à établir entre ces deux textes des ponts ressemblances, différences, afin d’être prêt à répondre à des questions éventuelles à ce sujet de vos examinateurs.

 

Pour quelles raisons, un auteur reste-t-il inscrit dans le Panthéon ? alors que de toute évidence, chaque siècle produit des centaines d’auteurs et que le critère n’est, ni à la quantité (Baudelaire : une œuvre majeur), ni au genre.

Nous donnerons une première réponse à cette question en notant la parfaite adéquation entre les auteurs retenus et les préoccupations du temps observées à posteriori. Nous voyons aussi que les précurseurs ou les théorisateurs tiennent une bonne classe. Enfin, à l’exemple de Racine, Corneille et Rotrou (trois auteurs de tragédie de la même époque), on ne retient pas forcément ceux qui ont le plus plût mais plutôt les plus emblématiques.

 

L-25 : le mot « obscur » renvoi à la banalité de la condition du prisonnier qui ne mérite même pas d’être emprisonné (ceci établi une antithèse avec la coalition précédemment nommée de tous les pays musulmans : s’il n’est rien, pourquoi l’avoir emprisonné ?).

L-26 : l’auteur montre un nouveau soubresaut de la vie de Figaro. La multiplicité des tâches accomplies, leur variété et la capacité de Figaro à rebondir démontre donc son intelligence, établi un contraste avec ce qu’il est (serviteur), il faut donc bien voir là une critique du temps qui laisse si peu d’espace et d’avenir aux hommes de valeurs.

L-27 à 33 : L’accumulation en parataxe scandée par les négatifs anaphorisés « ni », insistent sur tout ce qui est interdit de faire et viennent en oppositions avec les mots « liberté » et « libre » qui deviennent alors ironique. Evidemment, les « ni » viennent aussi en opposition avec le « tout » de « tout imprimer » mais la encore contredit par le mot « censeur ». Ayant écarté des thèmes de sa publication absolument tout ce qui peut présenter un intérêt, il arrive fatalement à la rédaction du « journal inutile », mais, même lui est supprimé. Encore un soubresaut, cette fois l’emploi n’est pas nommé, il faut donc voir ici un principe de généralisation, tout ce qu’on sait est qu’il était accessible à Figaro, ce qui a pour effet premier et immédiat de l’évincer.

L-36 : le jeu de mot entre « calculateur » et « danseur » équivaut à son actualisation « intellectuel » et « sportif », il y a donc volonté d’opposer les contraires pour montrer en L-38 que dans cette société, la valeur et la compétence n’ont aucunes places

L-37 à 41 : Il parle du domaine des jeux, il dénonce leur gangrène par la corruption et donc change une fois de plus de métier.

L-44 : Il indique qu’il est en bout de course, on a ici la métaphore du suicide par la noyade lorsque Dieu le renvoi à son premier métier c'est-à-dire barbier.

L-47 et 48 : il raconte comment il a rencontré le Comte et la fin de son périple.

 

Résumé de cette lecture analytique :

Ce texte se partage en deux de renseignements, la première renvoi à tout ce qui concerne la vie de Figaro et les diverses étapes professionnelles qu’il a exercé, la seconde est une critique des mœurs du temps qui passe par la critique de la société des lettres et la troisième est la critique de l’impossibilité pour quelqu’un de valeur à arriver selon des règles honnêtes. Mise en rapport avec le texte du Barbier, ressemblances : on y retrouve les mêmes diverses étapes du parcours de Figaro, les même difficultés à parvenir à un statut sociale acceptable, on apprend cependant qu’il est de parents inconnus ce qui sera lourd de conséquences pour la fin de la pièce ; différences : la critique sociale est clairement plus affirmée, les phrases plus tranchées, on sent une nette progression dans la contestation. Lors du commentaire composé d’un texte semblable, c'est-à-dire qui présente une double caractéristique, vous veillerez toujours soigneusement à conserver deux ensembles cohérents, d’une part les informations d’une lecture horizontale et qui attrait à tout ce qui concerne

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