La couleur des sentiments, Kathryn Stockett

Kathryn Stocker, La couleur des sentiments

 

Dans la charmante petite ville de Jackson, Mississipi, dans les années 60, la plus minable des blanches a sa bonne noire. Et ces femmes-là écoutent, voient, enregistrent mais ne parlent pas, aussi considérées que le mobilier auquel elles s’intègrent. Racisme ? On est bien au delà. Alors, une jeune bourgeoise blanche en mal de notoriété et d’indépendance décide d’écrire un livre sur ce personnel asservi et exploité, déconsidéré, lui donnant la parole. Scandale.

Le livre est bien mené, on voit déjà le film qui en sera tiré, évident. L’auteur ne s’y est pas trompée qui a nommé son livre «La couleur des sentiments», ce qui nous renvoie implicitement à la «couleur pourpre» de Spielberg, de 1986, le film qui a rendu Woopy Goldberg célèbre. Malgré le caractère «attendu» de certaines scènes ( si tant est qu’un tel sujet puisse jamais être attendu) on est touché par ces rapports de femme à femme, ces clichés parfois difficiles, un peu trop caricaturaux à mon sens, où la part de «bon» est très minorée et la part de «mauvais» bien mise en valeur. Le style est celui d’une traduction assez maladroite, quand la plume change de main, les fautes commises volontairement sont si canoniques, qu’on est agacé. Mais malgré les fils trop voyants, l’histoire est tendre, douce, et on s’y prend vraiment. Il faut chaud, il fait froid, et les femmes ont du mal à être elles-mêmes, qu’elles soient noires ou blanches, tant la société les emprisonne. Les «bonnes» et leur univers nous poursuivent une fois le livre refermé. J’aurais peut-être souhaité plus de nuances; la question cependant est : y avait-il des nuances à cette époque ? Peut-être pas. Tout noir ou tout blanc...

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