A casetta

Enfants nous adorions, l'été, faire des cabanes. Le lieu s'y prêtait admirablement à la Citadelle. Celle que je construisis avec deux amis contre un angle droit du rempart qui formait ainsi deux côtés de notre "casetta", représentait bien davantage que notre demeure. Notre château, notre palais.
Elle était constituée de planches de bois "empruntées" à un menuisier de "Piazza d'è" (Place d'Armes) tout heureux de se débarrasser de ces déchets. Nous n'avions aucun mal à trouver des clous. Il suffisait de les chercher à même le sol. Même rouillés ils faisaient parfaitement l'affaire. Une grosse pierre bien compacte remplaçait astucieusement le plus efficace des marteaux.
Nous prenions soin d'effectuer une ouverture en guise de fenêtre. Une toile de jute coupée "sur mesure" faisait office de persienne et de porte d'entrée.
Le toit était fait de branchages mêlés de tôles ondulées. Un caisson de bois servait de table. De grosses pierres plates nous permettaient d'avoir des sièges "incassables". Si rudimentaire qu'il fut, ce mobilier faisait notre bonheur.
Sous peine de voir notre cabane partir en fumée par un acte malveillant de garnements effrontés, nous surveillions à tour de rôle jusqu'à tard dans la nuit. Les jaloux ou autres "sgaiuffi" ne manquaient pas.
Souvent, à l'heure du déjeuner, nous empruntions assiettes et couverts en plastique à nos parents pour un repas pris en commun dans notre "casetta". Ces derniers, bien contents de passer un bon moment tranquille, nous concoctaient un "menu" sur mesure dont on appréciait toute la saveur.
Nous venions d'inventer la résidence secondaire en communauté

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