attends-moi

Il y avait un ordinateur, un écran et une momie.

Un ordinateur très ordinaire bien qu'il soit manifeste, en cette année 20020 que le modèle soit complètement obsolète.

Maintenant que chacun avait une puce dans la tête, ce clavier avait quelque chose de sinistre et d'obscène.

Une sorte d'extension non encore assumée, un chancre sec, la preuve d'une dépendance dont la technologie antédiluvienne rendait la vision profondément dérangeante.

L'ensemble de la pièce était recouvert d'une pellicule épaisse de poussière grise, que le moindre mouvement projetait dans l'atmosphère en nuages blanchâtres.

Personne ne s'expliquait que la porte de cette maison ait pu demeurer fermée aussi longtemps et pourtant le fait était, les preuves abondaient.

Que dire de la momie ?

Rien, une femme, dont le regard mort fixait l'écran définitivement sombre, avec l'intensité molle de ceux qui ont tout leur temps, une femme de parchemins, dont les doigts crochus et noirs se recourbaient encore sur le clavier, qu'ils recouvraient de fragments sombres.

Un poignet mal attaché, semblait sur le point de se rompre.

Les rats l'avaient pour une raison inconnue, épargnée, et ceux qui rentrèrent, incrédules, la trouvèrent là, assise depuis l'éternité et un peu plus.

Ils allèrent dans leur combinaison claire et souple, ils allèrent dans leur camion quérirent une civière, pour recueillir les restes, et les emporter, ce qui ne fut pas facile, car à présent, dérangée, les diverses parties de l'antique corps tentaient de prendre chacun une contrariante autonomie.

Ils se résolurent à mettre la femme en tas, que faire d'autre, puisque sa propre volonté n'était pas de rester unie ?

Le crâne dominait la pyramide sèche.

Il sembla a tous, que, tandis que le brancard s'éloignait, la tête tentait encore d'apercevoir l'écran.

Alors l'un d'entre eux eut la charité de recouvrir ce qu'il restait de ces restes, d'un drap.

C'est à ce moment, que dans un bruit de démence et de vieux temps, c'est alors, juste à ce moment là que tous virent nettement les voyants de l'antique machine se mettre à clignoter, et derrière la pellicule de poussière, les cadres d'une messagerie, telle qu'on la montrait encore dans quelques musées, s'afficha.

Un « dong ! » sonore les fit violement sursauter, le corps déséquilibré en perdit la tête, qui roula jusqu'au pied du bureau, tandis que s'affichait, comme tonitruant, le message suivant.

« Salut de retour !!!!!!!!!!!!!!!!! qu'est ce que tu fous ? »

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