les premières pages

Quelques articles, au début de l’aventure (depuis ils ne sont plus scannés) et que l’on peut trouver sur skyblog

 

Marie-Hélène Ferrari a dédicacé son nouvel ouvrage

"Un Goût amer et sucré comme le silence" au Mag Press de la galerie commerciale yper U de Folelli, dont elle était l'invitée d'honneur.

 

 

Marie-Hélène Ferrari est une femme étonnante. Son écriture serrée plonge le lecteur dans cet univers de tranches de vies cassées, qu'elle dévoile au fil de pages, dictées par l'émotion et la simplicité.

MAS Corse Matin, 2005

 

Un goût amer et sucré comme le silence, est le titre d'un recueil de nouvelles signé Marie-Hélène Ferrari, paru aux « Editions Clémentine », jeune maison d'édition porto-vecchiaise. Ce charmant

professeur de français au lycée de Porto-Vecchio,fait partager sa passion de la littérature à ses élèves. Les lecteurs ont pu appré-

cier au fil de l'année le talent de l'auteur à travers deux uvrages : « Mélusine » et « Cruauté ordinaire ».

Corse Matin, 2005 MAS

 

Quinze nouvelles

Ce troisième opus, témoignage d'une fécondité de l'écriture, est séduisant par son joli format à l'italienne, et son papier au toucher

soyeux. Marie-Hélène Ferrari est une créatrice aux talents pluriels : dessin et musique sont aussi ses domaines d' expressions.

 

« L'écrit représente un tiers de ma vie quotidienne, je dessine, note sur un calepin, des poésies, aphorismes, réflexion comme une lumière dans les yeux qui vacille, la brièveté du ressenti ».

 

Quinze nouvelles charpentent « Un goût amer et sucré comme le silence », les dessins sont de séduisants contrepoints. Les textes

évoquent le couple, la famille, le temps qui passe, des épreuves de la vie, banalité d'un quotidien transcendé par l'écriture, métaphores bibliques. Marie Hélène Ferrari accompagne ses personnages.

 

« Je puise dans l'instantané parfois autobiographique, puis le destin

des personnages m'échappe au détour d'un mot, ou d'une ligne, en-

trant alors dans le pur domaine fictionnel. »

 

Le regard sur l'enfance, des textes incisifs, parfois au vitriol, le regard sur le couple, le rapport au père sont empreints de noirceur. Les sentiments sont exposés, mais la pudeur est également présente. L'ellipse arrive lors de l'instant charnel.

Veronique Emmanuelli, La Corse votre hebdo, 2006

 

La publication du premier livre est un moment d'importance dans le parcours d'un écrivain. Fini le temps des envois de manuscrits tous azimuts, entre parenthèses, les malentendus avec les éditeurs, la couverture blanche est la, et porte un titre, Me/usine, le nom de 1 auteur, Marie-Hélène Ferrari. Professeur certifié de lettres au lycée de Porto-Vecchio Bonifacienne de cœur et d'adoption, elle nous livre avec Mélusine le premier ouvrage d'une œuvre qui n'a pas fini de nous enchanter et de nous surprendre dans sa diversité.

Ecrire depuis toujours.

« Dans une maison où il ne fallait pas faire de bruit, c'est avec le papier et le stylo que je me suis exprimée. Puis il y a eu la lecture d'Alexandre Dumas. Dans la lecture comme dans l'écriture, je suis exactement ce que je veux être.

J'y trouve la force de progresser, de rebondir, de vivre en somme » confie Marie-Hélène Ferrari qui noircit toujours au stylo, en tous lieux de grandes pages de carnets quelle saisit rapidement sur un ordinateur.

Roman, Poésie, nouvelles poétiques, mais aussi théâtre, science fiction, polars, les mots; articulés dans un vocabulaire très précis, s' imposent à elle dans des registres très différents. La peinture est le domaine qu'elle réserve à son cercle d'intimité.

Mélusine- Par les hasards de l'édition est le premier livre sorti des presses de l'imprimeur Suivront, dans le désordre, deux recueils de poésie et de nouvelles poétiques, en édition bilingue portant une traduction de Nicolas Sorba en attente chez un éditeur insulaire. Au catalogue de la maison Le Manuscrit, on trouvera Tout le monde n'a pas la chance de s'appeler Pierre Henri, deux tomes de science fiction portant un regard ironique sur une société que l'on voudrait imaginaire, un roman « un Goût amer et sucré comme le silence » , une pièce de théâtre Pandora ou les Rosés rouges de Naima et 2 polars.

 

Parce qu'être différent est une tragédie

 

 

Une production" qui s'impose dans urgence quotidienne d'écrire :

« Je pose les premiers mots et puis tout m'échappe, les personnages prennent leur autonomie

Parfois il me faut même les exterminer... »

Tout comme l'histoire de Mélusine, douce créature qui se transforme en animal aquatique s'est écrite en vers

« II ne m'était pas possible de faire autrement ! »

Cette pièce construite très classiquement, prologue et cinq acte tous les Personnages sont présentés dès le 1er acte présente tous les atouts du genre. On rit on Pleure, le plaisir est constant dans les mots, dans les situations Pourtant. Mélusine n'acceptera pas sa différence, la niera, en refusera le plaisir et la douceur le cachera a un aimé bien falot :

" Ils se marièrent et furent très malheureux ! "

 

M.A.S

 

Avec « Un goût amer et sucré comme le silence », Marie-Hélène Ferrari signe un recueil de nouvelles faites de ces mots qu'il faut souvent savoir lire entre les lignes.

Rencontre

C'est trompeur, une photo. Celle de la quatrième de couverture montrait une femme à l'allure posée, au tranquille regard, qu'on imaginait, Dieu sait pourquoi, d'un bleu limpide, comme installée à l'aise dans son statut d'auteur qui n'a fait que ça toute sa vie : faire une risette de bon aloi à l'objectif, entre deux dédicaces. Non qu'on ne la reconnaisse pas... Il y a indiscutablement un air de famille entre le portrait et l'original... à peu près le même que celui qui peut exister entre un Angora turc et un Abyssin. Et, tout comme il y a chat et chat, il y a la dame de la photo et Marie-Hélène Ferrari en personne.

 

Et l'on se prend d'emblée à penser qu'on préfère la « vraie », avec ces yeux - lesquels, quoique bel et bien limpides, ne sont pas bleus mais d'un fascinant vert mordoré, de cette nuance subtile qu'ont certaines infusions de thé japonais où justement le sucré et l'amer s'équilibrent - qui expriment tout sauf la sérénité satisfaite de « l'auteur en place », rôdé au jeu des réponses convenues, solidement campé dans la posture d'expert ès ressorts de l'âme humaine. « Je ne me sens pas comme quelqu'un d'arrivé mais comme quelqu'un en devenir. Lorsque je discute avec des lecteurs qui se sont retrouvés dans l'une ou l'autre de mes nouvelles, je n'ai pas un discours de « moi, en tant qu'auteur » bien à l'aise dans ma grosse tête, mais celui d'un être humain à un autre être humain qui, peut-être aurait pu écrire les mêmes choses que moi, et peut-être mieux que je ne l'ai fait. » Difficile, du reste, de ne pas éprouver, en lisant ses nouvelles, un sentiment de déjà vécu, ou à tout le moins de déjà vu, tant elle semble douée pour mettre en évidence ce qu'elle appelle "le petit pathétique ordinaire".

 

Ces infimes fêlures du quotidien qui peuvent tout aussi bien se muer très vite en fractures, ruptures, ouvertures béantes sur l'abîme ou rester indéfiniment en l'état, discrètes voire invisibles mais pourtant bien présentes, faisant crisser imperceptiblement le doux ronron de la mélodie du bonheur domestique. Il y est aussi beaucoup question de la problématique du silence : « Celui qu'on vit avec les gens avec lesquels on vit, lorsqu'on se tait parce qu'on se dit que ça rendra la vie plus facile ». Tranches de vie plutôt que tranches de vécu - elle juge « détestable l'autobiographique dans ce qu'il a d'exhibitionniste » et ne croit guère que son « nombril intéresse la planète entière » - la plupart de ses nouvelles parlent de ce « sentiment du temps qui s'accélère » de ces questions qui un jour nous rattrapent pour se faire insidieuses ou carrément pressantes : « Qu'est-ce qu'on a déjà fait ? Qu'est-ce qui nous reste à faire ? ». Lorsqu'elles ne rameutent pas l'écho de cette chanson de Brassens, « Les Passantes » : ces amours mortes avant que d'avoir vécu, ces rendez-vous qu'on a manqués faute d'audace, ces rencontres auxquelles on a refusé la possibilité d'un lendemain et dont le souvenir revient parfois nous hanter des années plus tard, sur l'air du « si c'était à refaire ». Bref, « Les fantômes du placard, avec lesquels on colmate parfois les brèches du quotidien, qui nous renvoient à un rêve vieux de vingt ans, à ce qu'on était lorsqu'on était jeune, au temps où on croyait encore, et conservent de nous une part de pureté. »

 

Un univers de questionnements, de doutes, qu'elle couche délicatement sur le papier, en se gardant de les emmailloter de réponses bien ficelées « parce que je ne sais pas y répondre, tout simplement. Et que je préfère poser des questions que des affirmations, laisser des choses en suspens plutôt que de bousculer les gens dans leurs certitudes. Je n'affirme rien, je parle de choses que j'ai pu voir, qui ont pu m'interpeller, mais auxquelles je n'ai pas de solution à apporter. Je ne suis pas dans une écriture de constat mais plutôt de doute. » Cela dit, pour Marie-Hélène Ferrari, le doute ne déroule pas le tapis rouge devant le désespoir. « J'ai horreur de ce que j'appelle le grattage de croûte, le côté « moi, mes malheurs et mes douleurs », les discours du type « je souffre donc j'existe ». Je crois plutôt que la vie est globalement catastrophique, mais qu'on se construit sur de petits moments de bonheur et qu'on n'est pas là pour souffrir mais pour tirer le meilleur parti du quotidien. » Et puis, dans une certaine mesure, les doutes sont salutaires « Ce sont souvent ceux qui n'en ont jamais qui vous assènent des conneries d'anthologie sur des sujets auxquels ils ne connaissent rien ! Mon précédent recueil de nouvelles avait trait à la Corse, par exemple. Je suis d'origine lorraine, je vis en Corse depuis vingt ans, mais j'estime pour autant ne pas avoir la totalité des cartes pour prétendre analyser, porter un jugement et une parole de la Corse sur la Corse. Mon point de vue était un peu celui de ce qu'on pourrait voir comme une sorte de quiche lorraine aux olives : quelqu'un qui essaie de comprendre le point de vue de l'autre avec son propre vécu. »

 

Devant elle, un gros carnet relié de peau, avec un lien de cuir, dont elle ne se sépare manifestement jamais. Il recèle dessins - « des silhouettes, surtout, lorsque je ne peux pas écrire, je dessine » -, annotations très personnelles, notes de musique - « je compose, petitement, et je joue de la clarinette, mal ! » - morceaux de roman ou de nouvelles qu'elle rassemblera plus tard sur ordinateur : « Je suis une passionnée du papier et de l'encre, je démarre toujours à la main » et également des écrits de ses élèves, qu'ils y ont consignés eux-mêmes « parce que sans leur propre écriture, ça aurait moins de sel ». Elle est prof de français, Marie-Hélène Ferrari, de ces profs pour qui enseigner n'est pas un pis-aller, une façon de faire bouillir la marmite en attendant de sortir le best-seller qui leur permettra de quitter l'Education nationale sans un regard en arrière. Il y a cinq ans de cela, arrivée à la quarantaine, elle a obtenu son CAPES, se défaisant d'une carrière de juriste comme on se débarrasserait d'un manteau qui vous est échu malencontreusement, suite à une distraction de la dame du vestiaire et qu'il a bien fallu porter le temps de rentrer chez soi par une nuit froide. De fait, cette nouvelle vie professionnelle était bel et bien un retour, des retrouvailles avec « la littérature dans ce qu'elle a d'institutionnel ». Et une façon de transmettre ce qu'elle avait reçu, adolescente, d'un prof de français inoubliable : « Il s'appelait Monsieur Labouré. Il nous faisait découvrir les auteurs comme des êtres vivants, il avait une façon merveilleuse d'accepter que nos devoirs soient différents, singuliers, qu'ils s'écartent d'un plan rigoureux classique, à condition que notre propos soit bien amené. Je suis restée sur cette image lumineuse de l'enseignement, et y entrer à mon tour était une façon de m'inscrire dans la transmission des choses qui pour moi sont importantes. Je crois aussi que dans une certaine mesure, faire de la littérature du matin au soir a donné une certaine légitimité à mon envie d'écrire. » Depuis, en poste à Porto Vecchio où elle a des élèves de première et de terminale, elle n'a jamais regretté ce choix, vivant le plaisir toujours renouvelé non pas de « faire classe » mais « d'être en classe », et d'avoir chaque jour à y relever le défi d'illustrer deux de ces petits aphorismes qui émaillent son cher carnet. L'un dit qu' « aucune douceur ne naît de ce qu'on ne comprend pas ». L'autre que « si on est le premier à s'écouter parler, les autres ont beaucoup moins envie de vous entendre »... Mais un tel propos est-il bien étonnant de la part de quelqu'un qui sait mettre en mots nos silences ?

 

« Un goût amer et sucré comme le silence », Marie-Hélène Ferrari, éditions Clémentine.

 

ELISABETH MILLELIRI

Copyright © magazine CORSICA(Tous droits réservés)

 

Le style amer et sucré de Marie Hélène Ferrari

Le troisième ouvrage de l'écrivain installé à Pianottoli est un recueil de quinze nouvelles, où la vie, les gens, la passion et la désillusion ont ce "goût amer et sucré comme le silence".

"Je ne peux être ce que je suis que par le regard des gens qui me permettent de l'être." Quand on veut savoir qui est Marie-Hélène Ferrari pour mieux apprécier son dernier livre " Un goût amer et sucré comme le silence", c'est en ces quelques mots qu'elle se définit après quelques secondes de réflexion, les yeux baissés sous une mèche blonde, comme pour s'enquérir d'elle-même et donner les mots justes. Les mots justes, Marie-Hélène les cherche sans cesse quand elle écrit. Sans cesse. Sur son calepin qu'elle met dans le sac, le plus grand possible pour qu'il puisse contenir toutes ces petites choses qu'elle traîne toujours avec elle. Des stylos, beaucoup. Une collection.

 

Un Stypen réédité, des stylos à plumes pour les faire à sa main, des Monts Blancs aussi parce qu'ils sont beaux, "mais plus difficiles à dompter", celui que lui a offert une de ses filles en argent ciselé et des pointes à gel parce qu'elles glissent sur les pages blanches. Des plumes qu'elle aiguise pour en faire couler une encre parfois mordante, mais tellement juste puisqu'on s'y reconnaît. Une situation, une phrase, c'est la magie de l'identification. L'écriture de Marie-Hélène est frénétique, vitale, "peut-être pour calmer une angoisse" plutôt pour assouvir un besoin. Au fil des pages et de ces quinze nouvelles, on découvre un style tour à tour enflammé, passionné, triste ou cruel, émouvant. Différent. Un esprit lucide, détaché, spectateur d'elle-même et quelques

fois des siens, elle pique l'émotion des autres dont elle s'abreuve. " Un goût amer et sucré comme le silence" aborde différents thèmes, ceux qui la taraudent comme le temps qui passe, l'urgence de vivre, le vide de l'oubli, l'amour risible, la famille, les rencontres ratées.

Ses personnages, elle ne les crée pas, elle leur court après, " ils sont en moi tout le temps et j'écris ce qu'ils me disent". Elle les dessine aussi au détour d'une rencontre, le temps d'un café un visage attire son œil, elle griffonne pour donner de la valeur à un temps qu'on lui brûle ou qu'elle veut suspendre. Professeur de français au lycée de Porto-Vecchio, Marie-Hélène Ferrari a toujours été vouée à l'écriture, elle a l'amour du mot et de la phrase. Après "Mélusine" et "Cruauté ordinaire" une tragédie et un roman, sa dernière œuvre paraît cette fois aux éditions Clémentines, dans un petit format italien, selon son souhait. Il s'emporte partout avec soi, on l'ouvre sur une nouvelle, on le feuillette, on le touche, on le regarde pour ses dessins, œuvres douces ou déchaînées. Comme ce qu'elle écrit. Jamais tiède.

 

Emmanuelle PERETTI

 

"...En signant son dernier recueil de nouvelles «Un goût amer et sucré comme le silence» aux éditions Clémentines, l'écrivain impose son style et son regard.

 

Elle a le verbe facile, la phrase aussi. Le bon mot. Celui qui touche. Celui qui parle. Elle aime entretenir les ambiances magiques, naïves, la douceur d'une légende ou d'une croyance dans laquelle, elle a baigné ses enfants le plus tard possible.

 

Elle est aussi professeur de français au lycée de Porto-Vecchio, depuis six ans, après un Capes de Lettres Modernes passé en externe. Des réussites, une vie riche en créations et en expériences, trois enfants, on pourrait dire qu'elle réussit tout ce qu'elle touche. Elle,elle dirait qu'à force d'attendre des autres, elle a fini par foncer toute seule.

Donc elle a écouté sa vocation. Enfin pas tout de suite

...

Tout est prétexte à écrire, à dessiner aussi. Les salles d'attente, les restaurants, les réunions ennuyeuses, pour ne pas perdre son tem mps, un des Thèmes qu'elle aborde dans ses nouvelles. Le temps qui passe, les couples, les rencontres ratées, les amours risibles, la filiation, et des inévitables sentiments que l'on observe chez les autres quand on les sent latents.

 

Ces dessins, ouvrent chacune des quinze nouvelles.

 

Un livre au petit format à la mode italienne ce qui permet de le garder avec soi, l'ouvrir, lire une nouvelle, puis deux, puis laisser les autres pour plus

tard ou les relire. C'est selon...."

 

Femina

Emmanuelle PERETTI

 

Marie-Hélène Ferrari, ouvre avec « Le destin ne s'en mêle pas », le . cycle roman policier des « Editions Clémentine Studio », paru dans la collection « Soleil Noir ». On n'attendait pas ce professeur de français, auteur du si intime recueil de nouvelles « Un goût amer et sucré comme lé silence », sur les chemins labyrinthiques du polar. Bonifacio sert d'écrin à ce roman en phase avec son époque, où le dédale de ses rues ouvre autant de pistes à l'intrigue. L'enquête est menée par le commissaire Pierucci, qui s'échappe à Florence. Deux meurtres, dans l'antique cité génoise, ouvrent une histoire aux reflets sanglants d'actualité insulaire. Le tragique côtoie l'humour, le surréalisme de situations, le fatalisme, témoignent de l'ancrage méditerranéen.

 

Le regard d'une femme.

 

 

A cela s'ajoute un regard féminin tendre et acerbe sur les êtres. Observatrice de talent, Marie-Hélène Ferrari cisèle par quelques mots, ou par le crayon, les lieux ou les acteurs de la vie : « Je suis une enfant de la série noire, littérature et cinéma, Vargas, Hammett, Camillieri, SÏmenôn sont mes auteurs cultes ».

 

Marie-Hélène Ferrari « semet à table » pour Corse matin : « Le polar demeure la meilleure écriture pour décrire une société. J'ai réinventé Bonifacio, un univers peuplé d'éléments de fictions, s'appuyant sur une forme de réalité ».

 

Un langage du quotidien.

 

 

A l'image d'autres femmes de la communauté, Marie Saveria, courageuse heroïne s'accommode de son infortune conjugale ?

« On vit avec des gens mais on ne les connaît pas. Cette acceptation tacite n'est pas une forme de lacheté, mais une résistance du noyau familial pout protéger les enfants »

Les références bd « fil rouge » au héros de Greg, Achille Talon « cerveau choc » peuvent surprendre ? « Talon symbolise un mètre étalon de dérision et d'humilité, la disproportion entre la montagne et la souris ».

Le dialogue prosaïque interpelle le lecteur ? « la façon de s'exprimer traduit une atmosphère, sans tomber dans la caricature. Ici insistance, répétition de la phrase, portent un langage du quotidien auquel je tenais absolument ».

La plume de Marie Hélène Ferrari va se mêler du destin du commissaire Armand Pierucci. Notre « Agatha di Corsica » s'attelle déjà à la suite...

 

 

 

"Un goût amer et sucré comme le silence" et "Le destin ne s'en mêle pas". Deux ouvrages, un recueil de nouvelles et un polar écrits d'une plume alerte et sensible. Parus récemment aux éditions Clémentine, ils sont signés Marie-Helène Ferrari. elle s'est prêtee de trés bonne grace à une seance de dédicaces à la librairie Black'n'Blue.

 

(Photo IV.)Nice matin

 

 

 

Pour sa première séance de signature, Marie-Hélène Ferrari avait

choisi la marine de Bonifacio et la libraire des établissements Simoni. Souvent arpentée par son commissaire Pierucci, nez au vent des effluves de pain chaud et de beignets de courgettes, théâtre des meurtres qui ouvrent l'intrigue, la marine inscrit ce polar qui se lit d'une traite dans un Bonifacio de fiction. " Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existe ne serait que coïncidence fortuite " dit la formule consacrée en préambule d'une oeuvre de fiction.

 

Il est vrai que" Le destin ne s'en mêle pas" pourrait se dérouler dans mille villages de la Méditerranée, pour peu qu'on y trouve la mer, le soleil, des falaises, des touristes et. . . le sens des affaires.

 

Ce qui donne a ce premier tome des enquêtes du commissaire Pierucci le plaisir haletant et universel d'une lecture tous publics. Il n'en reste pas moins que le lecteur bonifacien cherchera à décrypter le brouillage des pistes savamment tissé par Marie-Hélène Ferrari. Un peu moins dépaysé que les autres, il grattera sous tel ou tel nom d'emprunt, glanera quelques bribes de tel ou telle " affaire", sourira à la description de personnages hauts en couleur facilement repérables, s'interrogera sur I'existence de telle tour ou de tel jardin. Et emporté par I'intrigue, il se laissera balader, mi-acteur mi témoin dans le dédale de la fiction. Evoluant dans les mêmes coulisses que les héros, il ne sera pas surpris de se retrouver à la page suivante. Ou dans le prochain volume, qu'on attend déjà avec impatience.

M.A.S. (Photo MAS.)

 

 

Marie Hélène Ferrari a dédicacé, à la librairie Album, son dernier livre, le destin ne s'en mêle pas.

 

 

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