Ma Corse

 

Ma Corse

 

 

Corse, sanguinolente éruption de la mer et du ciel,  toi qui a tout et ne demande rien, git dans la litière de tes turpitudes.

Corse, mon amour, crée indéfiniment les conditions de ta mort annoncée pour mieux renaître.

Corse, vieille femme courbée par les taches caillouteuses de ta vie sans rêve, barrée par des montagnes et des corridors menaçants.

Corse, qui tue tes enfants pour mieux les célébrer dans des sinistres toussaints.
Corse, frangée de ta dentelle de roches colorées, comme des dessous, attirante comme une amazone.

Corse, terre sauvage, qui est là pour rendre la mer plus belle, réceptacle des pluies et des rosées.

Corse, patrie des bandits d’honneur, des voyous donneurs et des femmes tristes, veuves d’une vie passée à attendre.

Corse, où la réincarnation lance ses vaches sacrées au prochain tournant, comme autant de fantômes.

Corse, paysage surréaliste des peintres fous.
Corse, que je te mange comme une herbe folle.

Oui ma Corse tu n’as pas un peuple, tu crées par ton parfum tenace une sorte d’espèce endémique qui n’est pas du domaine du vivant mais du domaine du rêve. 

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