"C'est toujours la même histoire" JPSantini

Narration en deux parties, d’un homme  qui aime l’idée de l’amour mais pas l’amour, l’idée d’une femme, mais pas la présence et le quotidien avec une femme, « C’est toujours la même histoire » inverse le topos du mari, de la femme et de l’amant. Ici, c’est l’amant qui attend, à qui on promet et qui reste seul, désespérément seul. Des appels émanant de cabines scandent ses journées. Cet homme est totalement livré aux caprices de la femme qu’il attend. C’est elle qui appelle, elle qui impose ses heures et ses règles. L’histoire qui a commencé dans la passion est en train de s’achever. On sent l’amertume de n’être pas celui qui a été choisi, celui qui reste sur le banc de touche, alors que la vie se déroule ailleurs.  L’homme, Samuel porte un jugement dur et sans concession sur tout ce qu’hier, il encensait. Sa langue est aussi rude que son chagrin et c’est en cela que « c’est toujours la même histoire ». Dans une deuxième partie qui à mon sens vient un peu en rupture de la conclusion de la première, où l’incompatibilité des deux caractères présentés est flagrante, le couple vit ensemble, et la présence de Jade pèse à Samuel. Le registre devient plus lyrique, mais il est celui de la solitude que l’homme recherche comme une présence rassurante, il fuit. Jade le perdra à son tour, car il va filer droit vers le large, larguant les amarres et la laissant sur le rivage.

L’histoire qui recommence deux fois nous présente les deux faces de la même pièce : la vengeance de celui qui a trop attendu ou tout simplement qui a trop rêvé, le refus de celle qui veut que le rêve reste le rêve. Le livre de JPSantini nous renvoie à nos amoures ratées, nos rendez-vous manqués, nos espoirs déçus. Son histoire peut être notre histoire, car oui, c’est une histoire topique. L’œuvre de l’auteur est marqué de ce schisme entre le vouloir et le pouvoir, entre le rêve et la réalité. La langue incisive dans la première partie, consacrée à « elle » devient lyrique, pathétique dans la partie « lui ». C’est bien l’éternel problème : jusqu’à quand le soi peut-il s’inclure à l’autre, sans perte de substance, sans réticences, sans souffrances ?

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